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Mercedes SL 320. Nom de code : R129

Mercedes SL 320. Nom de code : R129 Le cabriolet né sous une bonne étoile

Cette minute où tout bascule reste gravée dans la mémoire. Pour Benjamin B., l’instant décisif s’est produit en 2014. Entre deux rendez-vous professionnels, à Nice, l’élégant jeune homme déambule au gré des petites rues derrière l’hôtel Negresco, au coin de la Promenade des Anglais. Amateur avisé d’automobiles, et placophile à ses heures, ses pas le guident presque malgré lui vers un petit garage comme il en reste quelques uns en ville. Son oeil est immédiatement attiré par une Mercedes. Pas n’importe laquelle. Un cabriolet de la série R129.

Mercedes-Benz SL Type R129

Comme pour certaines maisons horlogères, les références ont leur importance et son significatives. Pour les connaisseurs de la marque allemande, ce nom de code est immédiatement significatif d’une génération: celle des années 90. Introduit en 1989, le SL type R129 connaîtra 15 ans de succès sans interruption jusqu’à son effacement en 2001 et aura marqué toute une génération. « Mon père a toujours roulé en Mercedes » confie Benjamin B.  » et lorsque j’étais enfant j’aimais l’accompagner chez son mécanicien lors des révisions. Il y avait là toutes sortes de modèles bien sûr, mais la voiture qui me faisait rêver, c’était la SL. Avec ses lignes fluides et modernes, son hard-top parfaitement intégré et ses motorisations généreuses, cette SL était la star de l’époque chez Mercedes-Benz. Elle était fascinante.« 

mercedes SL: L’inaccessible étoile ?

Il faut dire qu’à l’époque, avec des prix de vente entre 500 et 700 000 francs, la famille des cabriolets SL – pour « Sport Leicht » ou « sport léger  » en Allemand, une appellation lancée dans les années 50, portée au firmament par la célèbre 300SL aux portes papillon puis par les « Pagodes », et estampillant depuis les coupés et cabriolets les plus véloces de la marque -vient coiffer, avec la classe S, la gamme Mercedes-Benz. Une voiture délicieusement luxueuse et équipée de tous les raffinements techniques en vogue à l’époque qui a tout pour faire rêver un adolescent. Et puis, quelle allure tout de même!

Une ligne signée bruno sacco

Pour Bruno Sacco, la minute décisive date de 1951. Le jeune homme n’a que 18 ans et se dépêche de rentrer à la maison, à bicyclette, à travers les petites rues de Tarvisio. Il les connaît comme sa poche. La circulation n’est pas dense dans cette petite cité de la pointe nord-est de l’Italie. Voir surgir au détour des ruelles une Studebaker Commander Regal, dessinée par Raymond Loewy, est comme une apparition. Pour le jeune homme, c’est une révélation. La silhouette de la voiture ne quitte plus son esprit et, de son propre aveu, sa vie en est décidée: il sera designer automobile. Une vocation est née. Pour se donner les moyens de ses ambitions, il intègre l’Ecole Polytechnique de Turin. Jeune diplômé, il postule chez Ghia et Pininfarina. Hélas, les portes des deux grands carrossiers italiens restent fermées. Parlant parfaitement l’Allemand, il tente alors sa chance chez Daimler-Benz, avec succès puisqu’il y est embauché au bureau de style en 1958.

Cette date est sans doute l’une des minutes décisives dans l’histoire du constructeur allemand. En effet, le styliste y fera toute sa carrière et signera un nombre impressionnant de créations pour toutes les Mercedes-Benz de route, comme les autocars, les utilitaires ou les camions durant près d’un quart de siècle. Auteur de la ligne des voitures-laboratoires C111, entre 1969 et 1978, il dessinera, entre autres, la révolutionnaire 190 (W201), lancée en 1982. Elle restera son dessin préféré. Mais, aux yeux de Benjamin B., comme de bon nombres d’amateurs du modèle aujourd’hui, le chef-d’oeuvre de Bruno Sacco est le cabriolet SL type R129.

6 cylindres ou V12 : Des mécaniques affûtées

Quasiment inchangée esthétiquement au cours de sa longue carrière, ce qui n’est pas si fréquent dans l’industrie automobile, cette SL sera proposée en de nombreuses motorisations alléchantes, venant augmenter les promesses des trois versions initiales: 300 SL (6 cylindres de 190 ch), 300 SL-24 (6 cylindres à 4 soupapes par cylindre de 231 ch) et 500 SL (V8 5,0 l. de 326 ch). A partir de juin 1992, la R129 pourra même proposer, avec la 600 SL, un V12 de 6,0 l. de 389 ch. Du brutal pour un cabriolet voué au grand tourisme chic. Pour les clients les plus fougueux, le sorcier AMG, préparateur officiel de la marque, proposera aussi quelques déclinaisons diablement affûtées.

Néanmoins, les connaisseurs d’aujourd’hui ne se laissent pas facilement attirer par ce chant des sirènes germaniques quelque peu dithyrambique.

Certes puissant, le V12 se montre néanmoins pesant sur le train avant, pénalisant la vélocité du véhicule et son agrément de conduite une fois sorti de l’autoroute, et terriblement dispendieux à l’entretien. Si les version équipées du V8 sont aujourd’hui plébiscitées car elles réalisent le bon point d’équilibre entre puissance, confort et entretien, les amateurs les plus exigeants tournent leurs regards vers les modèles à six-cylindres. Selon Benjamin B., ils méritent d’être redécouverts.

Mercedes SL type R 129 : Laquelle choisir ?

Encore faut-il y voir clair dans la production. Une fois de plus, il convient de regarder les références et les nomenclatures. L’industrie automobile allemande, comme l’horlogerie suisse, aime la précision; ce qui facilite parfois la vie des collectionneurs. La date charnière, c’est le millésime 1994, introduit durant l’automne 1993. La mention SL bascule devant l’indication de la cylindrée. A la 300 SL, Mercedes substitue deux modèles : la SL 280 (6 cylindres 2,8 l., 197 ch) et la SL 320 (6 cylindres 3,2 l., 220 ch). La 500 SL et la 600 SL deviennent logiquement SL 500 et SL 600. Autre transformation à laquelle il faut être attentif: le remplacement en 1998, du 6 cylindres en ligne, type M104, par un V6 dénommé M112.

Mercedes-Benz SL Type R129 - Motorisation

« Par chance, ma voiture, une phase 2 produite en juin 1996, est équipée du 6 cylindres en ligne. C’est d’ailleurs le tout dernier moteur de ce type produit par Mercedes. Très souple, il développe 232 ch. Léger et économique (autour de 11 l/100 km, NDLR), il est vif et coupleux, rendant la voiture très plaisante » souligne, Benjamin B., toujours enthousiaste a vanter les qualités de ce modèle désormais à portée de main (mais pour combien de temps encore ?), avec une cote variant entre 18 et 20 000 euros, selon la version, pour une voiture en bel état. L’une des questions clefs étant de trouver un exemplaire à l’historique d’entretien limpide, mais aussi avec un kilométrage raisonnable, ce qui est loin d’être évident. Celle de Benjamin B. affiche fièrement 140 000 km, dont 25 000 parcourus par notre collectionneur.

Mais ce n’est tout de même pas rien que pour ces éléments chiffrés que Benjamin B. a craqué pour cette auto, à Nice, entre deux rendez-vous.

« Sa combinaison de couleurs – carrosserie gris clair, référence 744, et intérieur bleu – est très rare et c’est ma préférée. Je n’ai donc pas résisté à aller la voir de près. Le garagiste m’a raconté qu’elle avait été vendue neuve à un vendeur de yachts installé sur le port de Cannes. C’était sympathique. mais surtout, elle était impeccable et très complète, avec tous ces accessoires, ses livrets, sa trousse à outils d’origine, et son hard-top irréprochable; beaucoup ont été voilés ou griffés dans les opérations de démontage. Autre petite option rare, elle est équipée des essuies-glaces de phares, code 600. Alors, j’ai demandé si la capote aussi était bleue, ce qui est encore plus rare. Le vendeur n’en savait rien. Il ne savait même pas si elle avait sa capote car, depuis des années, il n’avait jamais vu la voiture sans le hard-top. Pour le provoquer, je lui ai dit que si la capote était bleue je ne pourrai pas faire autrement que la prendre... »

Une petite minute de forfanterie qui devient cet instant décisif. En un tour de main, le toit rigide est décapsulé et la capote bleue apparaît. L’affaire était faite. « C’est pour moi la voiture idéale, que je ne vendrai jamais » affirme Benjamin B., qui ne cache pas son attachement particulier à ce véhicule qu’il utilise presque quotidiennement depuis 5 ans et qui tient une place à part dans sa collection, avant de se laisser aller tout de même à une faiblesse. « Si on me proposait une Mercedes SL 500, avec 100 000 km de moins et dans la même combinaison de couleurs…« . Il pourrait bien y avoir une nouvelle minute décisive.

Mercedes-Benz SL Type R129 - Benjamin B.

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