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Breitling COSMONAUTE 24 heures, sinon rien.

Le début des années 1950 marque les débuts d’une très grande de l’horlogerie : la Breitling Navitimer. 2022 marque son 70e anniversaire, et avant de revenir dans les prochaines semaines sur son histoire et ses différentes évolutions, j’aimerais vous parler d’une autre Breitling, très liée à la Navitimer, à l’affichage 24 heures : la Breitling Cosmonaute. Une montre que nous vous proposerons bientôt sur JOSEPH BONNIE.

Breitling Cosmonaute : une montre spatiale

Il y aura toujours des batailles pour savoir quelle a été la première montre à aller dans l’espace. La première sera indéniablement la Sturmanskie de Youri Gagarine lors du premier vol orbital d’un être humain, le 12 avril 1961. La deuxième  sera probablement suisse avec une Heuer (référence 2915A), accompagnant l’astronaute John Glenn à bord de la capsule Friendship 7 le 20 février 1962. Mais le premier chronographe bracelet, suisse également, à voyager dans l’espace sera une Breitling Navitimer à affichage 24 heures, le 24 mai 1962. Au poignet de l’américain Malcom Scott Carpenter, militaire de la guerre de Corée, et demandeur d’une Navitimer 24 heures plus pratique dans l’espace pour distinguer le jour de la nuit.

Ce dernier, alors en charge des instruments de navigation pour la mission Mercury Atlas 7, et amateur de montres Breitling, avait demandé à la marque une Navitimer avec un petit supplément 24 heures pour les vols spatiaux. Il recevra la sienne quelques jours avant cette mission de mai 1962. Après 5 heures de vol, il atterrit en capsule Aurora 7 dans l’Atlantique, et alors qu’on vient le chercher, son bras équipé de la montre est immergé. La montre ne résiste pas à l’eau et est renvoyée chez Breitling.

Scott Carpenter et sa Breitling Cosmonaute

La première Breitling “Cosmonaute” ne sera autre qu’une Navitimer référence 806 que nous connaissons bien, ré-éditée dans sa version de 1959 récemment par la marque, toutefois équipée d’une échelle 24 heures sur le cadran, et du mouvement habituel Venus 178, avec vous l’imaginez bien une petite transformation au niveau de la roue des heures. Nous sommes au début de 1961.

Breitling “Navitimer” Cosmonaute

Le nom Cosmonaute est enregistré au registre suisse un peu plus tard en 1961 toujours et l’aventure de la montre peut sérieusement commencer. Une deuxième occurence de la montre est développée sous la référence 809. Côté écritures, on voit rapidement paraître sur le cadran la mention Cosmonaute à midi ou six heures, avec ou sans la mention du Navitimer. Le logo ailé et les lettres AOPA (Aircraft Owners and Pilots Association) si caractéristiques des premiers modèles disparaissent aussi pour laisser leur place au logo double avion, même si on a aussi vu quelques rares versions avec le B historique Breitling. Pour vous faire une idée des premières références 809, la maison de vente Phillips avait vendu un exemplaire fou d’une des premières références 809, sans mention Cosmonaute et avec logo AOPA.

On avait aussi pu voir chez Romain Réa une rare 809 avec double logo, la mention Cosmonaute et Navitimer. Bref, il y a eu quelques cadrans différents.

On trouvait alors ces références 809 en acier, gold filled (une couche épaisse d’or est pressé sur l’acier, plus qualitatif que le placage) ou en or 18 carats. Le luxe spatial ultime. Détail intéressant sur les modèles en or ou gold filled, les échelles internes et aiguilles se trouvaient bien souvent dans la même teinte, ou au moins partiellement.

C’est alors que les Breitling Cosmonaute, en arrivant en 1963, revêtirent leur cadran noir avec sous-compteurs argentés et plus noirs comme cela était systématiquement le cas auparavant. La montre sera produite pendant quelques années, avec quelques rares déclinaisons, comme la présence d’un calibre Valjoux 7736 dans certaines références 809-36.

La production de ces pièces continuera encore mais les années 1970 sonneront la difficulté de l’entreprise face au quartz. Le détail qui va changer la suite de la Cosmonaute se rapporte au choix financier de Breitling de vendre le design Navitimer à l’entreprise Sinn, et avec lui le nom de Cosmonaute. Certains droits furent aussi vendus à l’entreprise Ollechs & Wajs qui hérita de quelques boitiers et cadrans, mais en produisant sous le nom Aviation. Il faudra attendre le célèbre propriétaire Ernest Schneider en 1979 et son fils Théodore au début des années 1990 pour un retour de la marque, et de la célèbre montre.

Mais avant cette petite crise, une “petite” nouvelle avait fait son apparition dans la famille restreinte des montres Cosmonaute.

Breitling Cosmonaute 819 & 1809

Breitling Cosmonaute 1809

Une autre Cosmonaute nous intéresse en effet beaucoup, et nous vous la proposerons sur JOSEPH BONNIE la semaine prochaine. Elle fait partie des Cosmonaute de plus grande taille, née en 1968 d’abord sous la référence 819 puis 1809, référence de notre exemplaire.

Les premières montres, présentées sous la référence 819, dévoileront un design de boitier complètement nouveau, bien qu’utilisant toujours le célèbre Venus 178. Un boitier poussé à 47 mm, qui dévoile quelques jolis angles dans la continuité des cornes. Sur le cadran, la couleur orange fait son apparition pour les aiguilles qui concernent le chronographe. Aiguilles dont le dessin change, plus carrées et larges. Sans parler de la référence 819 et des premières références 1809 qui dévoileront une lunette acier revêtement noir, qui sera arrêtée par la suite, s’usant trop rapidement.

Un nouveau brevet avait été déposé pour ces boitiers davantage étanches, sans s’emballer non plus puisque 5 atmosphères ne permettent pas grand chose. Aussi, le mécanisme de lunette tournante était différent, utilisant un système de pignons. Cela explique la présence sur les références 819 et 1809 d’un petit orifice caché symétriquement opposé à la couronne, pour à la fois atteindre ce mécanisme, et aussi permettre un changement de couronne de gauche à droite, suivant les mouvements et les différents services de la montre.

La référence Breitling Cosmonaute référence 1809 constitue un “bond” dans l’histoire de cette Cosmonaute et de celle des chronographes automatiques, présentée en mars 1969, quelques semaines avant le célèbre El Primero. Je ne vous conseillerais que de relire l’histoire de la fin des années 1960 et les débuts du chronographe automatique du El Primero chez Zenith, et qui porte un autre nom chez Breitling. Le Calibre 11 est en effet développé conjointement par Heuer, Breitling, Hamilton et Buren, et il diffère largement du Zenith, car le chronographe vient par module et n’est pas intégré.

La Cosmonaute porte alors le nom de Chrono-Matic et est équipée du célèbre calibre 11 de chronographe. Le cadran perd alors son compteur totalisateur des douze heures à six heures et laisse apparaître la mention Chrono-Matic.

Breitling Cosmonaute 1809

La distribution et la production de ces géantes 819 et 1809 se prolongera jusqu’au milieu des années 1970, avec notamment l’apparition d’un bracelet en acier pour les équiper. Mais leur vie fut de courte durée.

Breitling Cosmonaute : suite et fin

Ces modèles de Cosmonaute seront produits jusque dans les années 1970, et laisseront leur place à une nouvelle génération quand Ernest Schneider reprend les commandes de l’entreprise. C’est pourquoi, au début des années 1980, on assiste au retour de la Breitling Cosmonaute, toutefois complètement de l’esprit des premières Navitimer Cosmonaute, dans une taille classique. Une référence 81600 équipée d’un calibre de chronographe Lémania. Il y aura quelques déclinaisons, notamment dans les métaux utilisés et avec la présentation d’éditions limitées, et des évolutions dans l’air du temps, comme l’utilisation d’un verre minéral puis d’un verre en saphir au début des années 1990. Le début des années 2000 voit l’arrêt de l’utilisation des mouvements Lémania, la société ayant été reprise par le groupe Swatch, et laisse sa place au calibre Breitling B02 Flyback, sur base ETA, et avec un module Dubois Depraz. Le Flyback fera par la suite sa disparition, revenant alors à une pièce plus “classique”, dont l’aura s’estompera rapidement.

Breitling Cosmonaute Scott Carpenter 2012

Dans les derniers moments de la Cosmonaute, nous verrons encore en 2012 une édition limitée Scott Carpenter, peu de temps après en 2016 une édition Navitimer Aurora (un rapport avec la capsule de Scott Carpenter ?) Blue GMT avec échelle 24 heures et en 2017 une Avenger échelle 24 heures.

Aujourd’hui, silencieux et invisible, le nom Cosmonaute est retourné dans l’espace, son milieu d’origine. En attendant, je l’espère, une futur Cosmonaute de la part de Breitling, vous pourrez découvrir une superbe Cosmonaute Chrono-Matic la semaine prochaine dans la sélection de montres vintage JOSEPH BONNIE.

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