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Corum, une manufacture à part

Nicolas
Le 17 mai 2017
C

Corum est une de ses manufactures que nous apprécions spécialement. Parce que nous voyons plus loin que les simples pièces que l’on peut tous voir, toucher et sentir. Parce que Corum c’est avant tout un esprit unique et bien particulier qui s’étend bien au-delà de La Chaux-de-Fonds. Corum c’est une équipe où vous pouvez regarder tous les membres et vous dire qu’ils sont exceptionnels. C’est une marque qui aime se faire plaisir et qui le montre. Petit tour du propriétaire.

Les débuts de Corum

La Manufacture des montres Corum

Corum n’est pas une manufacture centenaire. Elle a été créée en 1955, dans la ville de La Chaux-de-Fonds, et est depuis restée fidèle à cette petite ville attachante. Et si l’on pouvait résumer son état d’esprit dès sa création, je parlerais volontiers de créativité et d’audace bien dosées dans les lancements réalisés par la marque. Elle a marqué l’horizon horloger suisse en lançant des pièces qui aujourd’hui encore font sa renommée.

Je pense en premier lieu à la Corum Coin. ‘How to get gold out of Switzerland?’ titrait ce vieux journal que nous avons retrouvé dans les archives de Corum. La Coin fait son apparition en 1965 à Bâle. Déjà. Une montre célèbre pour son audace et son 20$ double Eagle. Corum est donc faite de pièces mythiques. Ai-je parlé de la Admiral’s Cup à l’origine carrée, gravée d’un bateau à voiles porté par les vents ? Et de cette Golden Bridge et son mouvement suspendu dans les airs ? Des modèles encore présents dans les esprits aujourd’hui et dont Corum fait perpétuer l’âme dans les collections.

Sans oublier des pièces plus “intimes” parce que moins connues, sauf des collectionneurs et des amoureux de la marque. Je pense à une certaine Corum Romulus, où des chiffres arabes ponctuent une lunette qui vient s’apposer sur une montre très sobre et très élégante. Sans oublier la Rolls Royce et son impressionnante calandre survolée par l’ange ‘Spirit of Ecstasy’ si représentatif de la marque.

Corum à La Chaux-de-Fonds

Corum est fidèle à ce lieu calme et typiquement suisse. Il faut monter dans les hauteurs pour savoir trouver la clé symbole de la marque. Un grand parking vous accueille, sur votre gauche le bâtiment où les mains habiles des horlogers opèrent délicatement et où l’assemblage, le sertissage, et d’autres évaluations prennent tout leur sens. En face de nos yeux, un bâtiment très moderne avec une façade en verre impressionnante, et une architecture en béton sortie des chefs d’oeuvre des années 1990. Ando Tadao n’est jamais très loin…

Quand vous arrivez sur le lieu d’une manufacture, et que le bâtiment est superbement construit, ce qui est rare, vous savez que le reste va suivre naturellement. Le lieu est en réalité le fruit d’un concours architectural remporté en 1991 par Margrit Althammer et René Hochuli (basés à Zürich). Pas étonnant alors qu’il soit particulièrement original et imposant. L’intérieur est d’une incroyable luminosité et est très spacieux, mettant ainsi en avant les pièces de collection qui sont présentes, mais pas uniquement. Se perdre dans ce bâtiment, c’est vivre une expérience étrange, mais des plus plaisantes.

Vous passez quelques portes impressionnantes, tombez sur des photos géantes en hommage à la montre Bubble, toutes plus ‘What the fu**’ les unes que les autres, mais que j’aimerais personnellement avoir dans mon salon. Puis vous descendez trop bas. Mais ce ne sont pas les enfers, loin de la, mais plusieurs pièces en dehors du temps. Des pièces “vintage”, mobilier d’époque, bonne odeur de papier vieilli, et pour cause ce sont les archives qui se trouvent devant nos yeux. Depuis les  premiers pas de Corum toutes les publicités présentes dans les journaux et des originaux Corum. Et il y a des pépites.

Puis vous remontez au premier étage, croisez Davide Traxler, le CEO qui, au moment où on l’attend le moins, lance une bonne grosse pique bien pensée à Nicolas, responsable digital monde. La chose à laquelle on ne peut pas s’attendre. Puis Vincent, responsable de la marque en France (entre autres), costume en laine bleu, cravate tricot et sneakers vous appelle de l’autre côté du long couloir pour vous montrer une nouveauté, avant que ne résonne fort la voix de Fréderic, directeur de la communication, parce que Vincent occupe toute les prises électriques de son bureau. Heureusement que Marie-Alexandrine, directrice des relations presse, a les nerfs solides. Vous venez d’assister à une minute de vie chez Corum.

La manufacture plus en détail

Retour sur ce bâtiment secret, sur la gauche quand on pénètre les lieux. Comme tous les ateliers de la sorte, règnent calme et pureté de l’air. Rigueur est tout de suite de mise. Les premières personnes avec qui nous échangeons sont en charge d’évaluer la fiabilité des mouvements et de certaines pièces “sourcées” par leurs fournisseurs, tels balanciers et spiraux. Façon laboratoire de biologie, un microscope à très fort grossissement, calculant des courbes et angles à tout va, vérifie la précision et la qualité de ces pièces.

La Manufacture des montres Corum - Manufacture

Puis, nous rencontrons des horlogers rhabilleurs (cela a peut être un rapport avec le nom de notre magazeine…), et une charmante femme qui est spécialiste incontestée du bracelet. Et croyez moi, ce qui paraît être simple pour nous au premier coup d’oeil prend ici une toute autre ampleur. Le moindre petit geste de travers rayerait la boîte. Et les bracelets de certaines Bubble requièrent un montage spécifique, qui n’est pas à la portée de tous.

Puis notre oeil vif est attiré par les horlogers sertisseurs et graveurs, l’un est en train d’ajouter le 64ème diamant d’une longue série, et la précision est incroyable, tout comme la qualité d’incrustation des diamants. L’autre est en train de façonner entièrement à la main un dragon en or accompagnant le phoenix qui viendra habiter le boitier d’une Golden Bridge un peu particulière.

Je sais. Je suis certain que vous avez envie d’aller y faire un tour. Et ça tombe bien, Corum et l’une des rares manufactures à ouvrir ses portes une fois par semaine. Je me répète peut être encore, mais en regardant l’histoire de Corum et ceux qui font vivre cette histoire, on comprend mieux les décisions libres et assumées de la marque, ainsi que son potentiel exploité au maximum de créativité.

En repartant de la Chaux-de-Fonds, avec en tête tous ces sourires et ces “punchlines” de haut-niveau… nous sommes convaincus que ce n’est pas près de s’arrêter…