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Cartier 10 choses à savoir pour briller dans les dîners en ville

La boîte en cuir rouge soulignée d’une guirlande dorée est un coffre au trésor. Elle ne contient pas qu’une montre ou un bijou. Elle est porteuse d’une riche histoire façonnée par l’audace et la créativité d’une maison surprenante et toujours à l’avant-garde. Entre intuitions décisives et petites histoires, en filigrane de grandes dates historiques, voici 10 choses à savoir sur Cartier.

L’intuition de l’internationalisation

Alfred Cartier aurait pu mener l’existence paisible d’un fils de bonne famille. Son père, Louis-François Cartier a repris en 1847 l’atelier de bijoux d’Adolphe Picard, 29 de la rue Montorgueil, et la petite société ne manque pas de commandes. Né en 1841, son fils Alfred rejoint l’affaire familiale dès 1859. Pile au moment où tout commence à changer.

En effet, son père a décidé de monter en puissance et de transférer la boutique Cartier au 9, boulevard des Italiens, au cœur de la vie parisienne de la Belle époque. A partir de ce moment, Alfred Cartier n’aura de cesse de déployer la maison. En 1899, il implante l’entreprise familiale au 13 rue de la Paix, tout en songeant déjà à un déploiement international. De manière visionnaire, il fera le choix de confier l’établissement de sa marque hors des frontières à ses enfants, pour protéger le caractère familial de la maison, mais en les émancipant les uns des autres grâce à des structures séparées.

Louis, l’aîné, prendra la direction de Paris, tandis que le benjamin, Jacques sera aux commandes de la branche anglaise, fondée en 1902 au 4 New Burlington Street. L’ouverture coïncide habilement avec le couronnement du roi Édouard VII. Le cadet, Pierre, installe la maison à New York en 1907. C’est en 1917 que la boutique phare de cartier aux USA est transférée au numéro 653 de la Cinquième Avenue, dans des circonstances étonnantes. En effet, Pierre Cartier a obtenu pour sa boutique la résidence du financier Morton F. Plant en échange d’une centaine de dollar et d’un collier de deux rangs de perles fines.

Pendant ce temps-là, à Paris, Louis dessine la montre Tank. Le succès mondial ne se fera plus jamais attendre.

La science du mystère

Parmi les objets horlogers ayant très vite attiré l’attention sur la créativité horlogère de Cartier, il n’y eut pas que des montres, même si la première montre bracelet sertie multicolore ou « tutti fruti », en 1929, ou l’usage du platine pour des boîtiers ont beaucoup fait parler. La magie horlogère avait déjà pris la forme de pendules sur lesquelles les aiguilles semblent flotter, comme en apesanteur. Un tour de passe-passe technique dû à un horloger d’exception, Maurice Couet.

Louis Cartier a très tôt repéré le jeune homme aux dons exceptionnels et l’emploie en 1911. La première pendule mystérieuse, baptisée Modèle A, sort des ateliers en 1912. Maurice Couet s’est inspiré des pendules du célèbre illusionniste et inventeur de la magie moderne Jean-Eugène Robert-Houdin. Comme toutes les idées géniales, le principe est simple : les aiguilles ne sont pas directement reliées au mouvement mais elles sont fixées à deux disques de verre équipés d’une bordure en métal dentelé. Un principe qui sera ultérieurement repris pour des montres.

Cartier Pendule Mystérieuse - Vendue chez Mallié Arcelin

Puis, en 1920, apparaît le modèle à axe central, puis en 1923, une évolution technique permettant de dissimuler le mouvement au sommet des pendules mystérieuses Portique, aux décors exotiques, dont certaines exigent plus d’un an de travail, en collaboration entre les horlogers et l’ensemble des savoir-faire joailliers pour travailler les matériaux les plus inattendus ou les plus précieux. 

La première montre-bracelet moderne

Avec la montre Santos, qu’il conçoit en 1904 pour son ami Alberto Santos-Dumont, Louis Cartier provoque une petite révolution. Le garde-temps sort de la poche pour venir se fixer au poignet. Il n’est plus seulement un bijou précieux mais fragile, il se fait robuste, pratique et sportif. Non seulement la première montre-bracelet moderne vient de naître, mais il s’agit aussi de la première montre d’aviateur et, s’il est permis d’oser un terme anachronique, la première « tool watch ».

Voulue pour être fonctionnelle et robuste, elle est carrée et protège les bords de sa glace sous une lunette vissée. Manifeste de liberté horlogère, elle s’écarte des règles esthétiques établies. Une ligne de conduite qui ne cessera de guider Cartier, notamment avec la montre Tank, imaginée en 1917 selon des principes d’architecture moderniste. Quant à la Santos, elle apportera plus tard une autre évolution majeure chez Cartier.

Santos de Cartier - A Man and His Watch

Après trois ans de développement, apparaît en 1978 la version galbée. Le boîtier géométrique a désormais des angles arrondis et à la lunette, ornée de vis, s’habille d’un corps bicolore en or et acier. « Pour la première fois, on proposait une montre de forme avec un bracelet en métal intégré chic, que femmes et hommes pouvaient porter du matin au soir, en toutes circonstances » analyse Pierre Rainero, directeur de l’image et du patrimoine de Cartier. 

L’art de la fête

Dans le sérail horloger, Cartier est célèbre pour son sens de la fête, pour l’originalité de ses présentations, l’inventivité du scénario de ses événements.

L’un des exemples les plus marquants est sans doute le lancement de la Santos galbée, en 1978. Sous l’impulsion d’Alain-Dominique Perrin, alors président de Cartier, le joaillier entend rendre un hommage au pionnier de l’aviation ami de Louis Cartier. La montre ayant été créée à Paris en 1904, c’est dans la capitale française que se tiendra la soirée. Mais la clientèle visée est internationale.

Avec le concours du groupe Dassault, Cartier affrète une flottille de jets privés. Dans un ballet aérien bien rythmé, les Mystère 10 et Mystère 20, venant de toutes destinations, atterrissent au Bourget où, à leur grande surprise, une fête somptueuse les attend dans les hangars aéronautiques. Un décor décalé et une démarche novatrice et très inhabituelle, à l’époque, pour une grande maison de luxe. Quelques jours plus tard, c’est à New York que se déroule la deuxième soirée, baptisée Santos Night, où se pressent les personnalités les plus en vue et les grands fêtards, à la suite de Truman Capote et d’Andy Warhol.

En 2018, pour les 20 ans de succès de la Santos, direction San Francisco où Cartier organise durant trois jours l’un des premiers « Social Lab », avec des personnalités du monde de la culture, du sport, ou des arts dialoguant « Aujourd’hui, toutes les soirées se ressemblent avec un photocall, une salle, de la musique » remarquait à l’époque Cyrille Vigneron, président de la marque phare du groupe Richemont, et expliquant le souhait de Cartier de faire la fête autrement. Et de poursuivre : « Santos-Dumont était un pionnier de l’aviation. À Paris, à l’Aéroclub de France, il fréquentait Gustave Eiffel et son fils, ou encore Louis Cartier. Sur le principe des Soirées nomades, organisées à la Fondation Cartier, nous avons voulu transposer cet esprit au XXIe siècle, au travers de ce Social Lab où l’on partage des idées. »

Dans cette veine créative, en 2016, Cartier élisait domicile au Palazzo Gondi, à Florence, tout près de la Piazza della Signoria où nombre de passants venaient admirer Searching for Utopia de Jan Fabre pour le lancement de la collection Drive. Côté cour, l’intérieur fut imaginé par l’architecte Tristan Auer, et la décoration signée par l’illustrateur grec Konstantin Kakanias,  avec un dressing-room pensé spécialement pour le ” Drive Man ” par le directeur artistique Sergio Colantuoni.

Côté jardin, une dégustation de tomates proposée par le prince-jardinier Louis-Albert de Broglie, une autre, de vins cette fois, organisée par Gelasio Gaetani d’Aragona Lovatelli. Les nourritures terrestres étaient concoctées par les frères étoilés Da Vittorio, tandis qu’un bar éphémère était animé par les trois barmen parisiens de l’Experimental Cocktail Club. Dans les oreilles ? Une rencontre inattendue entre le claviériste Jean Rondeau, le chanteur compositeur Lawrence Taylor, le groupe français L’Impératrice ainsi que Nancy Whang (de LCD Soundsystem). Du grand spectacle. 

La Pasha refait surface

En 1931, souhaitant une montre-bracelet sophistiquée et précieuse pour se baigner, le pacha de Marrakech lance une extravagante commande spéciale. Un défi relevé par Cartier, avec un dessin intégrant un chemin de fer carré dans un boîtier rond. Une audace qui fera entrer cette pionnière des montres étanches dans les collections de Cartier en 1943.

La version de 1985 en fera un succès mondial et un emblème de la période. Orfèvre en rééditions, le joaillier sait redonner vie à ses graphismes marquants. En plus de nouvelles éditions de la Santos, 2020 marque aussi le retour de la Pasha de Cartier. « Il nous tient à cœur de faire évoluer nos créations tout en restant fidèle au design fondateur, et en y apportant des innovations et ajustements qui soient pertinents pour nos clients d’aujourd’hui. L’édition 2020 a une nouvelle taille, plus adaptée aux normes et tendances du marché. » commente Arnaud Carrez, directeur international marketing et communication de Cartier.

Une politique de rééditions finement pilotée

Les riches heures de Cartier sont vivier d’inspiration pour la marque, alors que prospère le commerce de seconde main. Avec une politique de réédition finement pilotée, en parallèle des sorties des nouvelles références comme Clé de Cartier ou Ballon Bleu, Drive ou Rotonde, Cartier a ainsi habilement redonné une seconde jeunesse aux modèles plébiscités par sa clientèle internationale. « Plus qu’une politique de réédition, il s’agit de notre capacité à nous réinventer, et à réinterpréter nos créations phares » précise Arnaud Carrez, directeur international marketing et communication de Cartier.

Deux démarches complémentaires et qui ne sont pas contradictoires, permettant aujourd’hui à Cartier de porter avec autant d’énergie et de panache le lancement de la nouvelle montre féminine Maillon, que la relance de la Santos ou de la Baignoire. Par petites touches impressionnistes, Cartier offre aussi de petites pépites à ses amateurs en renouvelant des modèles rares ou singuliers de la Tank, en toutes petites éditions limitées.

Crash de Cartier

Ainsi, dans les années 90, Cartier avait ressuscité la rare Tank Basculante, un modèle de 1932 doté d’un ingénieux système de retournement sur lui-même du boîtier. La célèbre Crash avait aussi bénéficié d’une réédition. 2020 voit revenir une autre Tank très désirée des collectionneurs, la Tank Asymétrique, au cadran décalé. « A une époque régie par l’instantané et l’immédiateté, les montres Cartier dominent le temps qui passe. A celles et ceux qui sont en quête d’émotion, d’inattendu, nos montres offrent une création fortement ancrée dans l’air du temps, tout en incarnant un style résolument intemporel » souligne encore Arnaud Carrez.

Le bureau du Général De Gaulle

La photo est célèbre. Historique, même. Elle date du printemps 1940. Tandis que la situation est critique en France, Charles De Gaulle vient d’arriver à Londres, bien décidé à continuer le combat. Mais le Général de Brigade par intérim n’a pas de point de chute. Dès son arrivée dans la capitale britannique, il se rend à la boutique Cartier de Bond Street, car, pour lui Cartier, c’est la France.

Jacques Cartier, directeur de la branche anglaise de la maison familiale l’accueille et décide immédiatement de l’aider en mettant à sa disposition des bureaux. Sur la célèbre photo historique de la fondation de la France Libre, la grande pendule murale est bien celle de Cartier à Londres, où le Général De Gaulle et René Cassin ont provisoirement établis leur quartier général, avant que Winston Churchill ne leur donne des locaux, au 4 Carlton Gardens.

Charles de Gaulle à Londres

Le texte de l’Appel du 18 Juin est rédigé à l’étage, au-dessus de la boutique. Très influent dans les milieux d’affaires londoniens, Jacques Cartier facilite les premiers enregistrements et organise de nombreuses rencontres décisives tout au long de la guerre. Parallèlement, à Paris, il n’est pas question de collaborer. Avec subtilité, le joaillier utilise les vitrines de sa belle boutique de la rue de la Paix pour envoyer un message clair. Jeanne Toussaint crée une gamme de bijoux figurant un oiseau tricolore dans une cage dorée. Il s’agit clairement une provocation. La créatrice est arrêtée par les occupants allemands et durement interrogée. Mais, faute de preuves de résistance active, elle est relâchée au bout de quelques jours. En 1944, dès la libération, le bijou de l’oiseau en cage se transforme. Les portes de la cage sont ouvertes ; c’est l’oiseau libéré. 

La montre des décideurs

La formule du roi Edouard VII au sujet de Cartier est célèbre : « Le joaillier des rois, le roi des joailliers ». Une maison peut-elle rêver meilleure publicité ? Aujourd’hui encore, la famille royale britannique est particulièrement fidèle aux créations de la maison joaillière française.

Si le prince Charles ne semble porter que rarement désormais sa jolie montre Santos ancienne, sa belle-fille, la duchesse de Cambridge – Kate pour les intimes- ne sort pas sans sa Ballon Bleu, comme le remarquent régulièrement les magazines féminins. En France, les montres Cartier ont aussi depuis longtemps leur place dans les allées du pouvoir, jusqu’au sommet de l’Etat.

Raymond Barre et sa Cartier

De Matignon à l’Elysée, Georges Pompidou, visionnaire souvent en avance sur son temps, portait avec élégance une montre Tank. Un symbole du style français. Une montre également adoptée par Raymond Barre, Premier ministre de Valéry Giscard d’Estaing. Une Tank en or jaune montée sur un bracelet en maille tout or. Il y a longtemps que nos politiciens n’osent plus arborer de telles pièces précieuses en public. En effet, si Nicolas Sarkozy, connu pour sa passion horlogère assume pleinement ses choix en la matière, avec de très belles complications ou une Santos galbée qu’il a longtemps portée et qu’il affectionne toujours, l’actuel président de la République qui aime tant se montrer en bras de chemises a dissimulé au coffre, pour des questions de communication, la Tank Louis Cartier en or gris qu’il arborait pourtant lorsqu’il était ministre de François Hollande. 

Les coups de génie d’Alain-Dominique Perrin 

Entrepreneur audacieux, toujours curieux dès qu’il s’agit de nouveautés ou d’innovations, Alain-Dominique Perrin, président de Cartier de 1975 à 1998, est un homme d’intuitions. Est-ce sa sensibilité très fine pour l’art contemporain ou son expertise en matière de marketing qui lui ont permis de sentir le basculement de la société au tournant des années 70/80 ? Sans doute un peu des deux.

Sous sa direction, Cartier prendra des initiatives visionnaires, lui assurant une place à part dans le paysage horloger. Ecartant les débats sémantiques sur les mouvements à quartz en horlogerie, Cartier prend le contre-pied des maisons traditionnelles et intègre le phénomène à ses créations pour en faire un élément de style. Ainsi, mécanique ou à quartz, une montre cartier est toujours un bijou horloger. Comprenant avant bien d’autres la montée en puissance de la passion pour les montres d’un public plus jeune et plus large, Alain-Dominique Perrin va développer la ligne Must de Cartier. Une famille de montres dotées de tous les codes identitaires de la maison mais qui osent un matériau inhabituel pour un joaillier : le vermeil au lieu de l’or. Tout aussi précieux à l’œil, mais plus doux sur la facture. 

Autre intuition visionnaire et audacieuse : la réédition de la Santos en 1978, avec une version modernisée et paramétrée pour séduire une clientèle internationale, en la rendant mixte, et en insistant sur l’incarnation du pionnier de l’aviation Alberto Santos-Dumont. « ADP » a parfaitement pressentit l’arrivée des « golden eighties » durant lesquelles les codes du luxe allaient se transformer. Santos, un nom facilement prononçable dans toutes les langues, est l’un des plus grands succès horlogers du XXe siècle, avec plus de 2 millions de pièces ont été vendues.

Immédiatement, cette montre devient un signe de reconnaissance international. Le monde entier se l’arrache. Tant et si bien que Cartier décline « l’esprit Santos » sur une ligne d’accessoires, stylos, briquets, bijoux, sacs, et même un parfum en 1981. Une autre belle intuition : les produits dérivés. Une manière de coller à l’esprit d’une époque qui a toujours été chère au fondateur, en 1984, de la Fondation Cartier pour l’art contemporain, désormais l’une des institutions culturelles privées les plus dynamiques et influentes. 

Haute horlogerie : retour à la ferme

La haute horlogerie contemporaine s’est aussi inscrite dans les créations de Cartier, et depuis 2003, la maison a développé des nouvelles technologies tournées vers l’amélioration de ses calibres mais aussi vers le développement des garde-temps de demain.

Parmi les mouvements les plus remarquables, il convient de rappeler les modèles ID One & ID Two (ID pour Innovation & Développement), en 2009 et 2012. Le premier abritait le premier mouvement sans lubrifiant et sans réglage, le second était une montre sous vide à haut rendement. Pour offrir les meilleures conditions de travail à ses horlogers et à l’ensemble de ses métiers d’art remarquables, Cartier avait alors décidé de localiser son département horloger au sein du berceau de l’horlogerie en Suisse à La Chaux-de-Fonds, Le Locle et dans les alentours, avec près de 1 600 employés travaillant au sein de six manufactures, avec, en tout, 175 métiers différents.

Cartier Métiers d'art - Source : FHH Journal
Source : FHH Journal

Symbole du trait d’union entre les époques et du style Cartier, la Maison des Métiers d’Art de Cartier a été installée dans une ferme bernoise du XVIIIè siècle, à La Chaux-de-Fonds, parfaitement rénovée de manière traditionnelle pour ses façades mais aménagée de manière ultra fonctionnelle et contemporaine à l’intérieur. 

Une réponse à “Cartier”

  1. Au plaisir de vous lire de nouveau

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