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Rencontre : stéphane butticé

Rencontre : stéphane butticé L'élégance, du poing américain aux penny loafers

Vous l’avez peut-être vu défiler sur quelques réseaux sociaux ou écouté ses podcasts, à l’occasion d’un de ses coups de gueule ou lors d’une envolée lyrique. Si l’habillement masculin est son environnement depuis un moment, il a récemment créé sa marque et pour l’occasion, nous avons le plaisir de vous présenter le portrait de ce jeune homme qui mélange à merveille costume en laine à larges rayures et ceinture de cow-boy.

Stéphane Butticé

Qui est Stéphane Butticé ?

Je suis né le 3 décembre 1986 à l’heure du Negroni O’Clock (à peu près 18h30) sur les rives de la Loire à Blois (Loir-et-Cher) – d’un père italien de carrière militaire (Général de la Guardia di Finanza) et d’une mère française qui a élevée quatre marmots. J’ai grandi entre Rome, Turin et Bruxelles où mon père a fait carrière à la Commission Européenne depuis 1990.

Après avoir obtenu mon BAC STG à Rome en 2006, j’ai entrepris des études de photographie à l’Istituto Europe di Design à Rome et de communication à l’ECS de Paris. Par la suite, j’ai travaillé dans différentes Maisons de mode dans le secteur du luxe  (Ermenegildo Zegna, Giuseppe Zanotti Design, Six & Sept -plus tard la marque  renaît avec un tout autre concept : Asphalte…).

Suite à une petite année de jobs « alimentaires » en tant que conseiller de vente chez American Apparel à Paris, en août 2014, j’ai eu envie de créer mon propre média gentlemanchemistry.com liant compétences rédactionnelles, photos et vidéos. Le travail fourni au travers de ce média est vraiment un travail de sourcing, ce qui  me différencie par rapport à d’autres médias ou magazines de presse. Un travail qui m’a aussi permis de construire lentement un solide réseau de professionnels du métier dans différents ateliers d’artisans et boutiques à travers l’Italie principalement (Bielle, Milan, Florence, Rome, Naples, Palerme mais et plus récemment la Calabre) mais aussi la France (Paris), la Belgique (Bruxelles) et l’Angleterre (Londres). Tailleurs, chemisiers, cravatiers, bottiers mais aussi drapiers & confectionneurs des 4 coins du globe figurent dans les colonnes du média.

De 2016 à 2019, j’ai été commercial pour l’éditeur et revendeur d’étoffes de luxe écossais Holland & Sherry pour le marché français principalement (fournissant principalement les tailleurs pour hommes et maisons de couture du monde entier). Nous envoyons des coupes de tissu partout dans le monde : du petit tailleur de quartier à l’usine de confection de costumes en série à destination des marques de prêt-à-porter.

Plus récemment, en Août 2019, j’ai lancé mon podcast : Le Podcast Gentleman Chemistry, le podcast des personnalités créant de la valeur avec style et nonchalance. Le Podcast Gentleman Chemistry me tient vraiment beaucoup à cœur pour plusieurs raisons. Ces moments de partages d’expériences de vies audacieuses d’invités d’une grande qualité m’ouvrent à chaque fois les yeux sur le spectre de vision que l’on pourrait avoir avec la perception que l’on se fait de la vie et du monde. Je trouve génial de pouvoir communiquer ces moments avec les auditeurs du podcast en leur donnant la possibilité d’y participer comme s’ils étaient assis à côté de nous. Le podcast traverse le temps sans prendre de rides contrairement à un post d’influenceur IG oublié après s’être mouché le nez… De plus il m’apprend de jour en jour beaucoup sur moi-même : j’apprends à écouter, contrôler ma passion et mon impulsivité… Oui, disons-le, il est presque thérapeutique et donc bénéfique pour les auditeurs et pour moi-même.

À chaque fois, je me prends une claque tellement leurs leçons de vies sont puissantes, une école de la vie me rendant la meilleure version de moi-même au quotidien !

D’où provient ton amour pour les choseS bien faites ?

Mon amour (presque maniacal) pour les choses bien faites, en remontant bien loin dans mes souvenirs, doit venir probablement et de façon inconsciente de mon grand-père qui s’habillait toujours avec des pièces somptueuses mais dans les quantités nécessaires (le juste sans excéder et surtout sans jamais être dans l’opulence). Il s’habillait de façon élégante et raffinée, mais pour lui, pas pour paraître (dans certains milieux on naît dans un type d’environnement et on se vêt ainsi sans trop y penser, c’est naturel) ! Je pense qu’il avait ce qu’on peut définir : du goût (si on donnait 1000€ à deux personnes différentes probablement que l’une se démarquera plus de l’autre avec élégance. Ce que je veux dire c’est peu importe les moyens, quand on a du goût, on fait de bons plats même avec des restes dans le frigo) !

Stéphane Butticé

J’ai le souvenir, au réveil, dans la maison de campagne, de mon grand-père en train de couper des roses dans son jardin en robe de chambre Charvet et Edward Green bien vécues pour faire son brin de jardinage matinal. Mon grand-père était un fidèle client de la boutique Old England. Cette boutique ne proposait pas des marques mais des produits venant de faiseurs qui excellaient chacun dans la fabrication de leurs produits qu’ils faisaient de la même façon depuis toujours. Des produits qui vieillissent avec vous et dont on reconnaît la valeur quand ils traversent le temps. Quand on connaît ce qu’il y a de meilleur dans une qualité, on sait reconnaître une matière moyenne ou une finition bas-de-gamme – inversement c’est difficile de faire la différence sans un apprentissage initiatique à l’excellence quand on est habitué au mauvais.

Pour faire du beau il faut de somptueuses et rares matières premières, du temps de travail et automatiquement ça comporte des coûts plus élevés par rapport aux produits tirés en séries industrielles délocalisés et pensés pour durer une saison ou moins. La notion de beau n’est pas subjective, on l’étudie dans les écoles d’art. Le beau respecte équilibre entre les proportions, les volumes et les matières. C’est pareil dans la cuisine, le cocktail, les femmes (ou les hommes)… J’ai dû sans le vouloir, affuter ce regard du beau produit et des détails qui transparaissent aujourd’hui dans la marque de chemises & cravates Butticé.

Parle-nous davantage de tes goûts pour le vêtement

Mes goûts dans le vêtement sont simples dans leur complexité. Je m’explique…

Partons du principe que, pour moi, l’élégance d’une personne se juge à sa générosité, au fait qu’elle puisse faire passer les autres avant elle et à l’arrivée se contenter de ce qu’elle a, du nécessaire, elle part toujours avant la fin de la soirée sans jamais être envahissante, ne pas blesser les gens que l’on aime : l’élégance du cœur. Dans le vêtement c’est pareil ! Chaque homme devrait pouvoir posséder deux costumes (bleu et gris), un blazer bleu et deux paires de mocassins noirs et marrons mais de la meilleure qualité possible et vivre avec. Oui, car les personnes qui ont le plus souvent cette allure, ce chien, ce panache… ne se trouvent pas dans les grilles des inspirations Instagram (qui le plus souvent imitent d’autres personnes de façon totalement impersonnelle et donc sans profondeur et qu’on remarque négativement : on voit quand quelqu’un n’est pas à l’aise dans ses vêtements, ou qu’il ne sait pas où mettre sa main…).

Non, ces hommes à l’allure élégante se trouvent dans la rue ! Et ils sont élégants car les vêtements qu’ils portent sont oubliés car appropriés, usés par le temps (pas négligés attention !), vécus, possédés… Les geek du « sartorialisme » étudient tellement leurs tenues, tout est trop parfait, neuf et ça se voit ! Moi le premier, quand j’achète un nouveau vêtement, je ne le possède pas et ça m’énerve car il est trop neuf, trop parfait mais cette tâche de sauce tomate mal placée, cette éraflure et couches de cirage qui suivront raconteront toutes seules l’histoire de ce vêtement que j’oublierai vite. Encore une fois, je respecte juste quelques règles : acheter pour que ça dure 10 ans. Toucher les matières 100% naturelles, dans des couleurs basiques : bleus, beiges, marrons, écrus, blancs… Dans de belles coupes avec les bons volumes qui laisseront s’exprimer le drapé des tissus telles les toges des statues gréco-romaines au musée du Louvre.

De quelle volonté est née ta marque Butticé ?

J’ai fondé en juin 2020 (post premier déconfinement COVID 19) la marque de vêtements pour hommes Butticé.  La marque est spécialisée dans les chemises et cravates artisanales cousues main à Naples. 

Avec Butticé, la volonté est de proposer ma vision d’un style masculin qui reste élégant et immuable dans le temps, avec des capsules uniques de produits désignés à Paris et réalisés “pianissimo”, à la main, à Naples, de façon exclusivement artisanale dans de somptueuses matières premières.
La philosophie de Butticé est de toujours porter une attention particulière à la valeur que l’on donne au temps, dans l’appréciation des choses simples, comme peuvent l’être : un verre d’eau fraîche, un plat de spaghettis, tomates San-Marzano, basilic et huile d’olive des Pouilles ou une pizza margherita cuite au feu de bois avec de la “mozzarella di bufala di Caserta”, mais aussi, en faisant attention aux vêtements que l’on choisit pour s’habiller (et non pas pour se couvrir). Les pièces ne sont pas de simples morceaux de tissus assemblés ! Non, ce sont bien plus que des vêtements : ils peuvent changer vos journées, ils sont une extension de votre personnalité.

Ma première capsule de chemises sartoriales, numérotées (total 70 pièces exclusives), se décline en 10 coloris de tissus en coton et lin difficilement trouvables en PAP. À cela s’ajoute une capsule de cravates sartoriales, roulotées à la main, non doublées, en plus de 52 variantes (jacquards et imprimés de caractère). 

Avec mon équipe, je me demandais si je ne devais pas attendre le premier déconfinement pour créer officiellement la société Butticé Intl. (en juin dernier) ; puis je me suis dit que si je ne le faisais pas maintenant, je me serais trouvé d’autres excuses pour ne pas le faire. L’entreprenariat c’est aussi prendre des risques et se mettre un peu la pression pour y aller – mon moteur au quotidien, une fois la machine lancée, impossible revenir en arrière après tous ces efforts.

J’ai été agréablement surpris par la qualité de l’accueil auprès de la cible qui a su transformer par les toutes premières ventes dès la création de la boutique en ligne du site. Des clients — Italiens allant de Gêne à Milan, Français de Paris, Dijon, Toulouse ou Bordeaux… mais aussi LA, New-York, Tokyo et Hong-Kong avec, récemment, une commande de Mark Cho de The Armoury et de Lorenzo Cifonelli dont je suis assez fier — qui ont su tout de suite reconnaître la qualité du produit, mais aussi être séduits par le ton de la communication autour de la marque (j’essaye de faire et de dire ce que d’autres ne font pas, en prenant aussi une certaine forme de risques — je n’aime pas rentrer dans le moule pour exister).

Chaque chemise sartoriale Butticé représente dans ses moindres détails un véritable savoir-faire artisanal made in Italy. Passion, tradition et créativité artistique sont déployées durant plus de six heures nécessaires à la réalisation d’une chemise Butticé sur lesquelles interviennent, sur huit passages, les petites mains de l’atelier chemisier napolitain.

Les chemises Butticé sont réalisées dans la tradition sartoriale napolitaine par les artisans expérimentés de notre atelier à Naples. Tout y est “fatto a mano” (fait main), de la coupe à la couture jusqu’au repassage. La coupe de la chemise est ajustée sans être étriquée pour un confort et mouvement optimaux. L’alliage du tissu coton et lin offre une fluidité élégante combinée avec un tombé très nerveux : ce qui fait de cette chemise, la chemise idéale pour toutes les occasions avec un col italien classique permettant aussi bien un port avec ou sans cravate. Du rendez-vous business en costume à cette promenade en bord de mer avec short et chaussures bateaux aux pieds.

Quelle est ton analyse du marché de l’habillement masculin aujourd’hui ?

Aujourd’hui le marché est segmenté en plusieurs catégories que je me représente ainsi :

  • Marques « no style » low cost (Cyrillus, C&A, Jules, Célio,…)
  • Les titans de la fast fashion : Zara, H&M, Uniqlo, GAP
  • Les marques qui réinventent la roue (ou qui le font croire à leur cible) en greenwashant leur mission de sauveurs de planète en produisant de façon éco-responsable-industrielle des pièces basiques existant déjà que d’autres ont toujours fait et mieux qu’eux et les marques qui veulent imiter les grands mais qui ne sont pas les grands avec un style « sartorial » made in Roumanie, Chine etc…
  • Les dites marques « moyenne gamme » souvent très moyennes au vu de l’origine de leurs matières premières et fabrication far, far, far-away à bas coûts… que l’on retrouve dans les rues branchées du Marais par exemple.
  • Les griffes & licences qui font payer au client final tous les coûts inhérents aux : boutiques, petits soldats habillés de noir, publicité, défilés et influenceurs qu’il faut arroser pour créer de l’attractivité et rendre la marque « à la mode ».
  • Les artisans et marques de luxe authentiques (ce qui définit le vrai luxe : exclusivité, petites quantités, rareté, produits d’exception) faisant produire du produit chez des ateliers qui font du produit d’exception en de toutes petites quantités et à la main. Dans le vêtement classique d’exception pour homme, j’ai tendance à dire que pour tout ce qui est pièces à manches, chemises et cravates – le top c’est clairement l’Italie. Il n’y a qu’à voir comment s’habillent les Italiens et comment se couvrent les Français (hormis les lecteurs de les Rhabilleurs ! #resistance)…
  • Les marques Héritage qui se sont toujours concentrées sur ce qu’elles savaient faire, leur corps de métier et qui l’ont toujours fait mieux que les autres en conservant précieusement leur héritage historique : Baracuta, Filson, Barbour,… Shop : Royal Cheese, Jinji, T-Bird
  • Le vintage (comprendre : vêtements qui ont plus de 20 ans et donc pas de la vulgaire seconde main) et le militaria (pièces militaires d’époque : wwI, wwII, Corée, Vietnam)… Qu’on peut trouver dans les bonnes boutiques à Paris : AW Cooper, BRUT Clothing, Doursoux,…

Un prochain projet à partager au sein de ta marque ou personnel ?

Pour le futur, j’aimerais développer des vestes sport, costumes, ceintures et mocassins. Des pièces telles que celles que je porte au quotidien (de la même façon que j’ai développé des chemises que je prenais plaisir à porter ces dernières années).

Stéphane Butticé

J’aimerais faire rayonner Butticé comme une marque « Top of Mind » qui véhiculerait des valeurs de qualité produit exceptionnel mais aussi de lifestyle « vraiment » cool (pas fabriqué de toute pièce). Pénétrer les marchés Asiatiques, USA et Australie. Et aussi créer une agence de conseil Butticé : réunir les différents métiers de compétences allant de : la création de contenus (photos, vidéo, podcast, etc…), print (magazine, livres), stratégie d’image & communication… En créant une agence de communication de référentielle dans ce type de niche, à destination des marques désirant faire grandir leur valeur auprès de leur cible.

Tu aimes aussi bien habiller ton poignet ? Qu’aimes-tu porter ?

Pour faire simple, je fais tourner sur mon poignet ces cinq pièces : une Piaget Protocole, une Rolex Speedking, une Swatch Grand Prix, une Omega Pre Seamaster, et une Longines Cosmo. J’essaye de toutes les porter.

Stéphane Butticé

Une réponse à “Rencontre : stéphane butticé”

  1. jean marc athuil dit :

    top !!!

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