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WITTNAUER Professional chrono 242T

WITTNAUER Professional chrono 242T Extra-terrestre ?

Après vous avoir présenté une superbe Universal Geneve Compax Nina Rindt la semaine dernière, voici une autre pièce dont le confinement nous laisse profiter : une Wittnauer Professional Chronograph référence 242T.

Un nom qui mérite quelques explications et une montre qui cache derrière son cadran stellaire un héritage pionnier. Méritait-elle la Lune ? Vous le découvrirez rapidement…

Wittnauer : un rêve américain

L’histoire de Wittnauer est profondément lié à celle du rêve américain.

Albert Wittnauer n’a que 16 ans quand il pose ses valises à New-York, fraîchement débarqué de Suisse. Il y vient précisément pour travailler au service de son beau-frère, Eugène Robert, alors à la tête d’une société d’importation de montres à haute valeur telles Vacheron Constantin et Jaeger-LeCoultre. Le rêve du jeune Albert est de répondre à une demande de montre de bonne facture et fonctionnelle, tout en conservant une production locale aux États-Unis et des pièces provenant de Suisse.

En 1885, la société Wittnauer est créée avec l’aide d’Eugène Robert, et la marque commence à produire quelques modèles. Les deux frères d’Albert, Emile et Louis, se joignent à lui pour lui prêter main forte. Quand Eugène Robert sort de l’entreprise, celle-ci prend le nom de “A.Wittnauer Company” et compte à ses côtés Emile, Louis et Martha. La soeur “enterrera” ses 3 frères et prendra la tête de l’entreprise en 1916 et ce pendant plus de 20 ans.

Le premier succès de l’entreprise est probablement sa All Proof. Une pièce curieuse et remarquablement charmante, davantage créée pour encaisser les coups et rester 30 jours d’affilé sous un jet d’eau que pour faire sa belle au poignet. L’aviateur et pionnier américain Jimmie Mattern la portait lors de ses divers records du monde autour du globe. Après une incapacité de voler, il s’impliquera énormément dans des mission de la Nasa, en particulier Apollo. Son certificat de pilote sera, en sa mémoire, transporté sur la Lune par Apollo 11. Neil Armstrong portera la montre en hommage pendant Gemini 8.

L’entreprise accompagne donc de nombreuses aventures avant son rachat en 1936, où, par sa proximité avec l’entreprise Longines prend le nom de Longines-Wittnauer. Attention, Longines n’est en aucun cas acheteur de A. Wittnauer. Un autre rachat en 1969, et quelques pièces très intéressantes, comme un calendrier perpétuel avec une gueule tout à fait différente et intéressante. Surtout quand le calendrier s’arrête en 2000.

Des chronographes et leur Valjoux 72, dont un chronographe Longines-Wittnauer qui sera même en lice avec Rolex et Omega en dernier round de la sélection de la NASA. Les années 1980 et 1990 marquent le déclin de la marque, Longines étant rachetée en 1983 par le groupe qui deviendra Swatch Group par la suite et le partenariat de longue date avec Wittnauer prend fin. La marque aujourd’hui rejoint, au côté d’Universal Genève, le Panthéon des marques que l’on aimerait faire renaître de leurs cendres.

WITTNAUER PROFESSIONAL CHRONO 242T

Le chronographe qui nous inspire aujourd’hui est justement l’un de ceux nés dans les années 1960 et équipé d’un mouvement Valjoux 72.

Wittnauer 242T Professional Chronograph

Et avant que je vous parle de son ciel étoilé, et pour rester dans le même thème, il est obligatoire de vous parler de ses liens supposés avec la NASA. Certains d’entre vous connaissent probablement l’appel d’offre qui fut lancé par la dite compagnie au début des années 1960 avec pour objectif une utilisation technique dans l’espace.

Dans cette optique, la NASA, en 1962, achète plus de dix chronographes auprès de plusieurs grands noms de l’horlogerie. Ils doivent être d’une grande lisibilité, résistant à des changements de pression et de températures drastiques, et évidemment précis dans leur mesure du temps écoulé. Après une première réflexion, deux années plus tard ne restent en lice que six marques dont Omega, Rolex, Hamilton et Longines-Wittnauer. Suit logiquement un appel d’offre avec un cahier des charges clair, net et précis. Les marques doivent ensuite envoyer un échantillon de deux chronographes afin de passer des tests pas très soft. Tout ça avant le 21 octobre 1964.

Puis, les scènes d’horreurs se suivent. Les montres sont véritablement poussées plus loin que tout. Des passages à plus de 70 degrés puis brusquement à -18 degrés, en subissant une force d’accélération de plus de 40G, secouées dans tous les sens, elles prennent même des bains d’oxygène liquide. Le résultat est simple, même si certaines pièces résistent mieux que d’autres, la Speedmaster va plus loin, beaucoup plus loin. Elle est donc homologuée au début du mois de mars 1965, pour tout type de missions spatiale. Le chronographe 242T faisait partie des 3 finalistes.

Au-delà de sa robustesse, donc, son charme se rapporte indéniablement à ce cadran unique et très géométrique où les compteurs sont ouverts les uns sur les autres. Me faisant songer aux travaux mathématiques que l’on effectuait avec son compas à l’école.

De quoi ce cadran est-il constitué ? Tout d’abord d’une échelle décimale qui présente une minuterie classique. L’échelle décimale permet de diviser une journée de 24 heures en 10 heures décimales, 100 minutes décimale ainsi que 100 secondes décimales. Ce qui facilite la vie.

Par exemple, la minute est divisée en 100 centièmes de minute au lieu des 60 secondes afin de pouvoir mesurer et écrire le temps  en valeurs décimales et ainsi rendre les calculs plus pratiques.

Exemple :
1,50 minute = 1 minute et 30 secondes
1,75 minutes = 1 minute et 45 secondes
1,50+1,75 = 3,25 minutes soit 3 minutes et 1/4 de minute soit 3 minutes et 15 secondes


La particularité de ce cadran, c’est que l’on trouve, après cette échelle décimale interne, une minuterie classique plus au centre du cadran. Et que cette même minuterie vient traverser chaque sous-compteur sans la moindre indulgence. La petite seconde à neuf heures, le totalisateur des 30 minutes du chronographe à trois heures ainsi que le celui des 12 heures du même chronographe à six heures.

Wittnauer 242T Professional Chronograph

Cette foule d’index batons peints, associé aux gros plots tritium dispersés entre l’échelle décimale et la minuterie et le voyage de l’aiguille lollipop qui prend de la hauteur fait immédiatement songer à un ciel étoilé où l’on prendrait plaisir à deviner certaines constellations et voir s’y dérouler un spectacle.

Pour faire se mouvoir le ciel étoilé, on retrouve le célèbre Valjoux 72 et son mécanisme de chronographe roue à colonnes.

L’autre détail appréciable dans cette boite en acier de 38 mm se rapporte aux cornes qui possèdent 3 facettes, ce qui casse immédiatement un aspect trop classique et qui vient ajouter à l’originalité de cette montre.

Des pièces qui se font rares aujourd’hui et dont la côte s’est envolée, pouvant parfois dépasser les 10.000€ pour un exemplaire de très bonne qualité.

Cet exemplaire, c’est notre ami Clément de Collection Personnelle qui l’a dénichée, avant de lui trouver un propriétaire toujours aussi heureux de son acquisition.

Wittnauer 242T Professional Chronograph

Une réponse à “WITTNAUER Professional chrono 242T”

  1. Avatar Christophe dit :

    “et compte à ses côtés Emile, Louis et Martha” : de l’importance de la virgule! 🙂
    (Blague de mauvais goût)

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