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Omega Speedmaster “Professional” ST 105.012 : La véritable Moonwatch

Nicolas
Le 26 juin 2018
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Des icônes dont nous ne cesserons jamais de vous parler, et dont il restera toujours une part de mystère, l’Omega Speedmaster possède indéniablement une place de choix. Mais parce qu’il y a bien Speedmaster et Speedmaster, je voudrais vous parler aujourd’hui d’une pièce particulière, cachée derrière la référence 105.012. Une montre que nous vous proposons sur notre shop Joseph Bonnie. Et qui passe avant par une petite étape d’éclaircissements historiques et techniques.

Le choix de la Speedmaster comme “Moonwatch” par la NASA

Pour savoir de quoi l’on parle, il est d’abord obligatoire de se remémorer les choix de la NASA quant à la montre qui allait équiper les missions lunaires.

En 1962, la NASA achète (sans dire mot) une dizaine de chronographes chez diverses marques parmi lesquelles Hamilton, Rolex, Omega ou encore Longines. Deux ans plus tard, elle se recentre finalement sur 6 marques et lance un appel d’offre afin de lui fournir des montres répondant à un cahier des charges d’une grande technicité. Les montres vont aller sur la lune et pas dans la piscine de tonton Maurice à Juan-les-Pins.

Omega Speedmaster Pre-Moon

Apparaissent en 1963 deux pièces d’une importance primordiale. Celle que nous appelons 105.003 une certaine référence, portée dans le vide intersidéral par le grand Ed White, et celle que nous nommerons logiquement “Moonwatch”, qui n’est autre que la référence 105.012 dont je vais (et j’ai déjà commencé) vous parler aujourd’hui.

C’est ici que je dois préciser que même si ces pièces sont celles choisies par la NASA pour exploration spatiale, elles équiperont d’autres missions avant ce mois béni de juillet 1969.

L’histoire de l’Omega Speedmaster ST 105.012

Elle fait indéniablement partie des Speedmaster les plus connues. La raison fait sens, plus que de “simples” missions extra-véhiculaires, elle a fait partie des pièces à s’envoler sur la Lune.

Elle apparaît en 1964, lorsque la production des 105.002 (boitier symétrique) prend fin. Deux nouvelles références prennent alors sa place, d’un côté la fameuse 105.003 “Ed White”, de l’autre la 105.012. C’est bien cette dernière qui diffère en forme des pièces précédentes. En effet, elle voit sa boîte devenir asymétrique, afin de mieux protéger poussoirs et couronne, et par là même éviter tout accrochage fatidique.

Omega Speedmaster ST 105.012

Alors que la 105.003 avait passé les terribles bancs d’essais de la NASA afin d’équiper officiellement les poignets des astronautes du programme Gemini, la 105.012 n’aura pas à souffrir de ces tests. Et c’est elle qui est choisie pour équiper les poignets du programme Apollo initié par notre cher John Fitzgerald Kennedy en 1961. Une histoire de Guerre Froide.

Dans les faits, qui portera cette montre ? Il y a des choses dont nous sommes sûrs, d’autres moins. Mais ça reste solide.

Si vous avez bonne mémoire, vous vous souvenez que c’est Neil Armstrong qui foulera en premier le sol lunaire, suivi de près par Buzz Aldrin. On sait qu’Armstrong était équipé d’une ST 105.012, mais le grand doute plane quant à la montre d’Aldrin, et quant à la première montre a fouler le sol lunaire. L’hésitation sur la montre d’Aldrin penche entre une 105.012 ou une 145.012 (apparue en 1967, possédant des poussoirs vissés dans la carrure et plus long). Le mystère le plus grand provient d’un incident à bord du module. Armstrong aurait indiqué une panne d’horloge de bord, et aurait alors laissé une Speedmaster comme soutien. On ne sait toujours pas de laquelle il s’agit.

Petit guide de l’Omega Speedmaster ST 105.012

Les premières occurrences de 105.012 apparaissent en 1964 sous la référence 105.012-63 et ont une particularité. Celle de ne pas posséder la contremarque “T” autour du “Swiss Made”. La raison est simple, les cadrans ont été produits avant que la législation helvétique rentre en considération à propos de la radioactivité des cadrans lumineux. Au passage, les premiers cadrans possèdent déjà la mention “Professional”, témoin du passage à une nouvelle boite.

Des aiguilles bâton, une trotteuse centrale blanche avec son contrepoids “goutte”, la fameuse lunette tachymétrique “Dot diagonal 70” et le grand mouvement 321 pour animer ce tout.

Les modèle suivants, toujours référencés 105.012-63, verront le “T” apparaitre de part et d’autre du “Swiss Made”.

Les références 105.012-64 et 105.012-65 sont identiques à la référence 105.012-63, à cela près, attention c’est aussi technique que trouver le nombre de batraciens étant nés sur l’île de Sumatra en 1896, que le pont de bascule d’embrayage devient asymétrique pour toutes les occurrences. Je vous avais dit. 

En clair, les premières productions de références 105.012-63 seront équipées du 321 dit “Transitional” avec le pont symétrique, mais plus par la suite.

Omega Speedmaster ST 105.012 - Lifestyle

La seule référence présentant quelques véritables différence sera la dernière fournée de 105.012 produite, référencée 105.012-66, et possédant un fond à biseau simple par rapport aux modèles précédents. De surcroît, certains modèles sont équipés avec des boitier signés “CB” pour “La Centrale Boites”, entreprise ayant fourni les boitiers des Speedmaster pour Omega pendant quelques temps, et se distinguent par des anses un peu différentes avec leur petit décrochement.

Voilà, je pense que vous savez maintenant pas mal de choses.

La pièce que nous avons trouvé pour notre shop Joseph Bonnie est une référence 105.012-65. Essayez de regarder les quelques points discutés dans cet article, histoire de vous faire la main. C’est en forgeant que l’on devient forgeron.


Comme d’habitude, la bible qu’est le “Moonwatch only” aura été un allié fidèle. Merci Grégoire et Anthony.