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Speake-Marin : indépendance, élégance & différence “Very British”

Jérôme
Le 18 mai 2017
M

Marque née en 2002, nous avons pu découvrir les créations de l’horloger Peter Speake-Marin au poignet d’un certain Pearce Brosnan, un héritage britannique dans les codes esthétiques mais un savoir-faire résolument helvétique. Rien de plus normal pour cet horloger de talent né dans l’Essex en 1968 d’une mère anglaise et d’un père gallois et formé à Neuchâtel. Une belle découverte…

Speake-Marin Resilience

Speake-Marin : Un petit bout d’Histoire

Je vous l’ai dit, Peter Neville Speake est né dans l’Essex en 1968. Détail qui a son importance lorsqu’on verra plus tard ô combien ces pièces sont britanniques. Le Jeune Peter commence son éducation au Hackney Technical College de Londres en 1985 puis la poursuit au WOSTEP, la prestigieuse école d’horlogerie suisse de Neuchâtel. Les bases sont posées… mais ne devient pas Maître-Horloger qui veut…

C’est à la fin de ses études, et après avoir suivi le cours avancé du WOSTEP sur les complications, que Peter revient à Londres. Il est alors engagé par Somlo Antiques dans Piccadilly Arcade pour mission de fonder le département de restauration des montres anciennes de cette prestigieuse maison d’antiquités.

Speake-Marin Resilience

Comme tant d’autres grands noms de l’horlogerie et indépendants de renom, Peter Speake-Marin a donc appris et perfectionné son art de la seule et unique manière possible, la meilleure, c’est à dire en restaurant des chefs-d’œuvre fabriqués par nombre de grands maîtres et marques historiques anciens, des modèles issus des débuts de l’horlogerie jusqu’aux années 1950. Il n’y a pas de secret.

Comme dans bien des domaines, c’est l’unique expérience valable pour acquérir le savoir de l’alchimiste, savant mélange  d’histoire, d’art et de mécanique qui ne s’acquiert pas sur les bancs de l’école mais bien en observant et comprenant les oeuvres des Maîtres d’avant.

Speake-Marin Resilience

C’est en 1996, lors de son mariage, qu’il prend le nom de Peter Speake-Marin et déménage ensuite avec sa femme au Locle, l’un des berceaux de l’horlogerie suisse que nous connaissons bien.

Sur son temps libre, alors qu’il apporte son aide à l’entreprise Renaud & Papi dans le développement et la construction de complications haut-de-gamme et la formation de jeunes horlogers, Peter se met à acquérir ses propres machines et à construire à la main une montre de poche.

Pas n’importe quoi évidemment, il s’agira d’une montre de poche à tourbillon avec engrenages jumeaux qui deviendra la montre «Foundation», qui lui permettra de devenir membre de l’ Académie horlogère des créateurs indépendants (AHCI) et des rejoindre ce club très fermé et non moins prestigieux aux côtés de noms tels que Philippe Dufour, Vianney Halter, Kari Voutilanen ou encore François-Paul Journe et Andreas Strehler.

Un gage de qualité, vous en conviendrez. Une histoire était née…

Une personnalité, que l’on voit de loin, mais qui se fait discrète

Lorsqu’on est horloger, Maître Horloger de surcroît, et que l’on en fait son métier, que des pièces et des complications peuvent naître de vos mains et de votre esprit, aussi bien d’un point de vue du design de la boîte que des finitions et bien évidemment du mouvement et des complications choisies… j’imagine qu’il est plus qu’aisé de se laisser emporter par sa ferveur vers des horizons “différents”  mais qui ne résistent pas forcément à l’épreuve du temps…

Je pense très sincèrement que nous sommes ici en présence de quelque chose d’autre. Une très forte personnalité, certes, avec les cornes puissantes, signature du boîtier dit “Piccadilly”, mais pas exagéré. Je m’explique : un cadran de Submariner ou de Speedmaster, la lunette d’une Royal Oak ou le boitier d’une Nautilus, le pont protège-couronne d’une Luminor ou encore la couronne diamant oversized d’une Flieguhr… Autant de caractéristiques uniques et facilement reconnaissables. Right ? 

Une unicité subtile qui ne va pas dans tous les sens à la manière de certaines créations indépendantes des dernières décennies dans lesquelles il me semble parfois que certains horlogers se font plaisir sans forcément penser à ceux qui porteront ces pièces et surtout qui souhaitent les porter longtemps…

Speake-Marin Magister Tourbillon

Si l’on exclu la référence “Skull Face to Face” sortie en 2014, toutes les pièces Speake-Marin présentent des codes esthétiques et des choix issus de la grande et belle horlogerie, celle dont on ne se lasse pas. C’est exactement en cela que Speake-Marin a soulevé mon intérêt et attisé ma curiosité.

En tant qu’indépendant, et avant le début de l’année 2008, date depuis laquelle il se concentre exclusivement sur le développement de sa marque et de ses pièces, il a longtemps collaboré comme designer horloger et consultant avec de nombreuses entreprises très variées, fondées par ses pairs comme Harry Winston, MB&F et Maîtres du Temps.

Le résultat est pourtant bien différent, tant au niveau du positionnement que de l’univers. Un héritage britannique très helvétique, une production suisse “So British” ?  Voyez-le comme vous voulez, ce sont dans les deux cas de belles pièces qui ont beaucoup de leur père fondateur…

Lorsqu’on connaît la difficulté à créer un univers et une identité propre et identifiable pour sortir du lot sur un marché horloger déjà largement saturé… je ne peux personnellement que saluer l’exploit. Bravo l’artiste ! Great job !