Il y a un troisième salon satellite de Watches and Wonders dont nous devons parler : l’hôtel Beau Rivage, qui n’a malheureusement pas de site internet officiel. Plus qu’un salon, il s’agit en réalité d’un rassemblement de marques de tous horizons dans le célèbre hôtel au bord du lac, qui accueille depuis quelques années des événements horlogers parallèlement au salon de Palexpo, et chaque édition est unique. C’est aussi, à mon humble avis, l’événement le plus axé sur les professionnels à Genève en dehors de Watches & Wonders, car il est entièrement dédié aux rencontres B2B. Chaque année, il attire une vague de nouvelles marques qui optent pour son cadre plus intimiste et serein loin des allées animées de Palexpo, de Chronopolis et, dans une certaine mesure, de Time to Watches.
Que se passe-t-il exactement au Beau Rivage ?
Chaque avril, généralement pendant toute la semaine où se tient le salon Watches & Wonders, l’hôtel Beau Rivage accueille plusieurs marques qui s’installent dans les suites réparties sur plusieurs étages de l’édifice historique. Lorsque je me suis rendu pour la première fois à Genève en 2024, le Beau Rivage était l’endroit incontournable où toutes les personnalités célèbres et branchées de l’industrie horlogère se retrouvaient dans le hall, le café et le restaurant de l’hôtel, tandis que de nombreuses marques indépendantes plutôt populaires exposaient au rez-de-chaussée dans de grandes salles qui attiraient beaucoup de trafic. L’année suivante, les marques étaient moins nombreuses, car beaucoup s’étaient installées au salon Time to Watches, à l’extérieur de Palexpo ; pourtant, les suites étaient toujours pleines. Cette année, le rez-de-chaussée était en grande partie fermé pour cause de travaux, et l’action se déroulait principalement aux étages, à l’abri des regards curieux des clients de l’hôtel.
Cette année, l’ambiance au Beau Rivage était donc particulièrement calme, car seuls ceux qui avaient rendez-vous avec des marques, ou qui savaient qu’elles se trouvaient à l’hôtel, s’y rendaient et empruntaient les minuscules ascenseurs pour rejoindre les deuxième, troisième ou cinquième étages, ce dernier étant le plus fréquenté en 2026 avec une trentaine de marques réparties dans des salles individuelles ou communes, ainsi qu’un grand espace ouvert accueillant une grande variété de maisons horlogères. Et c’est là une particularité des maisons exposant au Beau Rivage : elles sont variées, tant en termes d’histoire, de design, de gamme de prix que de distribution internationale, et on y trouve un peu de tout, encore plus, je dirais, qu’au salon Time to Watches dont j’ai parlé plus tôt cette semaine. On se rend donc au Beau Rivage avec une idée bien précise en tête, et c’est justement ce qui fait tout son charme. Là-bas, on ne tombe pas sur une marque par hasard, on y est allés exprès pour la voir exprès.
Quelles marques étaient au Beau Rivage en 2026 ?
Lorsque je suis entré pour la première fois dans le hall de l’hôtel cette année, et après avoir constaté que la majeure partie du rez-de-chaussée avait été fermée, j’ai été agréablement surpris de voir, près des ascenseurs, un grand panneau présentant les marques exposées dans l’hôtel, et de constater qu’un grand nombre d’entre elles occupaient le cinquième étage. Et du rez-de-chaussée au dernier palier de l’hôtel, on pouvait voir des marques telles que Doxa, Benrus, Z.R.C., Delma, Vanguart, Sherpa, Holthirinch et bien d’autres, mais toutes de taille relativement modeste et toutes indépendantes, pour autant que je puisse en juger. Il y avait même quelques nouveaux venus à Genève, par exemple la West End Watch Co., dont le marché principal est l’Inde et les anciennes colonies britanniques, ainsi que Isotope et ses modèles futuristes, et Earthen Co. la marque de montre en céramique de Hong Kong. Il y avait donc un large éventail de marques et de nombreuses montres intéressantes à découvrir.
Quelques coups de cœur au Beau Rivage
Pour la deuxième fois de ma carrière, mais pour la première fois à Genève, j’ai eu l’occasion de m’entretenir avec Michiel, fondateur et propriétaire de Holthirinch, une marque néerlandaise spécialisée dans les montres avant-gardistes aux allures d’objets de science-fiction, dotées de boîtiers en titane imprimés en 3D dont les cornes s’inspirent des éléments décoratifs de l’architecture Art déco, de cadrans en cuivre fabriqués à la main, et désormais de calibres conçus et assemblés en interne. En seulement 10 ans, Holthirinch s’est imposée comme un acteur unique sur la scène horlogère indépendante et ses dernières créations, les LAB Series 1.S et 1.GMT, ainsi que son prochain calibre HW-M02, promettent de vous faire tourner la tête. Les premières sont proposées à partir de 5 900 €, mais bon sang !
À l’autre bout du spectre horloger, on retrouve Benrus, la marque militaire historique qui a fait un retour en force ces dernières années. Après la montre de terrain DTU-2A/P fidèle à l’époque et la Type 2 MIL SPEC des Forces spéciales américaines, la marque suisse-américaine vient de lancer sa collection la plus ambitieuse à ce jour : la réédition de son chronographe militaire à triple-registre emblématique de 1940, le Sky Chief, que la marque a intelligemment recréé dans un format presque identique à l’original avec un boîtier de 36 mm de diamètre (contre 35mm). Animée par un mouvement ETA 2894 certifié COSC et dotée d’un verre saphir à double dôme, la Sky Chief est une réédition fidèle de l’original et une perle rare dans le monde horloger actuel, qui se vend au prix de 3 469 CHF hors taxes.
Tout comme pour Chronopolis et Time to Watches, ma visite à l’hôtel Beau Rivage a également été l’occasion de découvrir de nouvelles marques, ou plus précisément, de prendre en main des modèles dont j’avais entendu parler mais que je n’avais jamais vus auparavant et que j’étais curieux de découvrir. L’une de ces marques est Delma, l’une des nombreuses marques suisses indépendantes dont on parle peu. J’ai été agréablement surpris par leur nouvelle montre de plongée la Shell Star 41 mm, qui se distingue par son look unique, sa construction solide, son calibre Sellita SW200-1 et son étanchéité à 200 mètres, le tout pour 1 300 € avec un bracelet en acier inoxydable. J’ai également découvert sa marque sœur, Delbana, qui propose plutôt des montres élégantes pour le quotidien, mais non moins intéressantes.
Enfin, il y a l’une des marques que je tenais absolument à voir, comme chaque année : Doxa. Occupant toujours l’un des plus grands espaces du Beau Rivage, la marque suisse attire de nombreux journalistes, dont beaucoup se rendent à l’hôtel uniquement pour la rencontrer. Parmi les nouveautés de cette année figure la nouvelle SUB 200 II, une version plus grande de la montre de plongée lancée il y a quelques années, la SUB 200 de 42 mm qui constituait la collection d’entrée de gamme de la marque. Avec un diamètre de 44 mm, la nouvelle SUB 200 II impose sa présence au poignet et offre les caractéristiques techniques typiques de Doxa : une étanchéité à 200 mètres, un cadran lisible, une excellente luminescence et un calibre Sellita non spécifié à l’intérieur. Les prix commencent à 1 590 € avec un bracelet en caoutchouc.
Conclusion
Il y avait en effet de nombreuses marques à découvrir à l’hôtel Beau Rivage cette année, même si, vu de l’extérieur, rien ne semblait vraiment se passer dans les jolis couloirs de cet édifice incontournable. Comme je l’ai mentionné précédemment, les activités de l’hôtel sont fortement axées sur les rencontres B2B, un format que j’apprécie beaucoup et qui m’avait permis de passer également un excellent moment au salon Time to Watches. Chaque année étant différente, je me demande ce qui se passera au Beau Rivage l’année prochaine et quelles nouvelles marques exposeront dans ce cadre intimiste.
