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Rolex Oysterquartz : Le Youngtimer ultime

Nicolas
Le 15 février 2018
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Souvenez-vous chers amis, Jérôme vous contait il y a quelques semaines son notre enthousiasme pour les Youngtimers, ces montres vintage boudées à l’époque, et pourtant tant appréciées pour leur degré de ‘cool’ aujourd’hui. Parmi ces montres trône indéniablement une Queen of Cool, j’ai nommé la Rolex OysterQuartz. Et croyez moi bien assurément, cette Rolex à “pile” a plus d’une raison à ce qu’on prenne plaisir à la porter. Je la déshabille pour vous aujourd’hui.

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Rolex OysterQuartz : Curriculum Vitae

On pourrait croire, et ce n’est pas moi qui vais vous jeter la pierre, que Rolex a toujours favorisé le mécanique, et que le quartz ne relève que d’une simple adaptation. C’est très partiellement vrai.

Rolex Oysterquartz - Datejust 17014 - porte

À la fin des années 1960, les ressources de Rolex le permettant, et les techniques autour de l’électronique allant de l’avant, l’entreprise a naturellement entamé des recherches pour produire ses propres montres à quartz, accompagnée d’une nouvelle peau, d’un nouveau dessin. Rolex s’est même associé au groupe Hoffman-La Roche (Roche aujourd’hui) pour des recherches concernant des technologies propres aux affichages digitaux.

Souvenez-vous, le début des années 50 avait vu le développement, notamment chez LIP et Hamilton, de montres à mouvements électromécaniques. Rolex déposera son premier brevet dans ce sens en 1952. Rapide. Rolex enchaîne alors les dépôts de brevets entre la fin des années 1960 et la fin du millénaire. Mais pas encore de réelle production.

Rolex Oysterquartz - Datejust 17014 - packshot

Tout commence en 1970. Avez-vous déjà entendu parler du mouvement Beta 21 ? Il s’agit en premier lieu du nom d’une montre, une des premières montres-bracelet à quartz du monde développée par le Centre Électronique Horloger de Neuchâtel. La réponse Suisse en Recherche et Développement à cette nouvelle mouvance électronique. Le CEH comprend alors 16 marques suisses, dont Rolex.

Avec ce mouvement, Rolex sort en 1972 (aux côté d’Omega ou encore Enicar) sa première montre à quartz. La Quartz date 5100. Chose inhabituelle pour la marque, le mouvement n’est pas le fruit de ses entrailles, et la boîte n’est pas vraiment Oyster, le mouvement n’y étant pas adapté. Une montre full gold, limitée à 1000 pièces.

Tout commence réellement quand Rolex produit ses propres mouvements. J’ai nommé le 5035 et le 5055. Sans oublier les montres qui vont bien avec, à savoir respectivement la Datejust et la Day-Date. Des mouvements quartz à la pointe de tous points de vue. Niveau technologique, un oscillateur 32KHz et un mouvement à quartz thermo-compensé. Ça vous parle ? Cela signifie que la montre est d’une précision folle, car le quartz est gardé à température constante. Niveau Finitions, il faut le voir pour le croire mais le mouvement de la Oysterquartz est fini comme un mouvement mécanique, à base de côte de Genève, de perlage et j’en passe. En plus de sa ‘coolitude’, donc, la montre est une magnifique pièce d’horlogerie.

Rolex Oysterquartz - Datejust 17014 - snow

Rolex produira pendant plus de 25 ans ces montres, dans des configurations différentes, mais toujours avec le même esprit. Le début des années 2000 signe la fin de ces pièces au catalogue, alors que Rolex avait développé un nouveau mouvement particulier pour la Oysterquartz. Qui sait pourquoi, il ne rentrera jamais en production. Des larmes tiède coulent le long de mes joues.

Rolex OysterQuartz : Pourquoi va t-on en acheter une demain ?

Un boitier particulier

Trop de fois, les Rolex Oysterquartz ont été critiquées pour leur sortie coïncidant avec la Royal Oak. Et leur forme similaire, tout comme leur bracelet intégré. Il existe bel et bien une défense pour la petite Oysterquartz et la forme de son boitier, qui remonte quelques décennies auparavant sur certaines Rolex Viceroy ou Imperial des années 1930. Ces dernières avait un boitier caractéristique, à la fois rond et tonneau, une carrure plate et cette fameuse cassure au niveau des anses.

Avant tout, ce boitier est caractéristique du début des années 1970 dans le milieu horloger. Avec des angles marqués et des arrêtes bien saillantes, le tout avec un diamètre de 36mm. Pas de surprises, donc, que du plaisir.

Le bracelet qui va bien

Il est tout d’abord bon de savoir une chose. Pour ceux qui connaissent les bracelets Rolex, vous n’êtes pas sans savoir que les bracelets pliés faisaient loi jusqu’au milieu des années 1970. Les bracelets dit “pleins” n’arrivent que par la suite. L’histoire est belle lorsque l’on apprend que le bracelet qui équipe cette Oysterquartz est le premier de cette génération.

Rolex Oysterquartz - Datejust 17014 - poignet

Le bracelet est plein, composé du même maillon à forme caractéristique. Et surtout, il est intégré à la montre. Le bracelet apparaîtra également dans sa forme jubilé.

La dose de mystère

Quand on en vient à parler de cette Oysterquartz, une dose de mystère persiste. Croyez le ou non, lorsque j’ai mis cette montre à mon poignet, j’ai senti une véritable différence d’avec ses homologues mécaniques. Et j’ai ressenti un petit supplément d’âme et de présence que je n’avais pas eu auparavant, pourtant propriétaire d’une Datejust que j’adore…

Même le son de l’aiguille est particulier. En fermant un instant les yeux, on aurait l’impression d’être dos à une horloge imposante au plus haut d’une tour de Londres. Une certaine légèreté est perceptible. Presque poétique.

Rolex Oysterquartz - Datejust 17014 - style

Personnellement et honnêtement, je pense que cette montre s’ajoutera très prochainement à ma “collection”, car sa présence me manque déjà, et au fil de ces lignes que j’écris, je m’auto-convainc davantage de la nécessité d’en avoir une. Et qu’il s’agit bien, pour moi, de la montre Youngtimer ultime.


Pour encore plus de précisions, n’hésitez pas à vous rendre sur le site référent pour les Rolex Oysterquartz. Le site fait très années 90, mais il recèle bien des choses !

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