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Rolex Explorer II 1655 ‘Freccione’ : La montre des profondeurs…terrestres.

Nicolas
Le 10 novembre 2017
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Un certain 29 mai 1953, une fameuse expédition mêne un petit groupe d’hommes au sommet du toit du monde. L’Everest est gravi, Amen. Une fois de plus, des pionniers se trouvent derrière leurs combinaisons et masques à oxygène. Et ces hommes portent des montres qui à l’époque ne soulèvent pas les foules et qui ne sont qu’outils de précision et compagnons de route, mais qui aujourd’hui charrient avec elles tant d’émotions !

Ce 29 mai 1953, donc, il s’agissait de l’ancêtre de la Rolex Explorer I dont je vous parlais il y a peu. Et je vous avais promis qu’un beau (et froid) jour, je reviendrai avec une Explorer II dans mon sac. C’est chose faite aujourd’hui, suivez le Sherpa.

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Piqûre de rappel : Rolex Explorer I

Tenzing Norgay, sherpa de Sir Edmund Hillary, est équipé d’une montre Rolex. Pas d’Explorer, pas de chichi. Le nom ne lui est pas encore donné. Mais le coeur est là. Les index 3, 6, 9 sont déjà présents, mais pas encore la mention ‘Officially Certified Chronometer’ qui ne viendra qu’avec la première référence à porter le nom Explorer : la 6350 en 1953.

Un cadran très lisible, rapidement, un boitier solide et de bonnes résistances à de hautes comme de basses températures. La recette n’est pas bien compliquée. La forme typée ‘Bubble back’ s’estompe avec le temps, notamment avec l’arrivée en 1963 de la grande référence 1016. Une pièce iconique, plus étanche que celles qui l’ont précédée, et qui restera 26 années en collection. Les références qui suivront, j’ai nommé 14270 et 214270, sont un peu dissidentes, toutes cerclées d’or et au diamètre s’étendant.

Rolex Explorer II 1655 : Des montagnes aux grottes

La fameuse Explorer II a.k.a 1655, est dévoilée en 1971. Sa particularité ? Une aiguille supplémentaire, et une lunette fixe graduée 24 heures. L’idée est lors simple, on peut lire l’heure en un quart de seconde tout en sachant s’il s’agit du jour ou de la nuit. Je vous vois alors venir, avec des questions d’utilité. Oui, mais. Nous vivons à l’air libre la majorité du temps, et pouvons rapidement savoir si il est trois heures du matin ou de l’après-midi. Easy.

Rolex Explorer II Référence 1655 'Freccione'

Mais quand l’on exerce un métier sous le sol, et pendant plusieurs temps, c’est une autre histoire. Prenez les spéléologues. Ils doivent parfois passer plusieurs jours dans les tréfonds de notre belle terre, pour en extraire de précieuses données. Il est évident qu’il devient difficile de distinguer le jour de la nuit au bout de quelques temps. On parle véritablement d’une montre outil, donc.

Qu’a t-on face à nous ?

Un boitier acier de 39mm. Une taille convenable donc, suffisante pour laisser de la lisibilité au cadran. Ce cadran est parfaitement lisible, et dévoilent de multiples index. Les naturels index des heures, certes, mais surtout les index en référence à la lunette graduée 24 heures à l’extérieur de la minuterie. Des index pour chaque heure en résumé. L’aiguille des heures ainsi que celle des minutes sont luminescentes, bien sûr.

Mais concentrons-nous sur une autre aiguille. La signature de cette Explorer II. Savez-vous pourquoi on l’appelle ‘Freccione’? Pas par hasard. Commençons par un cours pratique d’italien. ‘Freccia’ en italien, c’est une flèche. ‘Arancione’ signifie orange. Vous devinez alors d’où provient le surnom de la 1655…Cette aiguille supplémentaire est d’une belle taille, et surtout, elle est grande, car elle caresse tout le diamètre du cadran. Tout en étant luminescente à son extrémité. Elle permet en un coup d’oeil de savoir s’il est dix heures du soir ou du matin. Pratique quand on a pas accès à la lumière du jour.

L’évolution de la Rolex Explorer II 1655

Il n’y a pas eu de grosses évolutions sur les différentes 1655. Mais Dieu est dans les détails comme toujours, regardons d’un peu plus prêt.
La première référence 1655 de 1971 ne possède pas de cercle luminescent façon ‘lollipop’ sur l’aiguille des secondes. Ce qui en fait un modèle plus rare et recherché. Cette aiguille lollipop apparaît deux ans plus tard sur la deuxième version de cette 1655. Les 3e et 4e générations ont de faibles différences. La troisième génération, déjà visible au milieu des années 70 présente une lunette aux chiffres plus épais, ainsi qu’un bracelet oyster plié (riveté auparavant). Peut importe la génération, on voit à la fois des calibres 1570 et 1575. En fonction des stocks de Rolex.

La dernière version, apparue à la fin des années 70, est en tout point semblable à la 3e, mais si vous regardez bien, la police de ‘Rolex’ est de type Serif contrairement aux version précédentes et le logo couronne est d’une forme différente, plus “droit”. Le diable est dans les détails.

Je voudrais vous parler un instant du mouvement. 1575, 1570, ça ne vous rappelle rien ? Regardez cette aiguille des 24 heures, toujours rien ? Je veux évidemment faire référence à la GMT-Master chers amis. Et à la 1675 en particulier, qui portait le même mouvement. En réalité, si l’on regarde bien, l’Explorer II n’est qu’une GMT-Master avec une lunette fixe.

Rolex Explorer II Référence 1655 'Freccione'

Le milieu de l’année 1985 signe la fin de la 1655 au catalogue, au profit, plus tard en 1985, d’une nouvelle référence, la 16550. Assez différente. Tout d’abord par sa lunette à la disposition différente, ses index cerclés, son aiguille Mercedes, et sa ‘Freccia’ un peu plus courte. Ça fait beaucoup. La 16550 reste bien entendue une très belle pièce. Cela va de soi.

Je voudrais terminer sur deux petites interrogations. Tout d’abord, cette 1655 est aussi appelée ‘Steve Mc Queen’. Pour quelle raison ? Probablement aucune recevable, car il s’agirait plus d’une rumeur qui aurait un peu mis le feu aux poudres. On sait bien que Steve portait une 5512 entre autres, mais pas de 1655. Enfin, un détail qui me taraude, j’y pense la nuit. On dit et l’on voit une aiguille orange, c’est un fait. Mais de nombreuses personnes pensent que l’aiguille était rouge à la base et que le temps l’aurait fait tourner à l’orange. J’ai personnellement jeté un coup d’oeil aux anciennes publicités, et l’hésitation est toujours là.

Long live the Freccione.

 

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