Home Montres Modernes Conseils

Petite Explication d’une Grande Complication #4 : Le chronographe et ses échelles

Jérôme
Le 26 novembre 2015
A

Avant que vous ne me jetiez la pierre quant au nom de cette article, me rappelant qu’un chronographe est une complication, certes, mais pas une “Grande Complication” : je sais. Malgré cela le nom de cette série d’articles commencée il y a quelques mois déjà, demeurera pour l’instant inchangé, malgré cette première évolution de contenu qui n’est qu’un début. Je crois m’y être déjà un peu attaché, merci pour votre compréhension.

Nous vous avons habitué à du costaud, du très lourd même, en décortiquant le tourbillon, le quantième perpétuel et la répétition minute. Nous allons aujourd’hui revenir à l’essentiel parce que c’est important, avec une complication bien plus courante mais aux utilisations nombreuses tant les échelles qui l’accompagnent sont variées : Le chronographe.

Petite précision pour éviter tout malentendu, nous parlons bien ici de chronographe ou chronoscope, et non  de chronomètre, terme souvent utilisé à tort de manière abusive.

Pour rappel, parce que ça ne fait jamais de mal :


Chronomètre, nm :
“Certification accordée par le COSC (Contrôle Officiel Suisse des Chronomètres),
aux montres dont les mouvements on été soumis et qui ont réussi avec succès
toute une batterie de tests de qualité et de fiabilité.”


NDLR : Cette certification Suisse est payante, évidemment. Cela ne signifie en rien que certaines montres non-certifiées COSC, souvent Allemandes ou Japonaises et qui disposent de leur propres standards (Glasshütte Observatory ou Grand Seiko) ne répondent ou ne dépassent pas ces normes fixées par le COSC.
Merci pour eux.

Mais je m’égare, revenons plutôt à notre chronographe :

Auricoste Type XX - Focus

Le chronographe :


Chronographe, nm :
“Instrument permettant de mesurer la durée d’un évènement.”


Jusque là tout va bien. On actionne en général un poussoir situé sur le coté de la boîte pour enclencher le comptage (start), l’arrêter (stop) ou effectuer la remise à zero (reset). 

En terme d’affichage de mesure du temps, plusieurs combinaisons sont possibles. De manière traditionnelle, on retrouve une grande trotteuse centrale mesurant les secondes (60) ainsi qu’un ou deux sous-compteurs (en plus d’une petite seconde constante), mesurant et totalisant les heures, les minutes (30 ou 60) mais aussi parfois les quart, les dixièmes, voire même les dix millième de seconde.

Facile non ? Alors approfondissant un petit peu…

Il existe  différentes complications dans le domaine du chronographe, dont mes préférées sont  :

Le chronographe « Flyback » qui permet de lancer un nouveau chronométrage lorsque le premier est déjà en marche (généralement en appuyant sur le poussoir de mise à zéro.), et le chronographe « Rattrapante » qui dispose d’une deuxième aiguille permettant de mesurer des temps intermédiaires, puis de « rattraper » instantanément l’autre aiguille principale du chronographe.

Très cool non ? Mais ça ne s’arrête pas là. En fonction de la graduation imprimée, peinte ou tamponnée sur le cadran, le rehaut interne ou la lunette, la complication chronographe peut permettre de mesurer instantanément, ou par un calcul rapide,  bien d’autres éléments que le temps.

Les différentes échelles :

Ça vous intéresse ? Très bien. Nous allons cependant rester simple aujourd’hui car certaines de ces échelles nécessitent un article à elles seules et nous ne voudrions surtout pas nous priver d’un sujet sympa à traiter en profondeur !

Tachymétrique :

L’échelle tachymétrique permet de mesurer la vitesse d’un véhicule en mouvement, ou bien la distance parcourue par ce dernier si l’on connait sa vitesse.


Petit rappel :
« Vitesse = Distance / Temps »


Pulsométrique :

Montre de docteur par excellence, le pulsomètre permet de mesurer un rythme cardiaque en beaucoup moins d’une minute (15, 30 ou 45 pulsations selon la graduation), lorsque chaque seconde compte, ça peux faire la différence.

Décimale :

Heuer Calibre 72

Moins courante et peu utilisée aujourd’hui, l’échelle décimale que l’on retrouve sur le cadran de cette Heuer Calibre 72, était surtout destinée aux ingénieurs effectuant de nombreux calculs de temps ou de prix de revient. Elle mérite une petite explication supplémentaire.

La minute est divisée en 100 centièmes de minute au lieu des 60 secondes afin de pouvoir mesurer et écrire le temps  en valeurs décimales et ainsi rendre les calculs plus pratiques.


Exemple :
1,50 minute = 1 minute et 30 secondes
1,75 minutes = 1 minute et 45 secondes
1,50+1,75 = 3,25 minutes soit 3 minutes et 1/4 de minute soit 3 minutes et 15 secondes


Télémétrique :

Fun Fact, le chronographe télémètre fut développé à l’origine pour les officiers durant la première guerre mondiale afin de pouvoir connaître rapidement la distance à laquelle se trouvaient les troupes ennemies lorsque ces dernières faisaient feu sur les tranchées. Il suffisait à l’officier de déclencher le chronographe  à la vue du feu des canons ennemis et de l’arrêter à l’écoute de la détonation. L’échelle télémétrique lui donnait alors instantanément la distance des troupes ennemies, exprimée en kilomètre ou en miles selon la graduation.

Si la majorité d’entre nous à la chance ne n’avoir jamais connu de guerre de tranchée, un chronographe télémètre n’en devient pas pour autant inutile. Vous pourrez en effet expliquer à votre petit neuveu le rapport Distance = Vitesse x Temps par une sombre nuit d’orage en calculant de manière précise et nonchalente la distance à laquelle la foudre a frappé.

Alors ? Un “simple” chronographe me disiez vous ? Pourtant l’une des complications les plus utilitaires et aux applications quotidiennes nombreuses !

Une façon sûre et bien élégante de ne pas dépasser le temps d’infusion idéal de votre “Perfect cup of Earl Grey” (3min, 85°c) ou de ce mélange corsé italien de purs arabicas dans votre “French Press” (4min) . Une bien belle façon de commencer la journée. Pensez-y !

Je terminerai donc par une citation que j’aime beaucoup, un peu bateau diront certains, trop “cheesy” diront d’autres mais qui traduit un concept qui me tient à cœur :


“It’s not what you do, but how you do it”
“Peu importe ce que vous faites, tout est dans la manière dont vous le faites”