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TUDOR & sES CHRONOGRAPHES

TUDOR & sES CHRONOGRAPHES La grande chrono-logie

La présentation récente des nouvelles Tudor Black Bay Chrono “Panda” et “Reverse Panda” vient célébrer 50 ans de création de chronographes chez Tudor. Un passé d’archives qui montre la légitimité de la marque en matière de design et de mesure du temps, et sur lequel nous avons souhaité revenir par plaisir pour les magnifiques pièces que comporte cette galerie de l’évolution des montres chronographe Tudor.

L'évolution des chronographes Tudor

NAissance du chronographe TUDOR

C’est en 1970 que commence la saga chronographe chez Tudor. On sait tous que les liens graphiques de Rolex et Tudor sont étroitement liés alors. Mais, alors que Rolex produit des chronographes depuis quelques décennies, il faudra attendre 1970 pour que Tudor présente son premier chronographe. En effet, et comme à l’habitude, Rolex ne voulait probablement pas oser sous son nom un chronographe avec date, et a attendu de le faire avec Tudor. Le ton est tout de suite donné, ce modèle chez Tudor sera coloré, graphiquement marqué, et se distinguera déjà du chronographe Rolex. Et comme sa société mère, on leur donnera par la suite plein de petits surnoms qui permettent en un clin d’oeil de les reconnaître.

Tudor Oysterdate : Série 7000

Commençons par son surnom de Homeplate. Ceux qui en comprendront la signification verront immédiatement la subtilité. En effet, le home plate ou marbre en français est un terme de baseball désignant la base finale que le joueur doit toucher afin de marquer. Une pièce en caoutchouc à 5 côtés dont on retrouve la forme sur les index de cette première série de chronographes Tudor.

On le remarque au premier coup d’oeil, ce chronographe se distingue graphiquement de ce que l’on connait alors chez Rolex. Deux compteurs répartis à neuf et trois heures dans des petites alvéoles qui contrastent avec le cadran, respectivement une petite seconde et un totalisateur des 45 minutes du chronographe. Des index home plate sur fond gris/ardoise ici, puis une minuterie blanche surplombée par les chiffres des minutes en orange. Dernier élément de design marquant que l’on retrouve dans son nom : la fenêtre de date et son cyclope à six heures.

Au niveau du boitier, on remarque un diamètre de 39 mm (contre 36 mm sur le Daytona), et on retrouve les épaulements protège couronne (vissée) ainsi que les poussoirs vissés également.

On pense à trois références dans la série 7000. Qu’est-ce qui distingue ces trois montres ? Leur lunette. Commençons d’entrée par la plus rare, puisque restée à l’état de prototype : la référence 7033. Elle est équipée d’une lunette tournante bidirectionnelle en aluminium avec disque noir gradué à 12 unités, mais ne verra finalement jamais le jour. Les deux références qui nous intéressent sont donc la 7031 et la 7032. La première est équipée d’une lunette et son disque en plexiglas avec échelle tachymétrique graduée jusqu’à 500 unités, la deuxième d’une lunette en acier satiné gravée de la même échelle tachymétrique.

On a observé deux versions de cadran , une grise et une noire, la dernière étant spécialement rare.

TUDOR OYSTERDATE : SÉRIE 7100

Voici la deuxième évolution du chronographe Oysterdate de Tudor. Son surnom, comme à l’habitude, en dit déjà beaucoup. On l’appelle la Tudor Montecarlo, par un cadran et sa minuterie en particulier qui fait songer à une roulette de casino.

Il reprend les trois mêmes lunettes que la série 7000, avec une lunette en plexiglas (référence 7149/0), avec une lunette acier (référence 7159/0), et enfin avec une lunette tournante (référence 7169/0) qui sera pour la première fois produite après le prototype de 1970 qui jamais ne vit le jour.

Le principal changement se déroule au niveau du mouvement, même si quelques éléments graphiques du cadran évoluent. Alors que les montres de la série 7000 étaient équipées du mouvement de chronographe Valjoux 7734 à remontage manuel, cette nouvelle série reçoit des calibres Valjoux 234, qui constituent une montée en grade par sa roue à colonnes offrant une meilleure précision ainsi qu’une meilleure fréquence avec 21’600 alternances par heure. Sans parler d’une meilleure manipulation des commandes du chronographe.

Graphiquement parlant, on trouve un cadran qui s’organise différemment, qui présente un nouveau style, et surtout des couleurs : une première ! Malgré ces petits changements, on reconnaît immédiatement le chronographe Tudor. Une nouvelle couleur apparaît donc avec l’introduction d’un cadran bleu et gris et deux types de lunettes bleues assorties. On notera également un cadran gris avec des sous-compteurs noirs. Les index home plate ont cédé leur place à des index que je nommerai “réglisse” et qui font songer aux petits bonbons beige pris en sandwich par deux parties réglisse. Sans oublier des minuteries de sous-compteurs différentes et colorées également.

TUDOR OYSTERDATE : SÉRIE 9400 et 79100

Le gros changement se produit en 1976 avec la présentation par Tudor d’une nouvelle famille de montre, que l’on surnommera “Big Block” par le bloc d’acier massif (relativement pour l’époque) que ces pièces constituent. Mais la principale évolution se situe au niveau du mouvement, désormais automatique, en faisant le premier chronographe automatique dans la famille Rolex. Vous n’êtes pas sans savoir que le tournant des années 1960/1970 a constitué une petite guerre en rapport avec la sortie de mouvements de chronographe automatiques. On comprend donc mieux l’épaisseur du boitier et le surnom des montres.

Joseph Bonnie - Tudor Big Block référence 9430

On trouve sur la première référence 9400 plusieurs variations de cadrans disponibles. On retrouve naturellement les premières pièces qui s’inspirent de l’esprit des cadrans des deux séries précédentes, que l’on peut aussi appeler Montecarlo par sa proximité avec la référence précédente comme le démontrent les codes couleurs, la minuterie, et même les index. On trouvera pour la première fois un contraste cadran blanc/sous-compteurs noirs et noir/sous-compteurs argent.

Des montres équipées du mouvement Valjoux 7750, qui cette fois revient à un système de chronographe à cames. Un calibre qui modifie la structure du cadran, ajoutant un nouveau compteur pour le totalisateur des 12 heures du chronographe à six heures ainsi que le passage de la date de six à trois heures. Une véritable révolution visuelle pour le chrono, donc.

On trouve à nouveau plusieurs références, la première, référence 9420 se pare d’une lunette en plexiglas avec échelle tachymétrique (une telle lunette existe aussi en bleue, beaucoup plus rare cependant), la deuxième, référence 9421 avec une lunette bi-directionnelle noire et enfin la référence 9430 avec lunette en acier et toujours l’échelle tachymétrique et ses 500 unités.

La série 79100 est introduite en 1989 et apporte de petites modifications. Le boitier est similaire en tous points, mais sur le cadran on observe maintenant systématiquement les mentions “Oysterdate” et “Automatic – Chrono Time”.

TUDOR OYSTERDATE : SÉRIE 79200

La principale évolution du chronographe se déroule en 1996 avec l’introduction de la série 79200.

Le boîtier pour commencer, qui après les Big Block et leur épaisseur considérable, s’affine et s’arrondit. Il présente des lignes plus douces, faites de courbes et de rondeurs. Une glace saphir vient se poser sur ces nouvelles références, lui donnant parfois ce surnom pour la distinguer. Certains cadrans verront la mention “Prince” remplacer la mention “Oyster”. De manière générale, de nombreuses déclinaisons verront le jour, et même le bracelet Oyster passera des 3 au 5 maillons.

Comme à l’habitude, on trouve trois références différentes par leurs lunettes. Une première référence 79260 avec une lunette et son insert noir en aluminium et son échelle tachymétrique, la référence 79270 équipée d’une lunette tournante bi-directionnelle avec un insert en aluminium noir graduée sur 12 heures et enfin la référence 79280 et sa lunette fixe en acier avec échelle tachymétrique.

On retrouve à l’intérieur le mouvement Valjoux 7750.

TUDOR HERITAGE CHRONO

Pour célébrer les 40 ans du lancement du premier chronographe chez Tudor, la marque au blason présente en 2010 un chronographe Heritage Chrono célébrant notre home plate favori, la référence 7033 et sa lunette tournante graduée en heures, restés à l’état de prototypes. Tout n’est évidemment pas similaire et on note par exemple les angles biseautés et polis des cornes, l’épaulement de protection poli de la couronne de remontoir et le moletage de la lunette tournante et des poussoirs. À l’intérieur, le Calibre T401, qui n’est autre qu’une base ETA avec un module additionnel Dubois-Depraz.

Tudor Heritage Chronographe - Cadran Gris et Noir

En 2013, une nouvelle version de ce modèle est lancée avec un cadran aux accents bleu sous le nom de Heritage Chrono Blue. Et nous avons le plaisir de retrouver les détails du chronographe Montecarlo avec les détails de minuterie façon roulette.

Tudor Black Bay Chrono

Une nouvelle ère du chronographe Tudor est inaugurée en 2017 avec la présentation du chronographe Black Bay, et surtout de son nouveau mouvement de manufacture. Pas de ré-édition, mais une évolution logique de la famille des chronographes de la marque.

Boitier et couronne restent donc inchangés par rapport à la collection Black Bay que nous connaissons alors. Deux sous-compteurs, une petite date à six heures et deux poussoirs vissés signature de la maison. L’aiguille des heures conserve son flocon de neige et la lunette en acier vient se marquer d’une échelle tachymétrique.

Comme je vous l’annonçais, la bonne surprise apparaît côté mouvement, avec l’apparition du calibre Tudor MT5813, qui conserve la réserve de marche de 70h de la Black Bay trois-aiguilles. Un mouvement chronographe développé par la manufacture à l’aide d’un module Breitling. Une excellente association qui nous rappelle l’époque des productions conjointes de nos Maisons d’horlogerie préférées.

Voilà alors ce qui donne le ton pour l’avenir.

TUDOR BLACK BAY CHRONO 2021

Mesdames et Messieurs, après vous avoir présenté cette galerie de l’évolution digne d’une espèce “évoluée”, le clou du spectacle est bien la présentation cette année d’un nouveau chronographe Black Bay, et de nouveaux visages.

Tudor Black Bay Chrono 2021 "Panda"

L’identité de la montre que nous connaissons de 2017 ne change pas. Mais ses traits s’amincissent par un jeu sur l’épaisseur de la montre, verre compris. Et ce grâce à la découpe de la partie inférieure de la glace saphir et à un repositionnement du mouvement, pour un fin gain en épaisseur de moins de 0,5 mm, qui se ressent davantage à l’oeil avec ce cadran qui est moins profond en dessous du verre.

On ne peut qu’apprécier les nouvelles teintes des cadrans, désormais présentés en version Panda et Reverse Panda.

On retrouve évidemment le bon calibre de chronographe Tudor MT5813, toujours avec son mécanisme de roue à colonnes certifié chronomètre. Il faut préciser que son spiral est désormais en silicium pour se protéger davantage des champs magnétiques.

Voici la frise chronologique de 50 années de bons et loyaux chronographes chez Tudor. De quoi faire ses devoirs et mieux comprendre certains choix, éléments graphiques, et l’esprit de différents lancements. Pour un chronographe qui marquera, nous l’espérons, de son design, encore quelques décennies.

3 réponses à “TUDOR & sES CHRONOGRAPHES”

  1. Ryan dit :

    Excellent article. Il aurait été intéressant de mentionner les modèles apparus pendant la période 2000 – 2010, comme le Tudor Chronautic.

    • Bonjour Ryan,

      Merci pour votre compliment ! En effet je comprends votre message, mais nous avons préféré rester très proche du design propre aux chronos qui émanent de celui apparu en 1970.

      A très bientôt,

      Nicolas

  2. Jihèm dit :

    Bel et érudit article; bravo Nicolas !
    Ces chronos n’ont rien à envier à ceux de la grande sœur … la date en plus même !
    Design sobre et efficace , avec un mouvement manufacture pour un prix raisonnable… what else ?

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