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Speedmaster (Hi)story Part 2 : Moonwatch

Nicolas
Le 10 avril 2017
A

Après la présentation de la mythique Omega Speedmaster Pre-Moon il y a maintenant trois semaines, je ne pouvais évidemment pas vous laisser. Je me dois, tel investi d’une mission divine, de vous présenter plus en profondeur la Speedmaster qui a été sur la Lune. La fameuse Speedmaster Moonwatch. Évidemment, les “Moonwatch” sont des Pre-Moon dans le sens où elles ont été produites avant 1969. Mais cet article est à propos des liens profonds entre l’espace et la Speedmaster.

Encore une fois, derrière le simple évènement d’une montre allant sur la Lune se cachent une foule d’éléments, concernant son éligibilité, les hommes qui l’ont porté, et les mains qui l’on façonné. Sans “éclipser” le moindre détail, laissez-moi vous conter une belle histoire…

Omega Speedmaster Pre-Moon

Le choix de l’Omega Speedmaster par la Nasa

Rien n’arrive par hasard. Commençons par des rappels spatiaux. On voit aujourd’hui le chronographe comme un bel objet, et on en oubli parfois la fonction, ou il est tout simplement de moins en moins utilisé. Mais pour des astronautes, qu’en est-il ? Leurs navettes/capsules sont évidemment équipées d’outils de mesure du temps. Mais vous savez mieux que moi que des accidents peuvent se produire, et que dans le domaine spatial plus que tout ailleurs, la plus grande prudence et sécurité sont exigées.

Omega Speedmaster ref 145.012 et 105.012

Simplement, si les outils de la navette sont mis en difficulté, posséder une montre mécanique résistante pourra largement faire office de remplacement pour mesurer un temps. Quel temps ? Il peut s’agir de mesurer une poussée de gaz lors de l’envol, lors du voyage pour changer de trajectoire, et j’en passe. En dehors de la capsule, l’astronaute est seul face à l’immensité noire de l’espace. Et il ne respire pas le bon air spatial, il n’y en a pas. Il peut donc avoir besoin de mesurer son volume d’oxygène disponible, où tout simplement la durée d’une mission.

Dans cette optique, la Nasa, en 1962, achète plus de dix chronographes auprès de plusieurs grands noms de l’horlogerie. Ils doivent être d’une grande lisibilité, résistant à des changements de pression et de températures drastiques, et évidemment précis dans leur mesure du temps écoulé. Après une première réflexion, deux années plus tard ne restent en lice que six marques dont Omega, Rolex, Hamilton et Longines. Suit logiquement un appel d’offre avec un cahier des charges clair, net et précis. Les marques doivent ensuite envoyer un échantillon de deux chronographes afin de passer des tests pas très soft. Tout ça avant le 21 octobre 1964.

Puis, scènes d’horreurs se suivent. Les montres sont véritablement poussées plus loin que tout. Des passages à plus de 70 degrés puis brusquement à -18 degrés, en subissant une force d’accélération de plus de 40G, secouées dans tous les sens, elles prennent même des bains d’oxygène liquide (à ne pas reproduire chez soi). Le résultat est simple, même si certaines pièces résistent mieux que d’autres, la Speedmaster va plus loin, beaucoup plus loin. Et donc homologuée au début du mois de mars 1965, pour tout type de missions spatiale. Première victoire. 

Vous remarquez qu’on ne parle pas encore de Lune. Mais on parle ici de la Nasa, et l’idée n’est pas arrivée dans leur tête du jour au lendemain. 

Comme je vous l’avais compté la dernière fois, de nombreuses missions spatiales vont avoir lieu avec les Speedmaster.

Quelles Speedmaster furent appelées “Moonwatch” ?

Comme j’avais commencé à l’écrire dans mon premier article sur la Speedmaster, il y a eu deux types de montres à participer à des missions lunaires, et qui furent toutes deux testées en 1964 et 1965 pour une homologation Nasa.

Omega Speedmaster avec et sans mention "Professional"

La première, “Moonwatch 1” (référence ST 105.003) est reconnaissable d’un clin d’oeil. Aiguilles bâtons blanches, une trotteuse luminescente. Mais, souvenez-vous, c’est la “Moonwatch 2” (référence ST105.012) créée la même année que la “1” en 1963 qui diffère plus largement avec son boitier asymétrique qui protège couronne et boutons poussoirs. Avec du gros calibre 321 pour faire battre ce coeur même là où l’oxygène n’a pas sa place.

Omega Speedmaster

À ce moment précis, j’ai envie de vous dire ô combien ces Speedmaster sont indissociables des hommes qui les ont emmené pour un “ride” vers l’infini et l’au-delà, qu’il s’agisse d’un voyage spatial simple, ou lunaire. C’est pourquoi bien souvent les montres qui sont parties sur la Lune n’ont pas été produites juste avant ce fameux 21 juillet 1969.

La Speedmaster sur la Lune

Le premier pas de l’homme sur la lune ce 21 juillet à 2h56 du matin, ou plus précisément celui de Neil Armstrong, est bien celui qui a complété à merveille la belle légende que constitue la Speedmaster. Lors de ce premier alunissage, opéré par la mission Apollo 11, Edwin “Buzz” Aldrin portait aussi une Speedmaster. La même référence que Neil, 105.012.

Omega Speedmaster Moonwatch Ref 105.012

La “vraie” référence lunaire (pour la première fois sur la Lune) est donc cette Speedmaster à la boîte asymétrique, et aux cornes façon “lyre”. Un point c’est tout. Mais. Parce qu’il y a toujours un “mais”. En effet, la première montre à avoir été sur la Lune est bien celle de Buzz. Neil avait laissé la sienne à bord afin de pallier un problème d’ordinateur de bord, avec prudence.

Mais, d’autres grands noms de la conquête spatiale à avoir fait des crochets par la lune, et visité de nombreuses fois l’espace proche, ont porté d’autres références. Je ne pense pas par hasard à Eugène Cernan, sa Speedmaster ayant été la dernière à effectuer une mission lunaire. Nostalgie. Il portait la Speedmaster référence 105.003, sans l’asymétrie de la boîte. Et cette Speedmaster a vu les couleurs de Gemini 9, Apollo 10 ainsi qu’Apollo 17 (le dernier voyage lunaire).

Mais, d’autres grands noms de la conquête spatiale à avoir fait des crochets par la lune, et visité de nombreuses fois l’espace proche, ont porté d’autres références. Je ne pense pas par hasard à Eugène Cernan, sa Speedmaster ayant été la dernière à effectuer une mission lunaire. Nostalgie. Il portait la Speedmaster référence 105.003, sans l’asymétrie de la boîte. Et cette Speedmaster a vu les couleurs de Gemini 9, Apollo 10 ainsi qu’Apollo 17 (le dernier voyage lunaire).

Mais comment clôturer cet article sans vous parler d’une certaine mission Apollo 13 ? Probablement une des missions les moins tranquilles. Les trois hommes d’équipage (Jim Lovell, Jack Swigert et Fred Haise) se rendaient sur la Lune pour y effectuer quelques expériences. Mais en chemin, Jack prononce les mots “Houston we’ve had a problem” avec la plus grande sérénité dans le ton de la voix. En réalité, un réservoir d’oxygène vient d’exploser par une négligence humaine avant la mission. L’oxygène à bord étant pratique pour respirer, par exemple, et pour avoir de l’électricité et de l’eau (l’oxygène alimente des piles à combustibles qui permettent d’avoir cette eau et électricité).

Les trois hommes se glissent alors dans le petit module lunaire et profitent de la force de gravité exercée par la Lune pour revenir. Mais. Par ce qu’il y a souvent un deuxième “mais”. Sans la Speedmaster pour chronométrer précisément une accélération, il y aurait eu une probabilité plus qu’élevée de ne jamais revoir l’équipage. Le dispositif chronométrique était en effet mal en point.

J’en ai presque fini avec cette Speedmaster. Mais pas encore. Parce qu’il y a encore un troisième “mais”. Nous parlerons pérennité de la Speedmaster, si vous voulez un indice…