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Histoire de la BLANCPAIN Fifty Fathoms

Nous vous livrons un récit extrêmement intéressant de l’exposition BLANCPAIN « Tribute to Fifty Fathoms » inaugurée le 29 octobre dernier. Thierry GASQUEZ, président de l’association « Passion Horlogère« , nous raconte sa visite guidée organisée par Stephan Ciejka, grand passionné de montres et commissaire de l’exposition.

Nous vous laissons donc découvrir l’aventure qui a entouré la naissance de cette montre mythique qu’est la BLANCPAIN Fifty Fathoms

Bob Maloubier et Stephan Ciejka

Fin 1952 / début 1953, est créée la première unité de nageurs de combat en France. Cette unité est le fruit d’une coopération entre la marine et les services secrets français. Pour la marine, cela deviendra plus tard le « Commando Hubert » quant aux  services secrets, aucun nom n’a réellement été donné. A l’époque on l’appelait le SDEC, créé par, entre autre, Bob MALOUBIER.

Les plongeurs ont besoin d’avoir un minimum de matériel pour mener à bien leurs missions. A savoir : une montre, un profondimètre et une boussole. Pour combler le manque de matériel efficace de l’époque, la montre  BLANCPAIN fût produite.

BLANCPAIN, à l’époque, était une petite maison horlogère Suisse située à Villeret. Son patron d’alors était un passionné de plongée. Il est donc réceptif à la demande de la marine et fait distribuer ses montres par le biais de 2 réseaux différents.

Dans un premier temps, pour les montres militaires, cela incombe au réseau Spirotechnique qui est un fournisseur officiel de la marine. La marine achète par la « Spiro » les oxygers par exemple. La tradition veut que le patron de la Spiro militaire soit un ancien nageur de combat.

Le premier modèle BLANCPAIN Fifty Fathoms présenté à Bâle en 1954

Le premier modèle de BLANCPAIN Fifty Fathoms présenté à Bâle en 1954, un an avant la Rolex Submariner, fait l’objet de deux brevets à savoir :
o un brevet pour le système de blocage de la lunette. Pour la tourner, un certains nombres de ressorts à lames. obligent l’utilisateur à appuyer sur la lunette pour la faire tourner. Dés qu’on lâche, elle se bloque.
o Un fond en deux parties, fait d’une coupelle et d’une bague qui tourne autour. De façon à ne pas abraser le joint torique à l’arrière de la montre, lorsqu’on ressert, l’étanchéité se fait donc beaucoup mieux. Il est tout à fait probable que les prochains modèles de FIFTY FATHOM reprennent ce système de fond.

La série des BLANCPAIN des années 1950, vendues par la marque  via la Spirotechnique, sont toutes signées BLANCPAIN FIFTY FATHOM.

Mais à l’époque, la direction de BLANCPAIN était assez proche de Fred LIP qui était intéressé de distribuer en France. N’ayant pas à leur actif de montres de sport, ils distribuèrent sous la marque LIP BLANCPAIN les montres BLANCPAIN dans le réseau LIP ou plus exactement HBJO.

Modèle LIP

Nous avons ici toute une série de montres qui a été développée par LIP et notamment une en plaquée or. Elle aurait été produite à 20 exemplaires avec des aiguilles dauphines qui sont tout à fait spéciales.

Fifty Fathoms LIP

Question : Qu’est ce que l’on voit à 6 heures ?

Stéphane : tu vois une pastille qui est un détecteur d’humidité. C’est sur le cadran et c’est une particularité.

Détecteur d’humidité.

 

Ici nous avons également une montre qui a été commercialisée par Aqualung, une marque de matériel, l’équivalent de la Spirotechinique aux Etats-Unis.

Une montre commercialisée par Aqualung

Et là, nous avons un modèle un peu plus tardif qui a été commercialisé par Techinisub.

Modèle commercialisé par Techinisub

Beaucoup de gros modèles sont présents, mais il y existait aussi un modèle beaucoup plus petit. Plusieurs variantes existaient donc jusque dans les années 60.

Un modèle MILSPEC a également été développé pour la marine américaine sous deux versions : la MILSPEC militaire et la MILSPEC civile. La différence étant que certaines sont matriculées avec un matricule de réception de la Marine Américaine.

Parmi ces montres, on retrouve deux modèles qui ont été livrés à l’armée pakistanaise. Les pakistanais ont en effet été entraînés par les forces spéciales américaines dans les années 60.

Il y en a même quelques unes qui ont été commercialisées par ABERCROMBIE. qui était à la base un vendeur de matériels de camping. Nous sommes donc très loin de l’univers du luxe dans lequel évolue la marque de nos jours. On était vraiment dans des montres utiles ou plutôt utilitaires.

Nous passons à une troisième génération qui correspond aux montres des années 60, époque durant laquelle il y régnait une espèce de paranoïa autour de l’atome. Aux États-Unis le nucléaire, la bombe H, et la radioactivité faisaient peur en cette période de guerre froide.

C’est à cette époque que l’on découvre que beaucoup de montres sont recouvertes avec du radium. BLANCPAIN a donc dessiné directement sur le cadran la preuve de l’absence de radium dans leurs montres par une petite pastille. Elle est la preuve visible de l’absence de radioactivité. Leurs montres ne contiennent plus de radium mais du tritium qui a une radioactivité beaucoup plus faible. Ils arrivent à en faire un argument commercial et vont mêmes jusqu’à écrire « NO RADIATION ». Ils labellisent ainsi réellement leurs montres. Globalement, il s’est fabriqué à peu près 50 000 FIFTY FATHOM ce qui n’est pas anodin.

Dans les années 70, nous avons une série de BARACUDA qui a été faite par les Bundesmarine et la marine Allemande. Modèle étanche à 1 000 mètres avec une couronne vissée. Sur les allemandes, il y a écrit 3H ce qui signifie que c’est du tritium.

On arrive à la fin des années 70 avec des choses moins esthétiques, tendances de cette époque là…

Une série de BARACUDA

Nous avons ici une LIP BLANCPAIN dans sa boite avec sa garantie d’origine. Elle est de 1961, quasiment neuve.

LIP BLANCPAIN 1961

Pour les 50 ans, BLANCPAIN a fait une série de 50 montres en Europe et 50 montres pour le reste du monde. En fait c’est 50 montres plus 3. Une pour Bob MALOUBIER, une pour Marc HAYEK et une pour… je vous laisse deviner.
Derrière celle de Bob, il y a son nom et son brevet. Montre que Bob nous a prêté pour l’exposition.

Série limitée de 50 montres

Sur cette exposition, nous avons voulu présenter une soixantaine de montres mais nous avons voulu faire aussi quelques hommages.
Le 1er hommage concerne les nageurs de combat français. Avec cette vitrine, nous avons pris une montre du premier modèle, de 1953, avec autour tout le matériel d’un nageur de combat de cette époque. Il y a un allumeur de charge de nageur, nous avons un couteau de combat qui est un couteau amagnétique ce qui est rare, il a y une bouteille d’oxygène pour anoxy57, il y a une planchette, plus une longe. Et la photo avec les 2 nageurs.

Hommage aux nageurs de combat français

Pour rendre hommage au lieutenant de vaisseau RIFFAUD, on retrouve des pattes d’épaule datant des années 50 et l’insigne des Hubert. Il y a divers insignes des sous-groupes des commandos Hubert. Nous avons par exemple des insignes pour la section propulseurs et pour l’unité antiterroriste.
Il y a un brevet de nageur, il y a une fléchette de P11 qui est un pistolet très spécial fabriqué uniquement pour eux et nous avons une plaque qui a été faite pour l’anniversaire en 1997 dont on ne montre pas l’autre côté.

Ici nous avons fait une vitrine Navy Seals. Nous avons une version de BLANCPAIN FIFTY FATHOMS qui est une Tornek Rayville. Pour vendre aux Etats-Unis, il fallait fabriquer aux Etats- Unis. L’importateur de BLANCPAIN s’appelait ALLEN TORNEK. Ces montres ont été livrées dans les années 1967 et ce sont les BLANCPAIN FIFTY FATHOMS les plus recherchées. Ces montres ont été livrées spécifiquement pour les Navy Seals donc on retrouve sur cette montre un M barré que l’on retrouve sur le couteau et sur le masque. Cela signifie qu’il s’agit de matériels amagnétiques.
Le profondimètre que l’on peut voir est aussi amagnétique. Cette photo nous montre Kennedy qui passe en revue les nageurs de combat et on voit qu’un de ces nageurs a au poignet cette montre.
Nous avons donc ici tout le matériel d’époque avec le profondimètre qui est introuvable, le couteau n’est pas facile à trouver, les palmes sont très particulières et au niveau des montres, il y a 5 dans la vitrine sachant que les spécialistes n’en connaissent qu’une dizaine.

Matériel d’époque avec le profondimètre

Tout ce que l’on voit dans ces vitrine et dans cette exposition est d’époque.

Un grand merci à Stephan Ciejka et Thierry GASQUEZ.

4 réponses à “Histoire de la BLANCPAIN Fifty Fathoms”

  1. […] de la Fifty Fathom sur le site de BlanpaiN L’exposition place Vendôme sur le site Les Rhabilleurs Une belle collection de photos de la Fifty Fathoms à travers les ans sur le site des Montres […]

  2. […] Blancpain – « Villeret » 1735, « Villeret Grande Décoration », pièce unique. […]

  3. […] Blancpain – « Villeret » 1735, « Villeret Grande Décoration », pièce unique. 42.000€ […]

  4. […] qui ont fait de Lip une maison horlogère absolument incroyable en son temps (cf. les fameuses Lip Blancpain Fifty Fathoms par […]

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