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Crash de cartier Une beauté singulière

Objet d’art autant que montre bracelet, la montre Crash de Cartier est une pièce rare, à la forte personnalité. Un coup de cœur assumé par Hadrien. Le choix de la différence.

Le hasard n’a pas vraiment sa place lorsqu’il s’agit de glisser à son poignet une montre de forme. Atypiques, les montres carrées, rectangulaires, tonneau ou ovales affirment un tempérament et soulignent un style. Souvent, elles se rattachent à des codes esthétiques ou à des mouvements artistiques définis. Elles deviennent alors un signe de reconnaissance entre amateurs avertis. Que dire pour une montre dont la forme est précisément de ne plus vraiment en avoir ? Assurément, la Crash de Cartier est un cas à part.

Crash de Cartier

Un collectionneur exigeant

En fallait-il d’avantage pour séduire Hadrien ? Cet esthète aux goûts étudiés, collectionneur non seulement de montres mais aussi de voitures et de motos, membre de l’équipe d’Asphalte Heritage, sait ce qu’il aime et prend le temps d’obtenir ce qu’il désire.

Crash de Cartier - Hadrien

S’il se déplace au guidon de sa Honda XRV 750 « Africa Twin », type RD 04 pour les puristes et les connaisseurs, cela n’a rien de fortuit. Cette moto emblématique de son époque, au passé sportif illustre, est de 1991. « C’est l’année de ma naissance. C’est pour cela que je la voulais. Depuis deux ans, je m’en sers tous les jours » souligne-t-il immédiatement. Une quête de sens autant qu’une recherche de sensations parfumées à l’essence. Une manière aussi de ne pas faire comme tout le monde, d’aller un peu plus loin que les poncifs du genre ou les goûts du moment.

Il y a ceux qui se disent amateurs de vins et ne boivent que du beaujolais. Cela existe aussi pour les voitures ou pour les montres, souvent même les deux. Pourquoi faire comme tous les autres ? Le jeune homme assume ses choix et sa volonté de se singulariser. Est-ce son intérêt particulier pour le design automobile, et son penchant pour le travail de la forme, qui l’ont conduit à s’intéresser à la Crash ?

L’art de la forme : la signature Cartier

En matière de montres de formes, la légitimité de la maison Cartier ne fait évidemment aucun doute. Dès sa fondation, en 1847 par Louis-François Cartier, la maison de joaillerie se taille une réputation d’audace et de modernité non seulement par la qualité des pierres précieuses, mais aussi par le façonnage de la matière (Cartier sera la toute première maison à oser introduire le platine dans l’horlogerie et la joaillerie) et le dessin des parures.

En 1904, le célèbre aviateur Alberto Santos-Dumont, le « Brésilien volant », fait appel à son ami Louis Cartier pour lui concevoir une montre qu’il pourrait accrocher durant ses essais en vol, évitant ainsi l’opération périlleuse de devoir tirer sa montre de la poche de son gilet en pilotant. La Santos est une petite révolution : l’invention de la montre-bracelet moderne. Mieux, la Santos est même la première « tool watch ». Voulue pour être fonctionnelle et robuste, elle est carrée et protège les bords de sa glace sous une lunette vissée. Manifeste de liberté horlogère, elle s’écarte des règles esthétiques établies.

Une ligne de conduite qui a permis la création de pièces aussi intéressantes qu’originales, comme par exemple la montre Tonneau (1906), la montre Tortue (1912), la montre Tank (1917), ou la montre Baignoire (1957), entre autres. Parmi les innombrables dessins de Cartier, l’un des plus surprenants et singulier est sans doute celui de la Crash.

Une légende accidentelle

La sentinelle assoupie avait pourtant vocation à mettre le spectateur en garde, dans la Judith de Jean Giraudoux. Reprenant de manière libre et moderne le mythe biblique de la décapitation du général Holopherne par la belle veuve, raconté notamment par les livres deutérocanoniques de l’Ancien Testament, cette pièce de théâtre a pour narrateur principal le soldat endormi. Il n’a rien vu vraiment. Mais ce qu’il dit fait le récit : la légende est plus forte que les faits. Dans l’histoire de la Cartier Crash, il n’y a pas de policeman de faction distrait, mais les faits rapportent que l’action se situait à Londres, en 1967.

Crash de Cartier

Il se raconte que le vice-président de la branche anglaise de Cartier aurait trouvé la mort dans un tragique accident de la route, et que, la voiture prenant feu, sa montre Tank (vraisemblablement, il devait plutôt s’agir d’une Cartier Pebble ou d’une maxi-ovale pour parvenir au résultat final), endommagée, aurait en partie fondue. D’autres sources – toutes aussi proches du dossier, selon la formule habituelle – prétendent qu’il se serait agît d’une dame très élégante et grande cliente de joaillerie Cartier qui aurait rapporté la montre esquintée à la boutique historique de Bond Street, là même où le Général De Gaulle avait établi son bureau en arrivant à Londres en juin 1940 et où il rédigea son Appel. La piste conduirait alors vers une montre Baignoire.

Dans les deux cas, le « romantisme de la vitesse » fascinait cette époque. Il suffit de songer à ces accidents glorieux dont le récit faisait frissonner le beau monde : Françoise Sagan accidentée dans son Aston Martin, Roger Nimier foudroyé sur la route au volant d’une DB4, Albert Camus arraché à la vie en Facel Vega, James Dean sottement tué à l’arrêt, dans son Speedster Porsche, par un piètre conducteur ayant brûlé un stop. Bien sûr, le seul nom du « joailler des rois et roi des joailliers » mêlé à un carambolage, et l’imagination s’emballe.

Crash de Cartier

Des voix plus poétiques veulent voir une allusion directe aux montres molles du tableaux de Salvador Dali intitulé La Persistance de la mémoire, une œuvre de 1931. Nul ne remet en cause néanmoins l’origine accidentelle de cette montre-bracelet bijou. Son nom le prouve. Crash. En anglais : l’accident. Une petite série de 67 montres sera produite, à l’époque, à la demande de Jean-Jacques Cartier. En trouver une aujourd’hui relève de la gageure. Cartier a plusieurs fois entendu la complainte des amoureux de cette pièce pour le moins singulière. Vu les circonstances, peut-on oser dire : déroutante ?

Direction Londres

Quasi introuvable au second marché, la Crash n’a jamais cessé d’avoir ses amateurs. Ressuscitée une première fois en 1991, avec une généreuse édition limitée de 300 pièces, la Crash a conquis un nouveau public, et, malgré son mouvement quartz, a aussi séduit les collectionneurs à l’époque.

Crash de Cartier

En 2012, une Tank Française aux lignes déstructurées ajoutait une contribution au sujet. Puis, en 2013, la Crash revient une nouvelle fois sur le devant de la scène lors du SIHH de Genève, avec des extrapolations féminines et joaillières. Mais c’est surtout en 2018 que cette pièce légendaire va refaire une apparition remarquée dans le sérail des amoureux de Cartier. Symbole de la créativité du Swinging London de la fin des années 60, la Crash revient sur ses terres : la boutique historique de Cartier à Bond Street, établie en 1902, avec une édition limitée à une pièce par mois seulement.

Des montres identiques à l’originale, dans la même taille et uniquement en or jaune, comme c’était le cas en 1967. Comme son modèle, les indications sont en chiffres romains, et le « IV » n’est pas écrit « IIII ». Egalement, elle ne comporte pas de signature secrète Cartier dans le « VIII ». En revanche, l’originale portait un marquage « London » dans le cadran, remplacé par la mention « Swiss Made » ; un hommage rendu au mouvement mécanique à remontage manuel MC 8971, basé sur le calibre Jaeger-LeCoultre 846. Au total, il en sera livré 67, chacune vendue 27 000 £. Pour les dames, 15 pièces en or blanc serti de diamants, facturées 65 000 € pièce. Une collection exclusivement réservée à l’antenne britannique pilotée de main de maître par Laurent Feniou.

Pour attiser le désir, le protocole entourant la « Crash Reissue » sera particulièrement étudié. Les 67 pièces ne seront livrées qu’une par une, à 67 clients différents, et seulement une chaque premier du mois pendant 67 mois. Pour obtenir la précieuse montre de ses rêves, Hadrien a dû montrer patte blanche, non seulement en versant d’emblée des arrhes d’une valeur de 40% du prix de la montre, mais aussi en se soumettant à une conversation visant à cerner ses goûts horlogers et ses motivations. « Avec beaucoup de courtoisie, la directrice de la boutique Cartier de Londres a longuement discuté avec moi. Ce n’était pas une mondanité mais bien un entretien pour s’assurer de mes intentions. A partir de là, une relation très spéciale s’est instaurée. J’ai même pu rencontrer des personnes chargées de la production de cette montre chez Cartier, et ils m’ont expliqué combien elle est difficile à fabriquer. En particulier la glace, avec sa forme si spéciale et très complexe à adapter au boîtier. »

Une montre d’initiés, à l’évidence. « Lors du lancement de cette petite série exclusive, les commandes n’ont pas afflué tout de suite en nombre. J’ai été chanceux de me manifester dès le début. Quelques collectionneurs avaient déjà réservé leur numéro fétiche, mais la montre était encore disponible, aux conditions précisées de livraisons mensuelles » se souvient Hadrien, encore ravi aujourd’hui de faire partie de cet entre-soi exclusif. « Jusqu’au jour où le rappeur Kanye West a été vu dans un magasin avec une Crash au poignet, sans doute une originale de 1967. C’est immédiatement parti en flèche, et en quelques jours Cartier a eu une liste d’attente ».

Crash de Cartier

Pour recevoir sa montre, en février 2020, Hadrien fera donc le voyage. Ecoutait-il les Clash pour aller chercher sa Crash ? Lui seul le sait. Il sera reçu dans un salon particulier. La surprise sera aussi pour les employés de la boutique londonienne, voyant arriver ce jeune dandy de 28 ans, en chaussures de sport. « Ils ont été très surpris en me voyant, et un vendeur m’a avoué que la moyenne d’âge habituelle des acheteurs de cette pièce est beaucoup plus élevée. Depuis, ils me suivent sur les réseaux sociaux et ils sont tout aussi surpris de me voir porter la montre : la plupart des acheteurs la garde au coffre ».

Depuis, sa montre est devenu un sujet de conversation régulier. « C’est plus qu’une montre. C’est un objet d’art au poignet. Pour être sincère, la lecture sur le cadran n’est pas du tout évidente. Même pour savoir l’heure, c’est une montre qui mérite que l’on prenne son temps. ». Si Hadrien aime sa Crash, ce n’est pas par accident.

Crash de Cartier - Honda Africa Twin

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