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Tudor : Black Bay Chrono au Banc d’essai

Jérôme
Le 1 septembre 2017
F

Focus sur l’une des montres qui a le plus défrayé la chronique lors du dernier salon Baselworld : Le Chrono Tudor Heritage Black Bay. “Lovers” d’un côté, “Haters” de l’autre et au centre très peu d’objectivité tant lorsqu’on touche à des désormais classiques, la passion a tendance à prendre les dessus. Voici ce qu’on en pense à tête reposée, une fois passé le choc émotionnel de la découverte.

Tudor Black Bay Heritage Chrono

Tudor Heritage Black Bay : Déjà un Classique

Pour comprendre les réactions pour le moins passionnelles de Bâle, il faut d’abord comprendre à quoi la manufacture Genevoise s’est attaquée. Malgré son jeune âge, la désormais grande famille Black Bay fait déjà partie des classiques. Et pour cause. Celle qui est née en 2012 dans sa version à la rose et calibre ETA est à l’origine d’un trend aujourd’hui évident dans l’horlogerie qui consiste à puiser les meilleurs éléments de son passé pour construire de nouvelles références. Nombreux sont d’ailleurs ceux qui pensent que la formule s’essouffle doucement aujourd’hui, et ils n’auront pas tout à fait tort. Je pense tout de même qu’il reste sain pour l’avenir de ne pas tenter de tout réinventer au rythme effréné des salons horlogers.

Tudor Heritage Black Bay Red - Mouvement Manufacture

Mais je m’égards. Revenons sur cette première Black Bay de 2012 :  tous les détails vénérés des icônes du passé sont là, dans une montre qui n’est ni une copie ni une ré-édition et qui a bel et bien son caractère. Clap Clap, Kudos, Excellent work. Big crown ? Check. Aiguilles Snowflake ? Check. Minuterie Chemin de fer ? Check. Logo à la Rose ? Check. Ligne de texte “souriante” ? Check. Des tons chauds, aussi bien au niveau de la lunette que des inscriptions sur le cadran, complétaient un ensemble chargé d’Histoire. Le succès est immédiat, et il allait durer.

Depuis 5 ans, la famille s’est agrandie et s’est affutée, certains éléments on été modifiés, le bouclier est revenu sur le devant de la scène et un calibre de manufacture à la réserve de marche de 70h s’est imposé au coeur du diver devenu une référence. Les déclinaisons sont aujourd’hui nombreuses, les couleurs de boîtes et de lunettes aussi. L’esprit de la plongeuse quant à lui est resté inchangé.

Tudor Heritage Black Bay Chrono : Tous les espoirs étaient permis…

Alors voilà : lorsque Tudor a annoncé qu’un chronographe allait venir enrichir la famille Black Bay, les pronostiques les plus fous sont allés bon train. Entre ceux qui voulaient voir renaître un Big Block version 2017 et ceux qui y voyaient déjà le nouveau chronographe Monte Carlo, ou un vrai diver doublé d’un chronographe, nombre de passionnés se sont sans doute pris à rêver un peu vite, leur coeur s’est emballé. Mea Culpa, certaines idées me sont également passées par la tête.

Tudor Black Bay Heritage Chrono


“Seulement voilà, cette Tudor Black Bay Chrono n’est ni un Dayto, ni un chronographe Monte-Carlo, et pas un Big Block non plus. C’est un chronographe “Black Bay”, comme son nom l’indique.”

Boîte et couronne restent donc inchangés, nous restons en terrain connu. Deux sous-compteurs, une petite date à six heures et deux poussoirs vissés signature de la maison genevoise. L’aiguille des heures conserve son flocon de neige et la lunette en acier vient se marquer d’une échelle tachymétrique. Le résultat est esthétiquement très plaisant et cohérent et une fois au poignet, c’est aussi agréable que la Black Bay que l’on connaissait déjà.

L’autre vraie bonne surprise arrive côté mouvement, avec l’apparition du calibre Tudor MT5813, qui conserve la reserve de marche de 70h de son cadet trois-aiguilles. Un mouvement chronographe développé par la manufacture à l’aide d’un module Breitling. Une excellente association qui nous rappelle presque la grande et belle époque des productions conjointes de nos Maisons préférées. Résultat ? Un mouvement chronographe certifié chronomètre, évidemment. Great news.

Tudor Heritage Black Bay Chrono : Des choix fonctionnels qui ont parfois surpris ?

Les choix esthétiques qui ont été faits ne sont pas à remettre en question. Encore une fois l’ensemble est cohérent et plaisant. Certains choix fonctionnels quant à eux ont parfois surpris. Nous allons essayer de les comprendre.

Voici un chronographe qui vient s’insérer dans une ligne de montres de plongée. Pas de sacrilège pour autant, surtout pas pour quelqu’un qui porte au quotidien un “Chronomaster Aviator Sea Diver”. D’autres l’ont fait avant Tudor et cela n’a jamais été un problème, bien au contraire. On se souvient même tous certainement de la célèbre Aquastar Deepstar, seulement voilà :  ces deux modèles possèdent des échelles qui correspondent à leur environnement, tables de plongée d’un côté, échelle tachymétrique interne et double graduation heures et minutes de l’autre et surtout : un repère bien visible sur une lunette. Tournante.

Du coup, on se retrouve ici avec une pièce véritablement hybride, à mi-chemin entre le chrono de pilote et la plongeuse. Un nouvelle référence qui dispose de nombreux codes de ces deux montres de sport, mais sans en être vraiment ni l’une, ni l’autre.

Tudor Black Bay Heritage Chrono

Je comprends donc la levée de boucliers des puristes. Je comprends aussi les choix des designers qui, s’ils avaient supprimé les larges index de plongé et l’aiguille snowflake auraient définitivement perdu tout lien avec l’esprit Black Bay. Le design horloger est réellement une alchimie délicate… c’est certain.

Tudor Heritage Black Bay Chrono : Pour conclure

Ce que nous avons ici est déjà une très belle montre de sport. Un chronographe extrêmement robuste à l’étanchéité d’une véritable montre de plongée. Je n’y vois pour l’instant que des bons points. Une fois au poignet, le plaisir continue avec son bracelet riveté très bien fini, comme l’on pouvait s’y attendre de la part de Tudor. Niveau mouvement, ce calibre de manufacture à la réserve de marche de 70h est difficile à battre, surtout à un niveau de prix placé sous la barre des 5000€.

Finalement, après avoir passé de vrais moments ensemble, je crois que le véritable soucis de cette montre n’est sans doute que son nom. “Black Bay” : un héritage parfois lourd à porter, “quite a tough umbrella to walk under”…

Car au final si l’on y regarde de près, en oubliant tout à priori qui nous viendrait de ses illustres prédécesseurs, nous sommes bien en présence du chronographe idéal pour les pilotes qui aiment piquer une tête, de l’outil parfait du grand garçon qui aime se lancer des challenges “à la seconde près”, sur terre ou sous l’eau. Le vrai plongeur lui, de toute manière, ne passe généralement en immersion qu’avec son dive-computer, et ne met aujourd’hui sa plongeuse suisse que pour aller au bureau.

Comme quoi, vous voyez ? No big deal, really…

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