fbpx
menu
search

Bulova Type A-11 La montre qui a gagné la guerre

Les montres militaires occupent évidemment une place de choix dans l’imaginaire de nombreux collectionneurs dont nous faisons partie. Des objets conçus pour remplir des fonctions bien précises. Une essence qui leur confère ce charme simple et naturel. C’est aussi ce qui fait que nous les aimons. 

Si les montres de la fameuse « Dirty Dozen » de la Royal Air Force britannique n’est plus à présenter, nos chers voisins anglais ne sont évidemment pas les seuls à avoir eu besoin d’un outil de lecture du temps fiable et parfaitement lisible lors de la deuxième guerre mondiale. Les américains aussi ont leur montre militaire iconique de la WWII, c’est sur celle-ci que nous allons nous attarder aujourd’hui. 

BULOVA A11 - Montre Militaire

Type A-11

Comme souvent pour les objets de dotation, tout part d’un cahier des charges. Ici, cela sera- je vous le donne en mille– le A-11. Ce nom servira à désigner les montres produites sous ces spécifications. Ce cahier des charges partage plusieurs points communs avec celui du MoD britannique, comme celui d’avoir une très bonne lisibilité, des chiffres arabes et une minuterie chemin de fer, ou encore la résistance à la poussière et à l’eau- quand on pense que certaines montres ont participé au grand débarquementchoix judicieux !

BULOVA A11 - Montre Militaire

Un point particulier la distingue cependant de ses célèbres cousines britanniques : un mouvement stop-seconde et à seconde centrale. Ces montres étant fournies principalement aux pilotes américains (quelques soldats d’infanterie en étaient également dotés, d’où la présence lors du débarquement), ceux-ci avaient besoin de se coordonner à la seconde prêt pour lancer leurs assauts aériens. Cette dernière spécification pousse les manufactures à ajouter un pont et un rubis supplémentaires (portant le total à 16 rubis alors que le cahier des charges n’en demandait que 15) afin de faire passer l’aiguille des secondes de la position à 6 heures en position centrale.

Publicité
Serica Watches - W.W.W.

Le système de stop-seconde est quant à lui assuré par un levier qui vient bloquer la roue du balancier lorsque l’on tire la couronne. Enfin, pour assurer l’étanchéité à la poussière, les dernières versions étaient équipées d’un cache poussière amagnétique en Invar,  un alliage de fer et de nickel possédant un faible coefficient de dilatation- donc résistant aux hautes températures. La découverte de cet alliage a tout de même valu le prix Nobel de physique à son inventeur suisse Charles Édouard Guillaume en 1920 – technologie de pointe. 

BULOVA A11 - Montre Militaire

3 manufactures et de multiples versions 

Trois entreprises américaines répondirent à la demande de l’armée américaine : Bulova, Elgin et Waltham. Plusieurs dizaines de milliers de montres seront produites par ces trois manufactures. Malgré cela, les modèles en très bon état se font rares, la faute aux champs de bataille et à un boitier le plus souvent en laiton chromé. Heureusement pour nous, collectionneurs du 21e siècle, certaines boites ont été faites en argent, beaucoup plus résistant aux affres du temps et un poids qui rappelle que nous avons un outil au poignet. Ce choix a été fait car le laiton était particulièrement utilisé pour l’effort de guerre au même titre que l’acier. 

BULOVA A11 - Montre Militaire

Les mouvements utilisés étaient de bonne qualité pour l’époque avec une précision de plus ou moins 30 secondes (habituel dans les années 40) et une réserve de marche allant de 30 à 56 heures selon les modèles. Elgin utilisait son mouvement Elgin 539, tandis que Bulova utilisait le 10-AK-CSH.  

Malgré les spécifications de l’U.S. Navy Bureau of Aeronautics, on trouve plusieurs versions de la type A-11, notamment parmi les premiers modèles avec des versions à cadran blanc, aiguilles et indexes noirs et des lunettes « coin edge » ou lisses.

Bulova Type A-11

La montre que nous vous présentons ici a été produite par Bulova, comme l’atteste les inscriptions sur le fond de boite. En effet, pas de marque sur le cadran, comme souvent pour les montres militaires.

BULOVA A11 - Montre Militaire

Les aiguilles glaives peintes en blanc offrent un contraste et une lisibilité vraiment exceptionnels et donnent par la même occasion beaucoup de charme et de personnalité à cette pièce. Le verre acrylique était quant à lui spécifié « incassable » – je ne m’aventurerai pas à tester si c’est vrai. La couronne est striée et oversized afin d’en faciliter la manipulation par les pilotes. 

Si les montres type A-11 ne connaissent pas le même engouement de la part des collectionneurs que celles de la « dirty dozen » c’est probablement du fait de leur taille contenue. Vous l’aurez sans aucun doute remarqué, l’ouverture de cette boîte, hors couronne, ne mesure que 32mm pour une longueur corne à corne de 39mm. Nous sommes donc très éloignés des standards actuels, pourtant la type A-11 conserve une vraie présence au poignet. Sans doute le poids de l’Histoire y est-il pour quelque chose… c’est indéniable.

Si l’univers militaire et la dimension historique d’une montre vous parle, la Type A-11 à donc de très belles cartes à jouer. Les projecteurs ne sont pas braqués sur elle et vous pouvez trouver des pièces en bon état –moyennant une recherche sérieuse– pour quelques centaines d’euros. Vous aurez alors le plaisir de pouvoir dire que vous portez « l’une des montres qui a gagné la guerre ». Ce n’est pas rien…

2 réponses à “Bulova Type A-11”

  1. Avatar Jacquot Éric dit :

    Félicitations mon cher Raph ce 1er article ! Chapeaux bas à l’équipe des rhabilleurs.👍😍

  2. Avatar Denis dit :

    Bonsoir, article intéressant.
    Un point important non mentionné:
    A l’époque, et demandé dans la spécification, la peinture luminescence des aiguilles et marqueurs du cadran contenait du radium, toujours aussi radioactif aujourd’hui.
    Avis aux amateurs…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

DIRECTEMENT CHEZ VOUS

TOUTES LES SEMAINES

expand_less