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CHRONOLOGIE : BLANCPAIN

CHRONOLOGIE : BLANCPAIN Chez Heurgon

Chers lectrices et lecteurs, nous avons aujourd’hui le plaisir de vous présenter la deuxième saison de notre série vidéo CHRONOLOGIE, toujours entre d’un côté Les Rhabilleurs, et de l’autre le distributeur de montres de prestige parisien HEURGON. Alors que la première saison vous présentait les marques, leurs histoires et quelques pièces choisies, la deuxième saison s’organisera autour de collections ou de marques dont nous n’avons pas (encore) parlé. Aujourd’hui, nous nous attaquons à un mastodonte de l’horlogerie : Blancpain. Ainsi qu’à un de ses piliers : la Fifty-Fathoms.

Blancpain : quelques mots d’histoire

Les premières traces d’un rapport entre Blancpain et l’horlogerie remontent au milieu des années 1730, d’un certain Jehan-Jacques Blancpain à Villeret, qui fabrique des pièces de montres.

Voici ce que l’on peut lire dans un ouvrage intéressant d’horlogerie :

Nestor Blancpain (1833-1906) est un cas exemplaire de fabricants venus s’établir à La Chaux-de-Fonds pour y poursuivre et y développer les affaires horlogères familiales commencées en dehors de la ville. Il est en effet issu d’une famille de Villeret, dans le vallon de Saint-Imier, active dans la production de montres depuis le XVIII° siècle. Il est le petit-fils de Frédéric-Louis Blancpain (1786-1843), fondateur vers 1815 d’un comptoir familial, et le fils de Frédéric-Émile (1811-1857), propriétaire de l’entreprise depuis 1830. Nestor Blancpain s’installe à La Chaux-de-Fonds vers le milieu des années 1860, à un moment où les positions de l’entreprise sont déjà bien établies, tandis que ses frères restent à Villeret. La présence d’un membre de la famille dans la métropole horlogère répond sans doute à un besoin de proximité avec les multiples sous- traitants qui y sont établis ou avec les négociants en horlogerie pour l’écoulement de la production familiale. Ses affaires sont florissantes. Blancpain est en effet plutôt proche des fabricants modernisateurs, favorables à l’industrialisation des moyens de production.

En 1932 disparait le dernier de la lignée Blancpain. En l’absence d’héritiers, la manufacture est gérée pendant 50 ans sous le nom de Rayville (Villeret, à l’envers, et stylisé). En 1970, Rayville SA est reprise par la multinationale suisse SSIH. Dès lors, la marque tombe dans l’oubli et il faudra attendre le grand Jean-Claude Biver en 1982, un ancien d’Omega, ainsi que le fabricant d’ébauches Jacques Piguet, pour racheter le nom de Blancpain au groupe SSIH.

Ça sera la renaissance de Blancpain avec des modèles à phase de Lune, notamment dans la collection Villeret. Enfin, en 1992, Blancpain est repris par la SMH qui est devenu aujourd’hui le Swatch Group.

BLANCPAIN : NAISSANCE DE LA FIFTY-FATHOM

Comprendre l’univers et la naissance de l’outil montre de plongée suppose une remise en contexte. Vous êtes au début des années 1950 un bon plongeur et bénéficiez des dernières avancées (merci à La Spirotechnique) en matière de plongée, détendeur moderne et bouteilles solides, vous plongez jusqu’à 50 mètres, et au bout de 30 minutes, vous vous sentez défaillir, et il faut absolument remonter à la surface en négligeant vos paliers. Il vous faudrait un outil qui puisse, en plus du profondimètre, permettre de vous donner l’heure et le temps d’immersion.

La Spirotechnique

Comment alors créer une bonne montre de plongée ? La rendre étanche, et ce même avec la couronne ouverte, et pouvoir mesurer un temps d’immersion grâce à une lunette tournante. Sans oublier la bonne lisibilité.

Cette histoire (réalité ou fiction ?) sera vécue par Jean-Jacques Fiechter qui sera un moment dirigeant de la marque. Au passage, c’est sa nièce, Betty Fiechter, assistante de Frédéric Blancpain, qui prend la tête de la société en 1932. Si vous avez déjà entendu le nom de Jean-Jacques Fiechter, rien d’étonnant, puisqu’il est connu en Suisse comme historien et écrivain. Mais il a aussi eu une passion pour la plongée et il dirigea Blancpain pendant les années 1950, en étant à l’origine de la naissance de la Fifty-Fathoms, avec le concours d’autres grands hommes : Claude Riffaud et Robert Maloubier.

En 1951, Claude Riffaud, convaincu de la bonne idée d’une unité de plongeurs suggère à l’État-Major de la Marine d’envisager la création d’un corps de nageurs de combat. Contre toute attente, deux mois plus tard le message tombe :

L’enseigne de Vaisseau Claude Riffaud est détaché à Arzew (Algérie) au Centre Interarmées des Opérations Amphibies (CIOA) pour créer une unité de nageurs de combat

Avant de rejoindre le port d’Arzew, l’enseigne de vaisseau passe un mois chez les nageurs de combat italiens à La Spezia et suit un stage de deux semaines chez les SBS (Special Boat Section). Claude Riffaud, le meilleur des nageurs de combat de la Marine devient donc le co-créateur des nageurs de combat français avec son ami Bob Maloubier, le meilleur des nageurs de combat de l’Armée de Terre. Il commande ensuite le commando Hubert version nageurs de combat de mars 1953 à juillet 1958 (avant mars 1953, le commando Hubert était le seul commando parachutiste de la Marine).

De la rencontre de ces trois personnages nait l’outil montre de plongée que l’on connait en 1953, avec les caractéristiques citées auparavant, sans oublier la lunette tournante grâce à trois doigts. Au menu des brevets ? Couronne doublement verrouillée, fond vissé par un système de joints toriques et lunette munie d’un mécanisme de blocage. Ce qu’il faut retenir avec cette montre est la recherche du bon partenaire horloger, surtout en France.

Il faut ici parler un instant de ce que fut la grande société LIP. Cette dernière signera en 1954 un accord commercial avec la «Manufacture d’horlogerie Rayville S.A., successeur de Blancpain» qui lui accorde la diffusion en France des montres produites par l’horloger suisse. En 1955, Lip commercialise en France la Fifty-Fathoms totalement étanche estampillée Blancpain-Lip sur son cadran noir. Le service après-vente de ces montres est assuré par Lip pour la France pendant cette collaboration dénoncée en 1962 par Fred Lip qui prépare dès cette époque la fabrication de montres appelées Nautic25 préfigurant la Nautic-Ski de 1967 étanche à 200 mètres.

Aujourd’hui, que reste-t-il de la Blancpain Fifty-Fathoms ?

Blancpain Fifty-Fathoms 5015

Blancpain Fifty-Fathoms 5015 - Chronologie chez Heurgon

Voici le visage de la Blancpain Fifty-Fathoms contemporaine. On trouve un boitier en titane de 45 mm de diamètre, diamètre important je le conçois mais toujours moins absurde quand on parle d’une montre de plongée, pour une épaisseur d’environ 15 mm. On y trouve au choix un cadran noir ou un cadran bleu dans les versions classiques et on apprécie les beaux détails du cadran.

Les 3, 6, 9 et 12 chiffrés et luminescents d’une part, ainsi que des index luminescents à chaque heure.  Les aiguilles ne manquent pas à la règle. Ceci incluant une petite seconde fléchée et luminescente, ce que l’on a toujours eu sur les Fifty Fathoms. En troisième et dernier lieu, la lunette. Elle devait reprendre les marquages du cadran, avec un repère particulier pour mesurer son temps de plongée (compris entre 0 et 60 minutes, et indiqué par les index 15, 30 et 45). Ici, la lunette n’en dit pas plus, et c’est tant mieux. Un peu de simplicité, mille milliards de mille sabords. Une lunette saphir qui reproduit l’esthétique qui nous est si chère des lunettes en bakélite des premières Fifty-Fathoms. Un aspect laqué et légèrement bombé que nous apprécions tout particulièrement.

C’est le Calibre 1315 qui souffle le vent dans les voilures de cette Fifty. Un triple barillet délivrant une réserve de marche de plus de 120 heures, une belle décoration et un balancier en glucydur à vis de réglage. Cela peut paraître un détail pour vous, mais ça n’en est pas un, croyez-moi. Le fait de ne pas régler le balancier par raquette évite que celui-ci ne bouge et ne vienne dérégler la montre lors d’un choc. Ce qui peut arriver pour une montre comme celle-ci en utilisation sportive.

Blancpain Fifty-Fathoms Bathyscaphe

Blancpain Fifty-Fathoms Bathyscaphe - Chronologie chez Heurgon

Voilà un volet qui nous intéresse encore plus par son rapport historique. En effet, les Bathyscaphe sont inspirées par le sous-marin d’exploration abyssale du suisse Jacques Piccard, et ces pièces historiquement voient le jour dès la fin des années 1950. La Bathyscaphe a été pensée davantage pour une utilisation “civile“, au contraire de la Fifty-Fathoms destinée aux corps militaires et aux plongeurs professionnels. Une pièce plus petite en diamètre avec ses 43 mm, plus accessible, et tout aussi jolie et charmante.

Divers éléments de la version que nous vous présentons rappellent d’ailleurs les premières éditions : contours vifs, aiguilles traditionnelles “seringues” et le quantième affiché dans un guichet à trois heures. Fidèle à la version Bathyscaphe originale, le repère luminescent de la lunette permet de se repérer en matière de temps de plongée.

Tout comme la Fifty-Fathoms présentée précédemment, on trouve à l’intérieure le calibre 1315 délivrant la très belle réserve de marche de 120 heures et une foule de belles finitions comprenant anglage des ponts, des détails soleillés, et j’en oublie forcément !

Blancpain Fifty-Fathoms Bathyscaphe FLYBACK

Blancpain Fifty-Fathoms Bathyscaphe Chronographe Flyback - Chronologie chez Heurgon

Nous découvrions la Blancpain Fifty-Fathoms Bathyscaphe Chronographe Flyback en 2014.

On découvre au premier coup d’oeil tout ce qui nous plait avec la Bathyscaphe “classique” que je vous présentais juste avant. Seulement ici, nous avons affaire à un chronographe et sa fonction Flyback.

Côté cadran, les  finitions  soleillées et azurées des deux compteurs du chronographe apportent un certains relief. Les aiguilles rectangulaires (look traditionnel des anciennes montres) évoquent quant à elle celles du modèle Blancpain Bathyscaphe des années 1950, également présentent sur le modèle de 2013.

À l’intérieur, le calibre F385 à remontage automatique qui fait apparaître sur le cadran à trois heures le totalisateur des 30 minutes du chronographe, à neuf heures le totalisateur des 12 heures, à six heures la petite seconde et enfin entre quatre et cinq heures une discrète date. Le tout offre un cadran complet et très homogène. L’une des nouveautés concerne la lunette : tournante et unidirectionnelle, elle est proposée en acier mais aussi en céramique (contrairement au modèle Bathyscaphe de 2013).

Ce calibre est doté d’un embrayage vertical ainsi que d’un mécanisme de chronographe à roue à colonnes, que l’on apprécie toujours visuellement. Je suis certain que vous connaissez la fonction Flyback mais je vais tout de même en rappeler le principe. Il permet pendant une mesure, via ici le poussoir situé à 4 heures, de faire revenir l’aiguille des secondes à 0 et de repartir instantanément pour une nouvelle mesure. Très utile en navigation aérienne.

Même s’il s’agit d’un chronographe, on retrouve l’étanchéité fidèle aux Blancpain Fifty-Fathoms, ici 30 bar.

Pour le boitier, comptez 43 mm de diamètre pour une épaisseur légèrement supérieure à 15 mm, et il est disponible en céramique noire brossée avec cadran noir ou en acier brossé avec cadran gris météore. Tous les modèles sont dotés de bracelet NATO ou toile de voile, deux matériaux adaptés à l’utilisation en milieu aquatique. La version acier existe également, pour la première fois dans cette ligne, sur bracelet métal.

J’espère que vous aurez pu saisir l’essence de la très célèbre plongeuse Fifty-Fathoms chez Blancpain et l’esprit de la marque dont les racines familiales remontent assez loin. Et surtout, venez les essayer chez HEURGON, en toute décontraction.

Nous vous donnons rendez-vous le mois prochain pour le prochain épisode de notre série CHRONOLOGIE.

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