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Montres Difor : Les Sixties, cet âge d’or de l’horlogerie

Jérôme
Le 10 avril 2018
V

Vous avez certainement pu remarquer au fil de désormais nombreuses publications présentes sur ce site, notre attachement tout particulier aux montres des années soixantes. Guilty. Il n’est d’ailleurs pas rare de nous voir affublés de dénominatifs aussi manichéens qu’imagés, nous définissant comme des “Talibans du Vintage”. Oui et non. Même s’il y a sans doute un peu de vrai la dedans, je dirais, prêchant pour ma paroisse, que nous sommes simplement sensibles à un raffinement et à un équilibre des proportions qui à cette époque étaient sans doute davantage la norme.

Je vous dis cela car je vais aujourd’hui illustrer mon propos avec une montre particulière qui ne provient pas des tiroirs d’une grande manufacture et qui pourtant a tout d’une grande. D’une très grande même…

Voici un chronographe de plongée de la marque Difor Suisse et son calibre roue à colonne Valjoux 92. Une très belle découverte.

Difor : Un petit bout d’histoire

Difor Suisse n’est pas une maison suisse, même si de nombreux composants utilisés dans la fabrication de cette montre proviennent évidemment de confédération helvétique. Difor, contraction de DIFfusion hORlogère était en réalité une société française de Besançon, spécialisée dans la vente de montres par correspondance.

Née à Besançon à la sortie de la Seconde Guerre mondiale, la société s’est réellement aventurée dans tous les domaines de l’horlogerie : on y trouve, commercialisés sous les marques Difor, Difor Besançon ou Difor Suisse, aussi bien des pendules de cuisine, des réveils et bien évidemment tout un tas de montres bracelets.

Difor Suisse - Chronographe Circa 1960's - Wrist

Difor était donc un assembleur français emboîtant aussi bien des mouvement français que suisses et qui connu son apogée au cours des années 60, durant lesquelles la marque fut le regroupement d’une petite dizaine de sociétés horlogères de la région. La société sera en partie reprise par Maty, son principal concurrent, en 1982.

Difor Suisse : Un grand bout de design

Un “petit” nom de l’horlogerie aujourd’hui disparu, mais qui lorsqu’on prend en main l’une de ces pièces, ne trompe pas. Difor faisait les choses bien. Il est bien quasiment impossible aujourd’hui de savoir qui s’occupait à l’époque du développement produit et des designs, mais ce qui est certain est que cette personne avait du talent.

Difor Suisse - Chronographe Circa 1960's

De très belles réalisations sortiront de leurs ateliers de Besançon, dont une montre de plongée étanche à 1000m sans couronne vissée, des chronographes compax ou uni-compax et même des montres à quantièmes complets, aux designs souvent réussis.

La montre que nous avons entre les mains aujourd’hui est un chronographe de plongée uni-compax étanche à 150m à l’état neuf, équipé d’un mouvement Valjoux 92 et sa roue à colonnes. Les 37mm d’ouverture de cette boîte anguleuse et virile à la large couronne de remontoir n’est pas sans rappeler celle d’une Aquastar.

En terme de design, j’aimerais attirer votre attention sur les choix et les proportions très harmonieuses du cadran et de la lunette. La lunette est en acier, minuterie gravée avec chiffre arabes toutes les 5 minutes. La graduation des minutes supplémentaires est également gravée et peinte de couleur rouge.

Le cadran noir mat s’habille d’aiguilles alpha, de deux sous-compteurs, d’index triangulaires à 1, 5, 7 et 9h ainsi que de chiffres arabes d’une police de caractère très fluide et graphique à 2, 4, 6, 8 et 10h.

Difor Suisse - Chronographe Circa 1960's - Wrist

C’est beau, proportionné, abouti. On voit que quelqu’un a passé du temps sur le design et le choix des finitions. Il est certain que de trouver pareille pièce dans un état réellement neuf de stock des années 60 renforce encore davantage cette impression.

Morale de cette histoire ?

C’est simple, cette montre que je trouve absolument magnifique nous prouve encore une fois l’ampleur de l’offre et sa qualité lorsqu’on ne s’arrête pas simplement à un nom sur un cadran. La preuve qu’un soupçon d’humilité dans sa quête horlogère n’est qu’une porte ouverte vers un maximum de plaisir et de belles découvertes. Difor ne sera jamais un grand nom pour le commun des mortels, et pourtant lorsqu’on passe cette pièce à son poignet, il se passe un vrai truc, un certain je ne sais quoi qui fait que l’on préférerait ne pas l’enlever. Je crois que ça s’appelle l’émotion…

Si à la lecture de cet article certains d’entre vous se mettent en quête de cette pièce mais voient déjà couler le long de leurs joues des larmes chaudes car aucune pièce similaire n’apparait dans leurs recherches sur la baie ou Leboncoin, pas de panique, quelque chose me dit qu’elle pourrait bien faire son apparition prochaine chez Joseph Bonnie… Evidemment je ne vous ai rien dit.

 

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