TUDOR NORTHFLAG : LE RETOUR La montre d'exploration désormais GMT !
Nous avions eu le plaisir, lors de l’édition 2015 de (feu) le salon Baselworld, de découvrir une pièce qui ne ressemblait à rien d’autre dans le catalogue Tudor : la Tudor Nortflag. Surtout, elle abritait le premier mouvement développé et produit par la marque : le calibre MT5621. Un premier pas tout à fait significatif, qui avait pour objectif de rendre plus indépendante le nom déposé en 1926 par Hans Wilsdorf.
Déjà à l’époque, son identité rappelait celle de la Tudor Ranger II des années 1970. Mais avant de parler de détails et de design, il faut remonter au début des années 1950, et au grand froid du Groenland, pour trouver l’origine de cette lignée.
Groenland, 1952 : l’épreuve du froid
British North Greenland Expedition : voilà le nom du grand voyage scientifique qui s’étend alors de Thulé à l’Ouest du Groenland, jusqu’aux territoire Queen Louise Land à l’Est. Du très beau monde était présent, notamment Stan Paterson, glaciologue de renom dont les études ont beaucoup apporté sur le comportement des glaciers. Cette expédition était aussi une démonstration de la capacité logistique anglaise de mener à bien une mission de deux ans sur un terrain peu accueillant. En résumé : cette expédition a longtemps servi.



En 1951, le commandant James Simpson part faire du repérage avec quelques personnes, afin de préparer le départ de 1952. On ne sait pas vraiment comment la rencontre entre Tudor et les membres de l’expédition s’est faite, mais Hans Wilsdorf veut que ses montres soient présentes pendant les deux années d’expédition, et que les équipes sur place puisse jouir de leurs qualités et en profiter pour leur faire quelques retours. La montre est alors un outil nécessaire et pratique, devant pour fonctionner au mieux s’adapter aux conditions de froid des lieux. Quel meilleur test de longue durée et moyen de communiquer sur la robustesse et la fiabilité des Tudor Oyster Prince que cette expédition ?



On met donc aux poignets de certains des hommes de l’expédition des Tudor Oyster Prince. Un boitier en acier Oyster de 34 mm de diamètre, un cadran simple et lisible avec renfort de matière luminescente, une seconde centrale et pas de date. Ces montres allant affronter un froid parfois en dessous des -50° Celsius, jusque -66° pour être précis, il fallait également les huiler différemment pour éviter un effet du froid sur l’huile qui serait catastrophique pour la précision de la montre.
Voilà une des origines de la Tudor Ranger, dont les premières datent du début des années 1960, 1963 pour être plus précis. Cette montre aura quelques évolutions, dont la plus notable se produit au cours des années 1970. Certains signes de cette Ranger originelle (aiguilles, chiffres arabes) se retrouvent aujourd’hui dans la nouvelle Tudor Northflag.
TUDOR NORTHFLAG : LES ORIGINES
Comme certains d’entre vous le savent peut-être, le Ranger Oyster Prince n’était pas le seul Ranger de l’histoire de Tudor. Il y avait en fait un successeur à cette montre élégante et outil : la référence Ranger II 9111/0. Née dans les années 1970, au milieu de la tendance naissante des montres de sport de luxe en acier avec bracelet intégré, cette montre utilisait les codes de cette époque. Un boitier tonneau, une lunette importante, un bracelet métallique intégré au boitier avec de larges maillons.


Cependant, il y a deux faits intéressants ici. Le premier est le lien avec l’ancien Ranger “phase 1”. Même si elles sont modifiées et plus nettes, les aiguilles utilisent les mêmes inspirations et le cadran utilise des chiffres arabes à midi, six et neuf heures. Peu d’informations peuvent être trouvées sur cette montre assez rare, mais nous pouvons supposer que le concept derrière la Ranger (montre simple robuste pour survivre dans la plupart des conditions) a été conservé, mais largement ré-exécuté avec les codes des années 1970.
TUDOR NORTHFLAG : UN PREMIER RETOUR
La Tudor Northflag fait donc son grand retour en 2015, et elle ne présente pas seulement un design actualisé de la montre des années 1970, mais elle présente le premier calibre de manufacture Tudor.



On la reconnaissait alors immédiatement par son cadran noir, d’où se détachait parfaitement bien la trotteuse jaune lollipop et l’échelle de réserve de marche à neuf heures. Aussi on remarquait alors les index des heures en format de bloc, avec les chiffres arabes à midi et six heures, que survolaient des aiguilles larges dont une des heures à l’extrémité en forme de « pelle ».
LE GRAND RETOUR DE LA NORTHFLAG EN 2026

Une montre annoncée le 1er septembre 2026, qui reprend la silhouette du modèle de 2015 avec un certain nombre de changements, notamment au niveau de l’épaisseur : nous passons de 13,4 mm à 12,7 mm. Ce détail a toute son importance, tant pour le confort une fois la montre au poignet que pour la complexité technique que représente la réduction de cette épaisseur. On retrouve une lunette fixe en acier inoxydable aux finitions satinées et polies, un verre saphir bombé et une étanchéité à 100 m.
Le cadran conserve ses touches de jaune et ses chiffres arabes en céramique monobloc à midi et six heures, les autres index étant de forme « bâton », mais présente un tout nouveau visage. Tout d’abord, si le modèle de 2015 affichait une réserve de marche à neuf heures, cette dernière a été supprimée, mais nous gagnons au change ! On découvre en périphérie du cadran un rehaut gradué sur 24 heures. Celui-ci sert d’échelle à une aiguille GMT jaune centrale qui indique un second fuseau horaire, ou qui vous permettra d’un point de vue spéléologie de faire la différence entre le jour et la nuit. Aussi, et puisqu’il s’agit d’un GMT « voyageur », vous pourrez en première position de couronne directement faire sauter l’aiguille de l’heure locale. Outre cette aiguille jaune de GMT, on retrouve une des signatures de la Northflag (héritée de la Ranger II) à savoir une aiguille des heures en forme de « pelle ». Comme toute bonne montre orientée exploration, on y trouvera une date à trois heures.



À l’intérieur, on trouve le calibre manufacture MT5652-U, qui nous offre après remontage complet 65 heures de réserve de marche. Il est certifié Master Chronometer par le METAS. Si le COSC tolère une variation moyenne de marche journalière de −4 à +6 secondes sur un mouvement seul, Tudor applique une tolérance de −2 à +4 secondes sur la marche de la montre entièrement assemblée. Le METAS, lui, exige qu’une montre certifiée Master Chronometer fonctionne dans un intervalle de tolérance de 5 secondes (0/+5). Le calibre manufacture MT5652-U est donc non seulement certifié plus précis, mais aussi résistant aux champs magnétiques jusqu’à 15 000 gauss. Les tests du METAS imposent également des essais en profondeur de la réserve de marche et de l’étanchéité.

Enfin, pour terminer avec simplicité, on trouve un nouveau bracelet intégré, ce qui est une signature cruciale de la montre, en acier, qui se règle sans outil grâce au fermoir T-fit. Il est plutôt léger, les maillons sont fins et simples en forme de « H ».
La nouvelle Tudor Northflag est proposée au prix de 5 050 €. Une pièce que nous apprécions parce qu’elle nous fait quitter ce que nous connaissons chez Tudor entre les Black Bay, les Pelagos ou les Royal (que nous adorons) pour explorer un chapitre de son existence, et nous mettre entre les mains une monter au visage unique, pratique par sa complication GMT, et impeccable quant à ses finitions et son calibre.



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