GIRARD-PERREGAUX Des noms et une marque hors du commun
Girard-Perregaux, ce sont des noms et une marque hors du commun. Une marque de montre qui s’abreuve de différents courants, d’histoires de grands horlogers et de visionnaires, et surtout de montres (de poche, et bracelets) qui ont marqué l’histoire par une esthétique particulière, jusqu’à aujourd’hui.
D’un coté de l’embranchement, tout commence par un certain Jean François BAUTTE (1772-1837), Maitre horloger et joaillier établi à Genève en 1791. Il devient jeune orphelin, apprenti à 12 ans, et présente sa première montre vers 19 ans. Un jeune prodige ! En 1797 il prend pour partenaire le fabricant de boîtiers Moulinié et la société devient MOULINIÉ BAUTTE et CIE puis Moulinié BAUTTE et Moynier. Peu importe le nom de prend l’entreprise, Jean-François Bautte est un très grand horloger en Europe, pour les cours royales. Sous les toit de ses ateliers des horlogers, fabricants de boitier, émailleurs et sertisseurs se pressent à l’ouvrage pour former une manufacture de près de 180 artisans.



Jean-François Bautte nous quitte en 1837, c’est son fils Jacques BAUTTE et son beau fils Samuel ROSSEL s’associent pour devenir “JEAN FRANÇOIS BAUTTE et Cie”. En 1883, le fils de Samuel, Jacques ROSSEL, prends la tête de l’entreprise qui devient alors J. ROSSEL FILS. Il meurt en 1887, succédé par Felipe HECHT et le fils de ce dernier par la suite. En 1906, ce dernier cède ses parts à Constant Girard-Gallet ( le fils de Constant Girard, dont je vous parle juste après) et l’union se fait donc avec l’entreprise créée par Constant Girard-Perregaux (1825-1903).
En 1847 Constant Girard et son frère Numa fondent la société Girard et Cie à la Chaux de Fonds. Constant Girard se marie avec Marie Perregaux, fille de Henri Perregaux, célèbre chronométrier d’alors, en 1854. En 1856 la société prend le nom de GIRARD-PERREGAUX. François, Henri et Jules Perregaux vont par le monde montrer leur savoir faire, notamment en Asie et au Japon en particulier.


Mais l’histoire ne s’arrête pas là. En 1930, Otto Graef et sa société MIMO (Manufacture internationale de montres or) rejoignent l’entreprise Girard-Perregaux pour écrire la suite de l’histoire avec. Aujourd’hui, Girard-Perregaux est une entreprise indépendante, qui il y a quelques années appartenait au groupe Sowind fondé par le grand Luigi Macaluso en 1988, avant que le groupe de François Pinault Kering y prenne une participation, avant de se retirer et qu’Ulysse Nardin et Girard-Perregaux prennent leur indépendance au sein du groupe Sowind.
On peut à mon sens reconnaître à Girard-Perregaux de nombreuses identités. La première est à mon sens propre à l’héritage de Jean-François Bautte et concerne l’attention portée à l’esthétique globale des montres, notamment l’attention portée aux cadrans et à l’habillage, comprendre principalement le boitier, ses décorations. L’autre identité se rapporte évidemment aux calibres produits, et surtout au célèbre trois ponts droits et au tourbillon qui s’y est parfois associé. Le premier chronomètre à trois ponts émerge doucement en 1855, il sera par la suite médaillé d’or à l’exposition Universelle de Paris et remportera les trois premiers prix à l’Observatoire de Neuchâtel en 1866 et 1876. Il faudra d’ailleurs attendre 1991 pour voir la première montre-bracelet équipée d’un calibre à trois ponts.



Récemment, nous remettions sur le devant de la scène la Girard-Perregaux Laureato, pour nous permettre de parler des avancées indépendantes pour la montre à quartz. Girard-Perregaux, de son côté et sans nécessairement suivre les associations d’autres marques a développé le mouvement en interne, avec l’aide de quelques entreprises et experts externes. Au milieu des années 1960, Georges Vuffray, expert en électronique, a été chargé de développer une horloge à quartz qui a ensuite été miniaturisée.
La principale innovation de ce mouvement réside dans sa fréquence de 32 768 Hz. Cette fréquence s’est avérée optimale et est même devenue la norme mondiale pour la plupart des montres-bracelets à quartz !



Ce que j’aime tout particulièrement avec Girard-Perregaux aujourd’hui, c’est le pont entre l’histoire de la marque hier, et un pan important de sa production aujourd’hui a une esthétique très poussée vers l’avenir et le futur, tout en conservant son identité. Récemment, on pense évidemment à la Flying Bridges Minute Repeater, qui en plus de dévoiler un calibre squelette et ses deux ponts typiques de Girard-Perregaux, offre une répétition minute très aérienne et qui sonne bien (la vidéo vous le montrera, pour le plaisir des oreilles).

Aussi, et c’est ici le lien avec la chronométrie qui parle, notamment avec les médailles des pièces trois ponts d’or à la fin du XIXe siècle, Girard-Perregaux a présenté en 2013 un nouveau type d’échappement, que l’on retrouve aujourd’hui sous le nom « Neo Constant Escapement », qui, pour faire simple, est formé d’une lame en silicium (vous le verrez aussi en vidéo) et fonctionne selon le phénomène physique du « flambage ». Sous l’effet d’une pression via un levier à bascule, la lame subit une modification de son état, passant d’un état de flexion à un autre en accumulant chaque fois une quantité constante d’énergie, transmise au balancier par impulsions.

Ces deux exemples pour vous transmettre l’idée selon laquelle Girard-Perregaux ne se contente pas de dormir sur une identité, et qu’elle lie son passé à des innovations techniques plaisantes.
Une maison qui je l’espère a encore de belles années devant elle, tant son histoire et riche d’humains aux perceptions différentes, et tant elle a réussi à vivre jusqu’à aujourd’hui en nous offrant des dessins et de la technique.
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