Lorca Model No.2 Golden Gray Le chronographe néo-vintage par excellence
Il y a près de trois ans, je vous parlais du premier modèle de Lorca, judicieusement baptisé « Model No.1 », qui incarnait la vision personnelle du fondateur de la montre de sport pour le quotidien, à la fois agile et élégante. C’était un pari risqué que de se lancer avec un modèle aussi ambitieux, car il constituait visuellement une véritable œuvre d’art plutôt unique et était techniquement très aboutie. Mais cela a porté ses fruits. Lorca est de retour avec… roulement de tambour… le Model No.2, cette fois-ci un chronographe mécanique à remontage manuel également logé dans un boîtier agile et conçu pour être extrêmement polyvalent, ce qui en fait une montre idéale pour le quotidien comme pour les soirées chics et les randonnées périlleuses. J’ai reçu la version Golden Gray pour la tester et je vous dit tout dessus.

Une célébration du passé
Dans mon article de 2023 consacré à la Lorca Model No.1, je vous avais parlé un petit peu de son fondateur et créateur, Jesse Marchant, de sa carrière d’auteur-compositeur-interprète et de ce qui l’avait inspiré pour concevoir son premier modèle : sa vie d’artiste, ses voyages autour du monde et une certaine passion pour l’esthétique vintage et les beaux objets. Des objets qui ont du caractère et des proportions harmonieuses, qui sont à la fois fonctionnels et esthétiques, et qui peuvent être transmis à la génération suivante car leur beauté est intemporelle et leur fabrication à l’épreuve du temps. Avec le Model No.1, Jesse Marchant avait conçu sa montre de tous les jours parfaite, dont la double personnalité – à la fois garde-temps élégant et outil robuste – correspondait parfaitement à ses goûts horlogers et à son style de vie, tout comme à ceux de nombreuses autres personnes, puisque son lancement fut un succès retentissant.
Avec le Model No.2, Jesse (nous sommes désormais en termes familiers) a poussé un peu plus loin sa propre vision de la haute horlogerie en s’attaquant au style légendaire du chronographe à remontage manuel à triple registre, une catégorie dans laquelle Lorca doit rivaliser avec des icônes telles que l’Omega Speedmaster et la Rolex Daytona. Ce n’est pas une mince affaire, je peux vous l’assurer, car les normes pour ce genre de montres furent établies il y a plusieurs décennies et, depuis lors, peu de marques ont réussi à créer des modèles qui y ont trouvé leur place. C’est particulièrement vrai pour celles qui ont tenté de créer un style de chronographe susceptible de devenir un jour une icône et dont le design et les spécifications lui permettent de rivaliser dans cette catégorie ultra-niche. À mon humble avis, Jesse a réussi à créer un joli chronographe qui aurait très bien pu être conçu dans les années 1960 ou un peu plus tard, tant son style est intemporel.
Une conception du boîtier soignée
Tout comme le Model No.1, le Model No.2 s’inscrit dans le registre vintage du design horloger tout en proposant une esthétique équilibrée et moderne. Ou peut-être qu’au lieu d’être soit vintage, soit moderne, une montre peut simplement être intemporelle, qu’elle ait été créée aujourd’hui ou il y a un demi-siècle. C’est le genre de qualité visuelle que peu de marques parviennent à créer pour leurs garde-temps et que, selon moi, Jesse a su concocter avec cette nouvelle collection. Principalement parce que le Model No.2 est parfaitement équilibré, que l’on regarde le cadran ou le boîtier, car ces deux éléments présentent à la fois une juste dose de personnalité et de fonctionnalité. À titre d’exemple, le boîtier en acier est plus petit que celui d’un chronographe moderne, avec un diamètre de 37 mm (38 mm au niveau de la lunette), une longueur de 46 mm d’une corne à l’autre, une épaisseur totale de 14,1 mm (11,6 mm sans le verre) et un entrecorne de 20 mm.

Le boîtier présente un profil assez simple, à l’image des chronographes d’antan — et l’on pourrait dire qu’autrefois, les montres étaient plutôt conçues pour s’intégrer parfaitement sans se démarquer. Jesse a délibérément conçu le boîtier pour qu’il soit discret et élégant, avec des flancs droits brossés horizontalement, entourés de chanfreins polis visibles sur le dessus et d’autres plus subtils en dessous. Les cornes sont assez larges mais semblent plus étroites grâce aux chanfreins polis, et leurs extrémités arrondies délimitent délicatement l’endroit où se termine le boîtier délicieusement court. Dans le même esprit, les poussoirs du chronographe sont de simples capuchons polis et la couronne de 6,7 mm est dépourvue de signature, bien qu’elle soit dotée d’un excellent moletage pour faciliter sa prise en main et utilisation. Jusqu’à présent, on observe un bel équilibre entre les accents polis et brossés qui viennent compléter la silhouette classique du boîtier.



Au ras du boîtier central, on découvre le premier élément singulier du design du Model No.2 : la lunette guillochée bidirectionnelle de 12 heures. Au lieu de l’échelle tachymétrique omniprésente dont sont encore équipés la plupart des chronographes d’aujourd’hui – et que Jesse juge obsolète dans le monde actuel –, cette lunette offre une fonctionnalité supplémentaire puisqu’elle permet de suivre l’heure dans un deuxième fuseau horaire (ou de mesurer les heures écoulées pour un deuxième événement en plus de celui que le chronographe mesure). De plus, la lunette 12 heures rend un hommage discret à la nature utilitaire du Model No.2 puisqu’elle s’inspire d’une fonctionnalité propre des garde-temps de l’armée américaine. Mais surtout, on ne peut s’empêcher d’admirer cette lunette qui nous présente des lignes guillochées serrées et des chiffres usinés en une seule et même opération, une maîtrise technique époustouflante et du jamais vu dans l’horlogerie indépendante.

Atteindre l’équilibre parfait sur le cadran
Jesse a donc conçu un boîtier à la personnalité discrète, afin qu’il exprime une certaine singularité sans pour autant être ostentatoire. Il a su trouver ce même équilibre subtil avec le cadran, parfaitement symétrique, là encore classique et intemporel (faute d’un meilleur terme), et parfaitement fonctionnel. Tout d’abord, la fonction de mesure du temps est assurée par deux aiguilles de style Dauphine trapues, polies et facettées, ainsi que par des index appliqués en forme de lingots d’or, polis et composés de quatre côtés, chacun constitué de chanfreins reposant sur des falaises droites. De plus, l’index à douze heures est particulièrement saisissant, avec sa forme de cerf-volant inversé ou de diamant allongé, dont la base est plus courte et le sommet plus haut (remarquez l’index en forme de losange sur la lunette). Comme Jesse conçoit des montres polyvalentes et fonctionnelles, les aiguilles et les index sont dotés d’un traitement luminescent digne de ce nom.

En examinant de plus près le design du cadran, on se rend compte, une fois encore, de la subtilité de la philosophie esthétique de Jesse, qui imprègne chaque détail du Model No.2. À sa base, le cadran est orné d’une finition soleil gris doré d’où émanent des tons brun clair sous certains éclairages et à certains angles, et des nuances anthracite plus sombres dans d’autres circonstances. Les trois compteurs, parfaitement disposés autour des aiguilles, composés de disques argentés rainurés radialement, de marquages et d’aiguilles noires, complètent à merveille la couleur gris doré du cadran et les accents polis des aiguilles et des index. Les sous-registres ont également été conçus pour être faciles à lire et agréables à l’œil, ce qui m’a incité à utiliser la fonction chronographe plus souvent que nécessaire. De plus, l’échelle des minutes entièrement graduée souligne le caractère fonctionnel de ce modèle. Avez-vous remarqué les perles métalliques à 3, 6 et 9 heures ?



Outre son élégance, un chronographe robuste
Le Model No.2 offre donc la même élégance visuelle et polyvalence technique que celles que nous avions découvertes il y a trois ans avec le Model No.1. C’est pourquoi ce chronographe bénéficie d’une étanchéité plus que respectable de 100 mètres (fond de boîte vissé), d’un verre saphir à double dôme doté de plusieurs couches de traitement antireflet interne, de SuperLuminova BGW9 appliqué généreusement sur les aiguilles des heures et des minutes ainsi que sur les index appliqués, un magnifique bracelet à neuf maillons équipé de vis et d’un mécanisme de micro-réglage sans outil, dont chaque maillon a été brossé individuellement avant assemblage, ce qui en fait l’un des bracelets les plus confortables que j’aie jamais expérimenté. De plus, le mouvement à l’intérieur n’est rien de moins qu’un Sellita SW510 M soigné/élaboré qui tourne à 4 Hz, offre une réserve de marche de 63 heures et est réglé pour fonctionner avec une précision de +/- 5 secondes par jour.

Conclusion
Au cours des six dernières années, j’ai testé des centaines et des centaines de montres. Des montres de tous types, tailles, couleurs et prix. Je parierais que plus de 95 % de ces montres, qui sont modernes et contemporaines, ne vieilliront pas bien au fil des décennies et ne seront jamais considérées comme étant « classiques » ni « intemporelles ». Expliquer pourquoi cela nécessiterait encore quelques centaines de mots, un luxe que je ne peux pas me permettre à ce moment. Tout cela pour dire que la Lorca Model No.2 Golden Gray est une montre classique instantanée, un chronographe néo-vintage parfait, suffisamment classique pour être intemporel, et parfaitement moderne pour avoir tout son sens aujourd’hui. Je parie que dans 50 ans, j’écrirai exactement les mêmes mots à son sujet. Enfin, il se vend au prix de 2 806,95 €, toutes taxes comprises.



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