Home Actualité Horlogerie

Portait : Sunflowerman ou le véritable art horloger

Nicolas
Le 13 août 2017
C

Continuons notre série de portrait, après celui de Charles Clerget, fondateur de la boutique Man vs Time de Cannes. Nous vous avions parlé d’amateurs, de collectionneurs, de marchands, mais jamais d’artistes.

Je me souviens marcher dans les couloirs (infinis) de Baselworld, et qu’un certain Matthew, gentleman dapper d’une élégance rare, s’avance vers moi en me disant “Hey man, where did you get that double-breasted jacket?”. Une discussion s’amorce alors, et j’apprends à connaître ce qu’il fait. On se donne rendez-vous sur Paris cinq mois plus tard, pour prendre un café. Je ne pouvais pas ne pas vous le présenter.

Portrait - Sunflowerman

Vous le connaissez probablement sous le pseudonyme Instagram @sunflowerman, mais derrière ces belles aquarelles et dessins sur le monde du style masculin se cachent beaucoup d’autres choses.

Matthew est un homme du Michigan, et il y a grandi. Étant né avec le pinceau dans la main, il s’oriente naturellement vers une école d’art. En premier lieu le Kendall College of Art, puis le Seven Arts Institute d’Atlanta. Mais il se questionne, ne se sent pas libre comme il le souhaiterait, et fait ses adieux prématurés à Seven Arts. S’en suivent plusieurs mois de grande réflexion sur le chemin à prendre.

C’est alors qu’il s’investi dans des expositions d’art, dans des évènements artistiques, et travaille avec des étudiants à Atlanta.

Les montres, c’est encore autre chose. On ne peut pas affirmer qu’il aime les montres depuis son enfance, mais une pierre après l’autre l’intérêt pour ce monde s’est développé, et davantage l’intérêt pour leurs propriétaires. Il regarde avec attention leurs rapports avec les montres. C’est alors qu’il développe un projet personnel, le ‘100 watches project’ : 100 jours, un dessin de montre par jour.

Portrait - Sunflowerman - Hanhart Pioneer MonoControll

Les propriétaires devaient au préalable écrire quelques lignes pour répondre à la question : “Pourquoi cette montre en particulier ?”. Matthew ne se contente donc pas de peindre ou dessiner des montres, il a besoin de mettre du sens sur sa pratique de l’art, et comprendre les ressorts du cerveau de ceux à qui il s’adresse.

Mais si vous avez bien lu le titre, Matthew ne se défini pas seulement par son art. Il est ce que l’on pourrait aujourd’hui appeler un nomade moderne, sans attaches fixes si ce n’est sa famille et son lieu natal. Le Michigan est maintenant loin, et il ne voit sa vie qu’à travers le prisme du voyage. Il aime rencontrer de nouvelles personnes, cultures, et se confronter aux difficultés comme aux opportunités qu’un pays peut offrir. Il fait l’effort de rencontrer les locaux, personnes comme magasins, et noue des liens très forts. Sans dépasser deux voire trois mois à chaque fois, le temps d’un visa.

Et c’est avec sa femme, en ce moment en train de finir un programme d’éducation dans un camp de réfugiés en Grèce, qu’il accomplit ce chemin à travers le monde.

S’il ne devait en rester qu’une ?

Ça serait une grande hésitation entre sa Hanhart et sa Brew. Hanhart pour l’aspect ‘German watchmaking’, l’histoire et l’évolution des modèles qui restent définitivement vintage.

Brew, c’est une autre histoire. Il s’est lié d’amitié avec le dessinateur des montres et avec le propriétaire de la marque. Des montres qui pour lui sont simples, sobre et élégantes, sans oublier un côté abordable.

Une ville préférée ?

Avec ce que je vous ai conté auparavant, un pays, ce n’est pas possible. Il adore les villes où l’on peut tout faire à pied, même si elles sont grandes, et passer d’une ambiance à une autre en une fraction de seconde. Sans oublier les villes qui ont une histoire. Il me parle de Milan avec grande admiration, et le fait qu’elle conjugue à la fois modernité, avec le Nouveau Centre ville, et son passé.

Paris, évidemment, pour cheminer partout, trouver des petit cafés et pâtisseries comme seul Paris a le don. Un gros coup de coeur pour le dix-huitième arrondissement et ses habitants. Il ne comprend pas pourquoi les parisiens ont cette réputation d’arrogance. Moi non plus d’ailleurs.

Un Cocktail dont tu ne te lasses pas ?

Le Whisky Ginger, sans hésitations. Un classique pour ce grand amateur de gingembre. Il me dit whisky, mais pour lui rien de mieux avec le gingembre qu’un bon vieux bourbon du Kentucky. Basics.

Chocapics ou Miel Pops ?

Pas de céréales, et une rigueur de fer au petit déjeuner. Depuis quatre ans, le même rituel. Trois oeufs, et le café local. Simple et efficace.

C’était un plaisir pour moi de faire meilleure connaissance avec Matthew, j’espère que pour vous aussi chers amis. Je le laisse maintenant voguer vers d’autres destinations, Londres en ligne de vue.

Portrait - Sunflowerman