Pedral Triomphe Émeraude Vert

Pedral Triomphe Émeraude Vert La montre issue d'un monde fantastique

Il est étonnant de voir à quel point les marques peuvent encore faire preuve d’imagination aujourd’hui. Je suis de ceux qui pensent que les marques micro et indépendantes sont généralement plus créatives que les marques traditionnelles, car elles n’ont pas d’héritage à préserver ni de patrimoine à protéger. Elles peuvent créer tout ce qu’elles souhaitent, expérimenter avec les formes, les textures et les couleurs sans risquer d’offenser qui que ce soit. Elles peuvent également réinterpréter les éléments classiques du design horloger pour leur donner un nouveau sens, un sens contemporain. À ce jour, je n’ai rencontré que quelques marques qui y parviennent très bien, et aujourd’hui, nous allons découvrir l’une d’entre elles : Pedral et la Triomphe Émeraude Vert.

Pedral Triomphe Émeraude Vert au poignet

Une petite introduction 

Pedral est une marque suédoise fondée en 2018 à Stockholm par Kevin Pedral, qui allie l’audace du rétrofuturisme à l’esthétique minimaliste du design suédois. Elle s’inspire de certains des designers horlogers les plus classiques et les plus répandus de l’époque des premières montres-bracelets, ainsi que de l’architecture et de la sculpture d’il y a plusieurs siècles, qu’elle intègre harmonieusement au caractère épuré de l’esthétique nordique contemporaine. Il en résulte des montres à la fois familières et très contemporaines, parfois même à la limite de l’art déco et de l’avant-garde. Pour être franc, il n’est pas possible de comparer Pedral à une autre marque ou style de montre, et la meilleure façon d’apprécier son travail est d’étudier ses créations, ce que nous allons faire de suite. La Triomphe est un garde-temps qui allie le design suisse traditionnel à l’univers fantastique créé par Kevin au cours des dernières années. C’est quelque chose d’unique et que je trouve particulièrement fascinant.

Pedral Triomphe Émeraude Vert boîtier

Tout d’abord, le cadran

Une photo un peu plus haut montrait deux versions de la Triomphe, l’Émeraude Vert que nous examinons aujourd’hui de près et la Tempest Stone que nous n’examinons pas. Elles partagent toutes deux le même boîtier, mais leurs cadrans sont tellement différents que j’ai décidé de me concentrer sur la première, qui est ma préférée. Et il y a deux façons d’analyser son cadran : du point de vue classique et intemporel du design horloger, et du point de vue avant-gardiste et singulier. Du côté classique, on trouve une danse de quatre motifs guilloché usiné par CNC : un motif en panier au centre ; un Sauté Piqué sur les trois anneaux entourant les index des heures et la minuterie ; un Satiné Circulé derrière les chiffres romains ; un Moiré Ondulé sur les bords du cadran. Le satiné circulé est en fait un motif brossé, mais comme il s’agit, à la base, d’une technique similaire au guilloché (qui consiste à creuser de la matière du cadran), j’ose le considérer comme le quatrième motif guilloché que l’on trouve sur celui ci. 

Pedral Triomphe Émeraude Vert guilloché

Quoi qu’il en soit, le cadran est tout à fait magnifique, car les transitions et les juxtapositions entre les différents motifs créent un spectacle tout à fait enchanteur. Mais le design de la section grise englobant les index des heures et la minuterie n’est pas propre à Pedral, car elle s’inspire d’une Bréguet Réveil du Tsar. Cela dit, le côté avant-gardiste de la Triomphe et la sensibilité créative de Kevin Pedral transparaît dans l’adaptation de cet agencement à un cadran octogonal aux contours doux et dans l’ajout d’aiguilles qui me rappellent, d’une certaine manière, le sommet du Chrysler Building à Manhattan : des flèches creuses aux contours nets, avec une construction bipartite et un profil facetté qui leur confère une apparence délicate et quelque peu hors du commun. Le cadran et les aiguilles s’harmonisent parfaitement, mais semblent issues d’un monde fantastique et imaginaire, car ils font le pont entre différentes époques du design horloger et créent ensemble un spectacle unique.

Ensuite, le boîtier

Même si le cadran est remarquable, c’est en observant le boîtier que l’on découvre la véritable personnalité de la Triomphe. Le cadran octogonal se prolonge par un verre et une lunette de forme similaire, même si je considère cette dernière comme un cadre (à l’instar d’un tableau) plutôt que comme la lunette traditionnelle que l’on trouve généralement sur les montres modernes. La fabrication de pièces de forme inhabituelle n’est pas facile et coûte plus cher que de choisir des pièces dans un catalogue de composants déjà fabriqués, ce qui se traduira dans la conclusion de cet article lorsque nous aborderons le prix de la Triomphe. Cependant, Kevin Pedral a poussé le design et fabrication du cadre aussi loin que possible : il est arrondi aux angles, et ses parties supérieures sont légèrement bombés et décorées d’un finition brossée verticale, qui sont complétées par un rebord poli qui contourne le cadre dans sa totalité. Le profil bombé du cadre par rapport à la partie centrale du boîtier est plus facile à voir de côté.  

Pedral Triomphe Émeraude Vert boîtier

Comme nous allons le voir, plus on s’éloigne du cadran, plus le boîtier devient unique. Et plus on découvre la créativité sans limites de Kevin Pedral : la partie centrale du boîtier est décorée d’un élément architectural mat profondément encastré, inspiré d’un motif décoratif situé à l’intérieur de l’Arc de Triomphe à Paris. C’est là que, pour moi, la Triomphe devient une sorte de machine sortie d’un monde fantastique et qui aurait sa place dans l’un des célèbres films de Hayao Miyazaki. Dans ces derniers, on nous présente souvent des objets et des personnages à double personnalité, dont une partie nous semble familière, et l’autre pas du tout. C’est ainsi que je perçois la Triomphe car c’est une montre qui me fait ressentir beaucoup de choses inhabituelles, qui semble en partie familière car elle emprunte des éléments du design horloger les plus classiques tout en combinant des éléments d’une imagination singulière. Kevin a complété son œuvre d’art en encadrant le motif architectural central d’un rebord poli et d’une couronne facettée en forme d’oignon décorée d’une tête de clou hexagonale.

Puis, la mécanique

Vous me connaissez, je ne m’embête pas à donner mon avis sur des montres qui ne sont pas conformes aux normes modernes (selon moi cela va de soit), même si elles sont belles ou uniques. Étonnamment, la Triomphe a été conçue pour être une montre que l’on peut porter tous les jours. Elle est équipée de verres saphir en haut et en bas, d’une étanchéité à 50 mètres et d’un mouvement à remontage manuel Sellita SW210-1B de grade élaboré qui bat à 4 Hz, offre une réserve de marche de 42 heures et est réglé en cinq positions pour une précision de ±5 secondes par jour. La Triomphe est livrée avec un bracelet en cuir noir et les dix premiers acheteurs de ce modèle (plus d’informations à ce sujet dans la conclusion) se verront offrir un bracelet en acier inoxydable équipé d’un système de micro-réglage sans outil, sous licence de la marque australienne Second Hour. Enfin, le boîtier mesure 38 mm de diamètre et de longueur, 8,8 mm d’épaisseur et est doté d’un entre-cornes de 20 mm. Ce modèle est donc parfait pour mon poignet de 16,5 cm.

Pedral Triomphe Émeraude Vert calibre Sellita SW210-1B

Enfin, la conclusion 

J’avais très envie de vous parler de la Pedral Triomphe Émeraude Vert, car ce n’est pas le genre de montre que l’on voit tous les jours chez une micro-marque. Non seulement elle emprunte des éléments classiques du design horloger que nous n’avons pas vus depuis plusieurs décennies, mais elle est également dotée d’un boîtier au design et à la construction uniques qui, plus surprenant encore, sont très bien exécutés. Ensemble, tous les éléments de design de la Triomphe créent une machine unique que nous n’avons jamais vue auparavant et que nous ne reverrons probablement jamais, à l’image d’une créature mystique ou fantastique sortie d’un film de Miyazaki.

Plus concrètement, la Triomphe est disponible en deux versions et la marque n’en fabrique que 15 de chaque dans un premier lot qui sera expédié à partir du 18 décembre 2025. Les 10 premiers acheteurs recevront le bracelet en acier mentionné ci-dessus. Vous pouvez précommander la Triomphe dès maintenant et jusqu’au 3 janvier 2026, au prix réduit de 1 299 € (prix de vente normal : 1 499 €), avec livraison gratuite dans le monde entier. (Pedral expédiera un deuxième lot à la fin du mois de janvier 2026.)

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