ROLEX PERPETUAL PADELLONE Un calendrier annuel innovant chez Rolex
Rolex vient tout juste de nous surprendre en présentant une nouvelle montre dans sa collection Perpetual : la Rolex Perpetual Padellone. Un tout nouveau calibre 7190 pour un mécanisme inédit de calendrier annuel, qui vient en trois variations. La possibilité pour Rolex de quitter sa sphère sportive pour se concentrer sur des lignes qui ont aussi fait son histoire, et se placer très haut en matière de recherche et développement derrière une apparente simplicité.
Il y aura dans cet article trois chapitres. Le premier pour vous parler d’historique de complications de calendrier et phases de Lune chez Rolex, le deuxième pour vous parler de la complication de calendrier annuel. Enfin le troisième pour vous présenter la montre, sous toutes ses cannelures.
ROLEX, CALENDRIER ET PHASES DE LUNE
La première montre Rolex à phases de Lune n’est autre que la référence 8171, qui sera produite d’environ 1949 à 1952, et dans des déclinaisons différentes en acier, or jaune et or rose. Cette référence, si elle dévoile une phase de Lune à six heures, offrait aussi un triple calendrier et fut renommée “PADELLONE” par certains collectionneurs italiens, à savoir une grande poêle à frire : pas étonnant avec son diamètre de 38 mm, assez impressionnant pour l’époque.



L’autre montre Rolex à phases de Lune est la référence 6062, qui contrairement à la référence 8171 bénéficie d’un fond de boitier Oyster vissé, et est un peu moins large avec 36 mm de diamètre : il s’agit de la première montre-bracelet automatique avec date et phase de lune à posséder un boîtier étanche. Elle sera produite de 1950 à 1953 mais on la trouvera tardivement dans le catalogue Rolex jusque la fin des années 1950.



Petite anecdote « people », quelques personnalités appréciaient (et apprécient toujours) porter la référence 8171 « Padellone », notamment le dernier souverain de Grèce, le roi Constantin II, roi des hellènes de 1964 à 1973, ou encore Karl Lagerfeld et Nicolas Cage.
LA COMPLICATION DE CALENDRIER
Quand on parle de calendrier, il faut différencier au moins trois éléments. Tout d’abord le calendrier simple, qui peut s’apparenter à une date, un jour date, et même un jour date mois. Cependant ce calendrier simple fonctionne sans différencier la taille des mois, dont vous devrez vous charger manuellement.
Le calendrier annuel, lui, va plus loin. Il introduit en effet une mémoire mécanique, en sachant faire la différence dans les tailles de mois, à l’exception de l’année bissextile où le mois de février compte 29 jours à la place de 28.
Enfin, on trouve « le plus compliqué », à savoir le calendrier perpétuel qui lui restera précis le plus longtemps possible en prenant en compte l’année bissextile.
Tout cela pour vous dire que c’est bien le calendrier annuel qui a été choisi par Rolex comme innovation pour la nouvelle Perpetual Padellone.
ROLEX PERPETUAL PADELLONE
Cette nouveauté prend place dans la famille Perpetual lancée en 2023, avec une vocation de montres plus classiques dans l’héritage Rolex, et qui accueillait jusqu’à aujourd’hui la collection 1908 aussi présentée en 2023. Comment ne pas aussi penser à la Rolex Cellini référence 50535 présentée en 2017 (et discontinuée en 2023) qui était alors l’unique montre Rolex avec une fonction astronomique.


La nouvelle Rolex Perpetual Padellone nous offre le retour de la complication de calendrier chez Rolex, avec un calendrier annuel, mais pensé à la façon de Rolex. A savoir un grand développement pour arriver finalement à ajouter au mécanisme de date l’information de mois avec deux pièces mobiles seulement, un savant jeu de dents et de doigts. Rien de plus.

ROLEX PERPETUAL PADELLONE : BOITIER
Le boitier de cette nouveauté présente des proportions contenues, à savoir un diamètre de 39 mm pour une épaisseur de 12,20 mm. Sa lunette est étonnante, car à la fois bombée mais aussi cannelée, une signature historique.


Au dos, et comme cela est aussi le cas de la collection 1908, on peut apprécier l’ajourage de la masse oscillante en or 18K et quelques belles côtes de Genève à travers un fond transparent. Et si vous vous demandiez les petites ouvertures sur la tranche de carrure, elles vous serviront de correcteurs pour aller plus vite lors de la mise à l’équerre de la date, du jour, du mois et de la phase de Lune.
ROLEX PERPETUAL PADELLONE : CADRAN
Le cadran de cette nouvelle Padellone nous offre une double finition. D’un côté et en majorité une finition grenée qui présente cette légère texture, mais davantage une finition satinée au niveau de la minuterie, minuterie d’ailleurs classique puisque chemin de fer, et qui vit en collocation des décalques noires de la date. Une date vous l’aurez compris centrale, à l’aide d’une fine aiguille bleue dont l’extrémité se termine par un petit croissant de Lune.

Le tour d’heure est lui composé d’appliques facettées en or 18K, sauf à trois et neuf heures où des chiffres arabes, toujours en appliques et en or, s’expriment. Puisque l’on parle ici de calendrier annuel, nous trouvons à midi deux guichets nous offrant les informations du jour de la semaine et du mois. La pièce maitresse du cadran n’est autre que la large phase de Lune à six heures, qui ne se cache pas, et où l’on peut découvrir la pleine lune et la nouvelle lune en inserts de météorites, dont une prend des accents bleus, dans un bain d’étoiles argentées.


Deux cadrans sont à l’honneur dans les trois déclinaisons présentées, à savoir un cadran blanc intense, réservé au boitier or Everose, et un cadran bleu glacier, classiquement réservé aux boitiers en platine chez Rolex.
ROLEX PERPETUAL PADELLONE : LE CALIBRE
Contrairement à un mécanisme de calendrier annuel « classique » comme celui introduit par Patek Philippe dans les années 1990, toute la beauté de ce nouveau calibre 7190, repose sur le petit nombre de pièces (deux entités au total) qui ont été ajoutées au mécanisme de date pour présenter le mois en calendrier annuel.
Au cœur de la Padellone bat (à 36.000 alternances par heure) le calibre 7190, protégé par 30 dépôts de brevet dont deux exclusifs. Il puise son architecture sur le calibre 7135 que l’on découvrait avec la Land-Dweller en 2025. Il faut à mon sens retenir deux éléments quand on parle de ce cadran, à savoir le système Haplos (sur lequel repose toute l’innovation de calendrier annuel) ainsi que le système d’échappement Dynapulse.

Le système Haplos, du grec haplôs signifie « simplement », « franchement » ou « sans détours ». C’est tout à fait l’idée ici.
Ce dernier a évidemment fait l’objet d’un dépôt de brevet et est constitué de deux composants, dont un doigt entraîneur supplémentaire et un levier annuel, qui viennent collaborer avec le mécanisme de date. L’autre beauté, cette fois visible, se rapporte au changement de date, de jour, de mois, et parfois les trois en simultané, de manière instantané, sans latence, grâce à un système de ressorts lames.


D’un autre côté, l’échappement Dynapulse a lui été pensé pour rendre optimale au la transmission de l’énergie du barillet à l’oscillateur, qui je le rappelle est ici un balancier. Un échappement à distribution séquentielle, dont on ne se lasse pas de la dance, sans toutefois tout comprendre au premier coup d’œil. Un échappement efficace par sa légèreté et l’emploi de silicium pour les roues de distribution, et qui par leur construction permet de diminuer grandement les frictions, diminuant ainsi la consommation d’énergie (pour une réserve de marche de 66 heures, tout de même), et garantissant une belle précision. D’un autre côté, la haute-fréquence permet ici d’encaisser davantage les chocs. Enfin, et puisque l’on sait que les champs magnétiques et les variations de températures seraient détestables pour une montre aussi précise, le spiral est réalisé en Syloxi (Rolex et ses noms !), propre à Rolex et amagnétique.
Tout ces efforts, entre autres, pour garantir une précision habituelle du Superlative Chronometer de -2/+2 secondes par jour.
ROLEX PERPETUAL PADELLONE : DISPONIBILITÉS ET PRIX
Les nouvelles Rolex Perpetual Padellone arriveront chez vos distributeurs favoris à partir du mois d’octobre et sont proposées à partir de 47743€ (hors taxes, soit un peu plus de 57.000€) pour la version Everose sur bracelet alligator marron et déployante en or everose, 58932€ (HT) pour la sublime version équipée du bracelet « Settimo »‘ en or everose, et enfin 53628€ (HT) pour la version platine 950.
On n’attend pas Rolex sur ces territoires. Et pourtant. La marque aime le compliqué, le technique qui ne se dévoile pas au premier regard (comme en témoignent Yacht-Master II et Sky-Dweller), qui plus est, la marque à la couronne a connu dans son histoire des complications calendaires. C’est tout le paradoxe de Rolex, l’industriel ne veut pas dire l’absence de haute qualité et de haute performance, et c’est bien le cas ici.

J’aime ce lancement, en plus de l’esthétique générale de la montre, pour l’innovation de simplification du calendrier annuel avec moins de pièces, et davantage de performances. Rolex a été chercher l’essence de la fonction pour donner à la fin une montre élégante mais haute fréquence, une montre compliquée mais simplifiée dans ses éléments.



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