JAEGER-LECOULTRE : THE COLLECTIBLES #6 Une collection de 12 montres historiques, dont 7 Reverso
Douze pièces de musée à Londres
Il y a quelque chose d’assez vertigineux à se dire qu’une maison horlogère peut, chaque année, sortir des montres de ses ateliers, après les avoir trouvées à travers le monde et chacune avec leur histoire spécifique. C’est exactement ce que fait Jaeger-LeCoultre avec son programme The Collectibles, dont la sixième capsule vient d’être annoncée. Douze montres, sélectionnées parmi le fonds patrimonial de la Manufacture, achetées à travers le monde, restaurées dans son propre atelier, puis proposées à la vente aux collectionneurs. Cette année, direction Londres, une première pour l’exposition.
Le choix de la capitale anglaise n’a rien d’anodin. En juin, la ville entre dans sa fameuse « saison », cette parenthèse entre le printemps et l’été où se concentrent les grands rendez-vous mondains, culturels et sportifs britanniques. Un terrain de jeu logique pour une sélection qui, cette fois, tourne largement autour d’une icône : la Reverso.



Le programme The Collectibles, en substance
Avant de parler des pièces elles-mêmes, un mot sur le programme. The Collectibles, c’est la structure interne que Jaeger-LeCoultre a mise en place pour rechercher, restaurer et remettre en vente des montres rares produites entre le milieu des années 1920 et le début des années 1970. Au total, dix-sept références emblématiques ont été identifiées pour ce travail patrimonial, de la Duoplan à la Reverso en passant par la Geophysic, la Futurematic ou la Memovox Polaris. Ce qui distingue vraiment la démarche, c’est que la restauration se fait en interne, dans un atelier dédié directement intégré à la Manufacture, ce qui reste assez rare dans l’industrie. Dix maîtres horlogers y révisent les mouvements, reconstruisent à la main les composants manquants et partent en quête des pièces d’origine dans les archives de la maison, tout en évitant l’écueil classique de la restauration trop propre : ils conservent la patine, ce supplément d’âme qu’une montre développe avec le temps et qu’il serait absurde de vouloir gommer.
REVERSO : Un dessin Art déco
Le cœur de cette sixième capsule, ce sont sept Reverso qui, mises bout à bout, dessinent l’histoire de la ligne de 1931 jusqu’au début des années 2000. On connaît l’origine du modèle, pensé à l’origine pour encaisser les chocs sur les terrains de polo, mais ce qui frappe ici, c’est de voir à quel point la Reverso s’est réinventée sans jamais renier son dessin Art déco.
Pour commencer, deux montres de 1931. Un modèle homme et un modèle dame, qui possèdent tous les deux ce style très particulier et très assumé par la Maison à l’époque, notamment avec ces cadrans noirs qui furent même décrits dans le catalogue « Spécialités horlogères » de 1934 comme des cadrans du « futur ». Il est vrai qu’à cette période, les cadrans blancs et argentés étaient beaucoup plus fréquents et adoptés par les marques.
Nous retrouvons ensuite une Reverso Central Seconds de 1938, surnommée à l’époque la « Doctor’s Reverso » : sa trotteuse centrale évolue sur une échelle graduée par intervalles de cinq secondes, pensée pour faciliter la prise de pouls. Un détail fonctionnel qui a suffi à lui donner son surnom et qui montre bien comment la ligne a toujours su marier élégance et usage concret. Elle intègre son mouvement d’origine, le calibre Jaeger-LeCoultre 411, et son bracelet en cuir noir à motifs lui sied à merveille !

JAEGER-LECOULTRE REVERSO : La relance
C’est un véritable pari de croire qu’en 1972, en rachetant 200 boîtiers inutilisés à la maison Jaeger-LeCoultre, Giorgio Cervo (distributeur officiel de Jaeger-LeCoultre sur le marché italien) arriverait à les épuiser en seulement un mois. Et pourtant, ces 200 exemplaires ont permis de démontrer que cette icône possède un charme intemporel, malgré l’époque charnière que vivait le monde de l’horlogerie.
Une montre dotée d’un cadran argenté et d’une boîte en acier, qui est évidemment toujours animée par le calibre mécanique à remontage manuel 840.

REVERSO ET fonds en verre saphir
Notre chapitre Reverso se termine sur deux pièces plus récentes, mais qui ont toute leur importance, car à partir des années 1990, nous retrouvons chez Jaeger-LeCoultre un véritable regain d’intérêt pour l’horlogerie mécanique. Avec la Reverso Sun Moon notamment, nous retrouvons toute la technicité présente sur le cadran, avec certaines indications astronomiques : un disque rotatif de 24 heures qui indique la course du soleil (comprendre la distinction entre le jour et la nuit), complété par une phase de Lune à six heures et dans un autre domaine un indicateur de réserve de marche à onze heures. Animée par le calibre 823, elle offre un mélange technique et raffiné, appuyé par un verre saphir au verso qui dévoile son mouvement.
C’est la meilleure transition pour continuer sur le sujet du verre saphir, car nous terminerons cette capsule par une Reverso Art déco de 2003 au délicieux cadran « saumon ». Comme nous pouvons le voir sur le verso de la montre, l’élégant mouvement est décoré et squeletté, avec des vis bleuies et des ponts gravés à la main, raison pour laquelle la manufacture n’arrivait à sortir qu’une dizaine de pièces tous les ans. Animée par le calibre 822, descendant d’une ligne lancée en 1995, elle est, tout comme l’autre modèle, accompagnée d’un bracelet en cuir fait main par le célèbre bottier argentin Casa Fagliano.



Sept modèles de Reverso qui nous permettent aisément de mesurer, en une capsule, tout ce qu’a pu vivre la Reverso comme évolution.
Cinq autres façons de marquer l’histoire
Nous avons le plaisir de vous présenter les cinq créations qui complètent cette sixième édition « The Collectibles ».
Nous y retrouvons une montre Triple Calendar de 1946, un affichage que Jaeger-LeCoultre a mis en place en 1942, ce qui est d’ailleurs l’une des toutes premières fonctions pensées spécifiquement pour la montre-bracelet produite en série.

Comme vous le savez, chez Les Rhabilleurs, nous possédons un véritable engouement pour les poinçons. Sur cette montre de 35 mm de diamètre, qui reprend parfaitement les codes des montres d’inspiration militaire pour une parfaite lisibilité, et qui a été réalisée en or jaune, nous retrouvons un poinçon d’Edmond Jaeger, car elle a été fabriquée dans ses ateliers parisiens.
Continuons avec une Duoplan coulissante de 1956, modèle qui avait pu être mis en vedette l’année dernière pour la cinquième édition. Nous vous invitons par ailleurs à voir notre entretien avec Matthieu Sauret, directeur de l’héritage Jaeger-LeCoultre, qui nous avait fait le plaisir de partager ses mots et sa grande maîtrise de l’histoire horlogère Jaeger.



Pour rappel, le calibre Duoplan, né en 1925, est une véritable révolution sur le plan technique et esthétique, grâce à son architecture rectangulaire à deux niveaux qui permettait d’intégrer des composants plus grands et plus robustes.
Changeons de style avec une Memovox Parking de 1958, à l’affichage breveté permettant de régler une alarme de stationnement. Vous saurez apprécier le petit « P » bleu sur son cadran, histoire de ne pas payer d’amende !



Nous découvrons également une deuxième Memovox qui contraste volontairement avec la sophistication et la technique qu’elle abrite : cette Memovox Automatic Calendar en acier, référence E855, possède toutes ses pièces d’origine, ce qui est peu courant sur une pièce vintage soixante ans après sa sortie d’atelier.
Mais ce qui lui donne une caractéristique intéressante, au-delà de son côté technique, c’est son bracelet à cinq rangs fabriqué par le célèbre atelier Gay Frères, comme en témoigne ce discret poinçon chamois, propre à l’atelier.



Pour finir cette sixième édition, héritière du modèle mythique Geophysic, regardons attentivement cette belle Geomatic référence E560 de 1970, qui fait partie d’une série limitée à seulement 200 pièces et qui embarque le calibre automatique K8883S, certifié chronomètre. Une montre pensée pour les puristes de la précision, avec un mécanisme stop-seconde et une date sautante.

Présentée du 15 juin au 18 juillet dans la boutique Jaeger-LeCoultre de Londres (13, Old Bond Street), la sixième capsule The Collectibles a rencontré un vif succès : toutes les pièces ont été vendues. Pour découvrir l’ensemble de la collection, rendez-vous sur le site de la marque.



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