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Le prix des montres en or

Le prix des montres en or Il est l'or, l'or de se réveiller

Combien d’entre nous sont parfois choqués de découvrir le prix d’une montre en or au catalogue d’une marque, quand la même pièce en acier est affichée pour un prix qui semble décorrélé, parfois jusque trois fois moins. Comme pour tout en horlogerie, il ne suffit pas d’ajouter à la montre en acier le prix de l’or au gramme pour tomber sur le prix final de la montre. Ce serait ne pas prendre en compte les vraies spécificités d’une montre en or.

Nous nous sommes renseignés auprès de plusieurs sources, et en particulier auprès d’Aymeric Vernhol, l’un des 4 dirigeants de la manufacture Pequignet pour en savoir d’avantage sur le sujet. Voici donc nos explications des composantes spéciales qui rentrent en ligne de compte lors de la réalisation d’une montre en or…. mes seignors.

Pequignet Attitude

Comme nous aimons à le dire, le redire et à le rabâcher, le prix d’une montre n’est en rien l’addition pure et simple des différents éléments la composant. Lorsqu’il s’agit d’une montre en or, surprise, c’est exactement la même chose ! Voir même plus, puisque la manipulation et la façon de l’or, depuis son état “brut” jusqu’au boitier, est plus complexe que pour l’acier. Explications.

Le poids de l’or au gramme

Aujourd’hui, le 7 juillet 2021, le cours de l’or au gramme est d’environ 48€ quand une once (31,1 grammes) s’échange autour de 1500€. Il est alors assez aisé de comprendre dans un premier temps ce qui fait le prix d’une montre en or : l’or lui même. Et si d’un côté on peut trouver des boites de 15 grammes en horlogerie, on peut aussi trouver des ensembles boite et bracelet qui approchent les 150 grammes. Je vous laisse faire le calcul.

Il est évidemment clair que le cours de l’or varie à des prix plus ou moins importants, la période actuelle étant assez haute, mais dans tous les cas la matière première a ici un impact important sur le coût de revient de l’objet en question.

Un outillage et une façon spécifiques

Peu de marques peuvent aujourd’hui se vanter d’usiner l’acier directement dans leurs ateliers. Si vous êtes attentifs à ce que signifie véritablement l’exigent label Swiss Made, la globalité du boitier de montre n’a pas à être réalisé en Suisse. Pour ainsi dire, une grande majorité de marques font fabriquer, toujours de la plus belle des manières évidemment, leurs boitiers en dehors de la Suisse, pour ne pas dire en Asie.

Une histoire de coûts bien entendu. Vous vous imaginez donc bien que les parties en or reçoivent le même traitement, à savoir une sous-traitance, hors bien sûr les quelques extraterrestres indépendants ou très grandes marques.

Rolex Oyster Perpetual Malachite

Sauf que pour l’or, il n’est certainement pas possible de passer par les mêmes entreprises, sauf cas exceptionnel, que celles qui traitent l’acier. Aymeric Vernhol, l’un des dirigeants de Pequignet, nous explique par exemple qu’il a choisi, pour leur nouvelle pièce en or Attitude, d’acheter l’or avant de le confier à un fondeur français. Le processus a donc lieu hors des ateliers. Cela a donc demandé plusieurs efforts.

Le premier, celui d’acheter l’outillage nécessaire à la production du boitier particulier de sa montre. Un outillage couteux, dont l’achat se répercutera forcément dans le prix de vente. Le second, celui de sous-traiter ce travail à un fondeur spécifique qui sait travailler l’or, en particulier selon les pré-requis Pequignet. Le troisième, de prendre en compte une perte de 10%. Il faut donc ajouter 10% du volume total d’or à chaque production.

Et en particulier sur la production Pequignet du modèle en édition limitée à 100 pièces l’ardillon est aussi réalisé en or, une opération assez couteuse pour une si petite pièce. Enfin, pour tous les détails gravés au dos de la montre, il n’est pas possible d’utiliser la même machine que pour graver l’acier. Il faut donc ajouter au tout un processus de gravure spécifique.

Je ne parle pas ici de l’entretien des machines qui travaillent l’or, matière qui colle fortement sur les différents organes qui la composent. Cela augmente forcément le prix des prestataires quand viennent s’adresser à eux les marques qui souhaitent produire des modèles dans le précieux métal. Évidemment, tout ceci est à nuancer selon la taille et la récurrence des pièces, certaines marques dans certains groupes ayant accès aux mêmes prestataires régulièrement, permettant ainsi une meilleure maîtrise des coûts.

Des quantités limitées

Dernier point à prendre en compte quand on songe aux montres en or, la quantité revêt une importance toute particulière. En effet, pour la production d’une montre en acier qui se comptera en centaines ou en milliers de pièces, la production de la même montre en or se fera dans une quantité limitée ou dans un volume correspondant à une infime part de la production en acier.

Les raisons sont simples. Tout d’abord un prix de vente plus élevé, qui forcément s’adressera à un public restreint, mais aussi une tendance qui ne se fixe que sur certains pays. Par exemple, les européens sauf exceptions, ne sont pas des “fans inconditionnels” de l’or, encore vu comme trop “Bling”. Les pièces en or s’adressent ainsi davantage à des populations américaines ou asiatiques.

Jaeger-LeCoultre Reverso Tribute Nonantième

À la fin, donc, quand il s’agit de répercuter tous les coûts élevés propre à la confection de montres en or, les dépenses se divisent sur un nombre de montres réduit, augmentant ainsi de manières plus importante les prix unitaires.

En conclusion

Vous l’avez compris, en dehors de son prix au gramme, l’or n’est pas l’acier. Il nécessite une main et une façon totalement différentes que celles employées pour l’acier. Quand on travaille l’or, tout devient une histoire de coûts supplémentaires.

Il ne faut donc pas s’indigner (pas à chaque fois en tous cas…) quand on ne comprend pas la décorrelation entre le prix d’une montre en acier comparativement à celui de la même montre en or à la valeur stratosphérique. Parfois les marques en jouent évidemment mais dans une grande partie des cas, le surcoût imposant rencontré pour la fabrications d’une montre en or se répercute fortement par un savant calcul de marges sur le prix de vente final.

Quand on sait tout cela, on comprend alors aisément les phrases échangées entre Blaze et Don Salluste au réveil de ce dernier dans le délicieux film La Folie des Grandeurs (1971) :

Blaze : C’est l’or, il est l’or, l’or de se réveiller, Monseignor, il est huit or
Don Salluste : Il en manque une
Blaze : Vous êtes sor ?
Don Salluste : Tout à fait sor
Blaze : Ça alors.

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