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Serica De l'origine et de l'importance d'un nom de marque

Donner un nom à une marque, une marque de montre en l’occurence, n’est pas tâche aisée. C’est même très complexe dès lors qu’on y réfléchit un peu. Sans doute trop. Une démarche totalement comparable à celle de choisir un prénom pour un enfant. Un nom qu’il portera toute sa vie.

Une orthographe, des sons, un sens. Un nom qui sera sans doute prononcé par des langues et des cultures différentes.

Nous avons récemment été confrontés à cet exercice et vous êtes aujourd’hui nombreux à vous demander d’où vient le nom SERICA. Ça ne vient pas de nulle part, je vais vous expliquer…

Au commencement : une envie & un produit

Faisons quelques pas en arrière. L’idée de départ n’était vraiment pas de créer une marque, mais bel et bien un produit abouti. Une montre désirable qui ne soit pas inaccessible et qui allie plaisir esthétique et forte personnalité mais aussi resistance et étanchéité. Une montre de tous les jours qui puisse nous suivre aussi bien la journée au bureau, en randonnée, sous l’eau et jusqu’aux évènements les plus formels en un simple changement de bracelet.

Je suis certain que vous comprenez cette envie.

Mais jouer avec des codes classiques sans tomber ni dans le plagiat ni dans le patchwork d’éléments iconiques est un exercice périlleux qui a pris du temps et de nombreux ajustements au dixième de millimètre près.

Il y a à peine quelques mois, nous étions enfin satisfaits du résultat. Nous avions alors une montre que nous avions réellement envie de porter. Et c’était là bien l’essentiel. Une montre que l’on puisse porter au quotidien en pensant le moins possible à sa vieille Submariner, à ce chrono ou à cette Speedmaster.

Le pari était pour nous réussi… mais nous n’avions toujours pas de nom.

Il en fallait pourtant un et très vite. Cela devenait une obligation légale pour protéger efficacement concept et design…

De la véritable utilité du nom

On peut tenter de jouer en dehors des sentiers battus, ne pas vouloir faire comme tout le monde. L’idée de la montre sans nom conservera d’ailleurs un cadran non signé, pour de nombreuses raisons. Mais une chose est certaine, un nom de marque a une utilité indéniable, celle de pouvoir être reconnu et partagé facilement. Nous en avions donc besoin.

Mais lorsqu’on est persuadé d’avoir créé un produit abouti, on ne se résout pas à lui donner n’importe quel nom. On cherche des sons, du sens, une graphie. Quelque chose de simple et d’incarné… dont le nom de domaine soit disponible et qui ne soit pas déposé en classe 14. Encore une fois, loin d’être évident à l’heure d’internet et de Kickstarter…

Après des semaines et des semaines d’obsession et de déception, un nom allait enfin faire l’unanimité : SERICA

Serica : voyage au bout du monde

Tout semblait presque perdu. Mon cerveau en pilote automatique en était résolu à jouer frénétiquement avec les syllabes des mots « Stationnement Interdit » inscrits de l’autre côté de la rue. Il était temps de faire une pause, de reprendre son souffle et de prendre un peu de distance, même si les deadlines approchantes nous disaient tout l’inverse.

C’est en weekend à Vienne en visite à des amis que j’ai trouvé la réponse, au coeur de la Bibliothèque Nationale Autrichienne.

Fondée par les Habsbourg au moyen-âge, la bibliothèque est un bâtiment incroyable. Les boiseries qui s’étendent à perte de vue jusqu’aux voûtes peintes côtoient les ouvrages, globes et cartes qui y sont conservés depuis des siècles. Une ambiance particulière et inspirante.

C’est exactement en parcourant l’une de ces cartes, datant du 14ème siècle, qu’est apparu le nom de Serica. Une province éloignée, dernier point de commerce connu sur la route de la soie. En d’autres termes : le bout du monde pour les grands navigateurs et explorateurs européens de l’époque.

La phonétique, la simplicité, la graphie, je fus immédiatement séduit et m’empressais d’y ajouter les mots « montres », « watches » et « chronographe » pour me projeter dans le vif du sujet. Ça me plaisait toujours.

En me renseignant davantage, j’ai même découvert que les habitants de cette région aujourd’hui oubliée ne faisaient pas partie d’un peuple d’Asie mais bien d’origine européenne, vraisemblablement descendants d’anciennes légions romaines jamais rentrées au bercail.

Un peuple disparu d’une région du bout du monde…Une montre ambitieuse qui pour ses créateurs n’existe plus aujourd’hui et conçue pour nous accompagner jusqu’au bout du monde ? Ça fonctionnait dans mon esprit de mieux en mieux. Le mot était simple, facilement prononçable en rempli de sens. Un marque de montre allait naître sous ses lettres…

Quelques jours plus tard, nous nous attaquions avec un ami proche au dessin d’une police et d’un cartouche reprenant la forme d’une montagne au loin et son reflet dans un lac. Une certaine vision du bout du monde…

Vous savez maintenant d’où provient ce nom qui pourra dès le mois de septembre être partagé par ceux à qui l’on demandera j’espère : « Très jolie montre, qu’est-ce que c’est ? « 

Nous pourrons alors répondre très facilement :  » Ma montre ? Une Serica W.W.W. Elle me suit partout…« 

4 réponses à “Serica”

  1. MikaWatches dit :

    Une très belle histoire, une bel objet; c’est tout ce qu’on aime
    Tous mes meilleures vœux de réussite une nouvelle fois.

  2. Guillaume dit :

    « Serica », entre la police et la cartouche, pour moi ça sonne finalement comme une vieille marque Suisse qui aurait toujours existé. Il y a en outre un côté rassurant. Ici pas de nom/prénom trop ronflant ou de logo trop capillotracté, vous êtes resté dans la simplicité tout en gardant de la cohérence par rapport à l’idée de départ, BRAVO ! J’ai hâte de porter mon exemplaire ! Au fait les 500 premières seront-elles numérotés ?

    Amicalement,

    Guillaume

    • Merci Guillaume, simplicité et cohérence sont en effet deux valeurs qui nous tiennent à coeur et desquelles nous ne souhaitons jamais nous éloigner. Nous allons faire bien attention 🙂
      Pour ce qui est de la numérotation des pièces, chaque montre disposera de son numéro de série unique qui nous apporte un traçabilité quant à la production, lot de mouvement, date etc… Une numérotation qui ne sera pas forcément séquentielle par contre.

      Amitiés,
      Jerome

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