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Il était une fois l’Omega Constellation

Nicolas
Le 19 mai 2017
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Telle les étoiles qui composent notre ciel, la Constellation ponctue nos articles, nos envies, quand nous parlons de montres qui font sens lorsque l’on veut avoir une vraie pièce horlogère, chargée d’histoire, bien faite, et pour des prix qui ne sont pas stratosphériques. Il est donc temps de parler plus en détails de la venue au monde d’une des montres les plus raffinées qui soit, et qui, comme un grand nombre de pièces Omega, a connu une évolution plus que dense. Explication d’une grande Constellation.

La naissance de la Constellation

La “Pré” Constellation

Il est assez étrange, je le conçois, de lire “Pré” Constellation. Mais cette pièce que l’on connaît aujourd’hui n’est que le résultat de la prise de conscience d’Omega d’un succès plus ancien. Cent années d’existence après la création à La Chaux-de-Fonds par Louis Brandt d’un “comptoir d’établissage”, Omega décide de lancer en 1948 la “Centenary”. La quintessence même d’une montre élégante, aux proportions parfaites et pures, complétée par un mouvement automatique et chronomètre.

Laissez-vous bercer par ces quelques détails. Un cadran en or à secteurs, un guillochage circulaire à six heures accueillant une petite seconde, une minuterie chemin de fer pour séparer les deux secteurs, des index chiffrés à midi et six heures et losanges à double facette pour les autres, des aiguilles dauphines biseautées tout comme la lunette, ainsi qu’une boîte en or 18 carats et ses cornes lyres. Des questions ? Vous voyez donc se dessiner les contours d’une Constellation lointaine. Cette Centenary sera une édition limitée. Justement. Tout en elle a plu à un grand nombre de personnes, et Omega s’en étant rendu compte, écrira l’introduction de la Constellation quatre années plus tard, en 1952.

La Constellation historique

Le mot Constellation apparaît donc sur les cadrans en 1952, surplombant une petite étoile en applique et donnant tout son charme à la pièce. Pourquoi Constellation ? Pour rien. Bruno Passoni, alors membre de l’équipe de vente italienne de Carlo di Marchi, le propose comme “touché” par une révélation divine à Adolphe Vallat, alors directeur commercial de la marque, fidèle depuis 1916. Et ça lui va à merveille. 

L’autre détail discret mais si élégant qui nous plaît tant sur la Constellation, est le petit médaillon qui se trouve au dos. Il représente l’observatoire de Genève et il est entouré d’une flopée de huit étoiles. Un clin d’oeil qui veut probablement symboliser les grands prix remportés par Omega dans le domaine de la chronométrie, en 1933 et 1936 notamment.

Je tiens à vous prévenir de suite, l’évolution de la Constellation de 1952 à nos jours est semblable à l’évolution des types de papillons existants dans le monde depuis sa création : il y en a une belle mais grande quantité. Cadrans guillochés, façon ‘Honey-Comb’ ou non, cadrans ‘Pie-Pan’, à secteurs ou non, cornes lyres, boitier rond, tonneau, carré ou même rectangulaire. Revenons sur quelques design iconiques.

Quelques cadrans

Pour différencier les modèles de Constellation, parlons peu, parlons cadrans. La Constellation a produit des cadrans variés et iconiques. Si je vous parle de Pie-Pan, cela fait vibrer une corde en vous ? Est-ce que vous avez souvenir des plats à tarte de vos grands-mère ? Prenez en un, retournez le, et vous obtiendrez un cadran Pie-Pan, ou presque. Il s’agit d’un cadran à secteur en quelque sorte, où les index viennent se faire les extrémités d’un contour dodécagonal (à douze pans), et le cadran s’affaisse à partir de cette délimitation, la partie du centre se retrouvant alors surélevée. On trouve de tels cadrans dès 1952. On retrouve également des cadrans Pie-Pan avec les pans finement striés, comme sur une certaine Constellation Grand Luxe de 1953.

L'histoire de l'Omega Constellation - Exemple de cadran Pie-Pan

Une autre particularité du cadran Constellation est peut-être ce ‘Honeycomb’ ou guillochage en forme “nid d’abeille”. On le trouve également dès 1952 sur certains modèles de Constellation, ce qui lui confère un charme particulier. Comme précisé il y a quelques lignes, il n’y a pas eu que trois modèles de Constellation.

Mais les cadrans Constellation sont surtout reconnaissables à l’oeil affuté par certains détails d’importance et de sens. Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi on trouve parfois une fine croix qui se place au centre du cadran ? Elle s’appelle ‘Cross hair’. Que vient faire un cheveu ici ? Sa finesse vient faire écho à la précision de la montre chronomètre. Beau détail n’est-ce pas ?

Avez-vous déjà vu la mention ‘Globemaster’ sur une Omega ? Oui avec certitude, car c’est une ligne de la collection actuelle. Mais avez-vous déjà aperçu une Constellation ‘Globemaster’ ? Je ne pense pas. Il est en effet assez rare d’observer ces pièces. Mais pourquoi ce nom ? L’introduction de la Constellation sur le marché américain fut moins simple que prévue, une marque concurrente portant déjà cette appellation. Le nom Globemaster fut alors choisi jusqu’en 1956, où l’on enterra la hache de guerre par un petit arrangement.

Des bracelets à retenir

Parce que la Constellation, c’est aussi une histoire de bracelet. Cela va de soi qu’un grand nombre de Constellations se trouvaient avec un bracelet en cuir. Mais c’est loin d’être tout. Je pense au premier lieu au bracelet ‘Rice Bean’ en acier, avec ses maillons très  fins, qui est d’une douceur, d’une légèreté et d’une beauté simple. Si vous êtes chanceux, et que vous arrivez à mettre la main sur une “grand luxe” avec son bracelet d’origine, bonne nouvelle. Elle possédait un bracelet semi-extensible en or façon tour de bras, rebordé avec des maillons briques.

L'histoire de l'Omega Constellation - Bracelet Rice Bean et cuir

Sur l’un des tout premiers modèles de la collection, un bracelet en or tressé goupillé mettait en avant de la plus belle des manières la Constellation en devenir. Mais d’une manière générale, on retrouvera des bracelets milanais goupillés, à petites briques, en cuir, ou encore à maillons plus larges sur tous les modèles.

Toutes les formes possibles

Comme je vous le disais, les modèles de Constellation sont aussi variés que les formes qu’ils ont connu. Les premiers boitiers sont de forme ronde, et l’on trouve davantage de variations dans les cornes de celles-ci. Cornes lyres pour certaines, droites pour d’autres, ou encore plus évoluées et presque Art-déco.

Mais au milieu des années 1960, on retrouve déjà des formes très “seventies”, entre le tonneau et la forme coussin . Sur cette même période, un boitier ultra-plat fait aussi son apparition, de forme rectangulaire. Les années 70 seront fertiles en design ‘TV’ et autres boitiers futuristes pour accueillir le mouvement Megaquartz ou encore la fameuse ‘Star Wars case’ offrant l’heure digitale en rouge. Beaucoup trop seventies.

La pérennité Constellation

Cet article visait essentiellement à se concentrer sur des modèles iconiques et “vintage” plus que sur des boîtiers relativement récents. Mais laissez-moi vous en toucher deux mots. Après les années 70 et la période Digital Time, un grand nombre de Constellations aux formes plus que variées feront leur apparition.

Jusqu’aux fameux boitiers tonneaux avec ouverture ronde Manhattan et leurs quatre “griffes” vissées, qui apparaissent en 1982 et qui se feront la signature de la marque. Un modèle dessiné par la styliste Carol Didisheim qui évoluera sur des boites parfois rondes (toujours avec les griffes), avec des lunettes différentes, sur des versions calendrier jours et date, avec sertissage ou non.

Constellation est donc un bien vaste monde, fait d’icônes. L’accent mis sur les modèles d’avant 1970 n’est pas un hasard. Ce sont eux qui aujourd’hui encore restent intemporels, et représentent les origines de cette pièce qui au moment où j’écris s’est radicalement transformée (sans pour autant perdre en esprit). Ces modèles sont simples, graphiquement magnifiques, et plutôt accessibles pour celui qui souhaite aborder le monde de l’horlogerie de la plus belle des manières. L’observatoire de Genève à encore de belles années devant lui, et un ciel étoilé qui brille toujours plus fort.

L'histoire de l'Omega Constellation