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Réflexion : Y aura-t-il un jour une “Watch Culture” ?

Réflexion : Y aura-t-il un jour une “Watch Culture” ?

Une question qui nous taraude. Une réflexion à laquelle vous pourrez peut-être nous apporter des éléments de réponse. Il y a les motards et les surfeurs, les rappeurs, les pilotes et les grimpeurs. Tous ces groupes partagent des rites, des valeurs, un jargon et des codes vestimentaires autour de leurs passions communes. Mais qu’en est-t-il des montres ? Peut-on dresser un profil type de l’amateur de montres, de ce “watch guy” que nous sommes tous devenus, forcément, chacun à notre manière ? Peut-être, peut-être pas. C’est ce que nous allons essayer de voir aujourd’hui…

Première étape, comment définir une “subculture” ?

Nous parlerons ici de “subculture“, n’en déplaise à nos amis exclusivement francophones, simplement car la traduction littérale française de “sous-culture” a ce double sens à connotation péjorative qui me déplaît au plus haut point. Je parle en effet de “ces groupes dans le groupe”, d’individus qui se reconnaissent et partagent rites et valeurs. D’un groupement de taille plus restreinte par rapport à une culture générique, certes, mais qui n’est en aucun cas inférieure. Au contraire, toutes ces subcultures témoignent de la richesse et de la complexité des phénomènes de regroupements.

Wheels and Waves - Blitz & Tudor

Pour prendre un exemple moins niche que l’horlogerie pour commencer, il y a les motards et la “Moto-Culture”. Une subculture très forte qui lie ses membres et leurs chevaux d’acier autour des valeurs de liberté, de vitesse, d’entraide et d’indépendance, quelle que soit la culture d’origine de l’individu ou son milieu social. C’est beau et ça rapproche. On partage, on échange et des amitiés naîssent autour d’une passion commune. C’est l’idée. Ne dit-on pas d’ailleurs que “qui se ressemble, s’assemble” ?

Blitz Motorcycles : Fred & Hugo

Que vous soyez un grand chef d’entreprise américain de 55 ans, ou un jeune jardinier paysagiste japonais de 23 ans, cette appartenance à la même subculture vous rapprochera instantanément. Vous apprécierez d’abord ensemble l’état exceptionnel de la Honda 500 Four du second, avant d’étudier minutieusement toutes les personnalisations qu’a effectué le premier sur sa Harley. S’en suivront inévitablement les anecdotes de Road Trip et les partages d’expériences que les motards connaissent, et que seul un motard peut comprendre. Même si on ne les a pas vécu ensemble, on a vécu les même choses, on se comprend.

Et l’amateur de montre dans tout cela ? Vous avez raison, pas toujours aussi évident à identifier qu’un motard et sa paire de Redwing au pied gauche usé par le selecteur. J’y viens.

L’amateur de montres, un spécimen “transversal” ?

L’amateur de montre est plus complexe à appréhender, pour une raison simple. Si le motard, le surfeur ou le grimpeur apprécient plus généralement leurs disciplines pour des raisons qui se ressemblent, que sont cet amour de l’océan, de la montagne ou ce sentiment de liberté, il est beaucoup plus diffus pour l’amateur de montre. Il y a en effet les esthètes, les historiens, les techniciens, ceux qui rêvent d’une montre qu’il ne se payeront jamais et ceux qui accumulent des montres qu’ils n’aiment pas tant que ça.

Journées d'Automne et watch-spotting - Omega Seamaster 120

Il y a les mono-maniaques  et ceux qui s’éparpillent au gré de leurs coups de coeur, ceux dont les coffres sont remplis de trésors gardés bien au chaud à l’abri des regards et ceux dont les yeux brillent de plaisir à chaque vérification de l’heure ou simple admiration de cadran et de patine.

CYMA - British Military

Il y a en fait autant de raisons d’aimer les montres qu’il y a d’individus. Cela complique évidemment très largement le dressage d’un profil type.

Un éclectisme qui à son charme

Alors à la question d’y aura t-il un jour une “watch culture” au sens de subculture identifiable qui nous réuni tous autour des mêmes valeurs, je pencherais pour l’instant vers le non. Ce n’est pas négatif, bien au contraire. S’il est plaisant et s’il peut être réconfortant de pouvoir anticiper les types d’individus que nous allons retrouver, il peut l’être tout autant de se laisser surprendre en ne sachant pas à quoi s’attendre.

Peut-être devrions-nous être encore plus précis et parler de “sub-subculture” ? Peut-être. En attendant, même si nous sommes évidemment tous différents, cette passion et ces rites nous rapprochent, même si nos goûts et nos raisons diffèrent.

Après tout, nous aimons tous la chasse au trésor que représente la quête d’une pièce et les efforts consentis pour acquérir ce bout d’histoire qui porte la marque du temps. Nous avons nous aussi, quelles que soient nos raisons, fait des expériences similaires qui nous rapprochent ou mieux encore, des expériences différentes qui nous enrichissent et feront que nous découvriront peut-être demain cette pièce magique dont on ignorait l’histoire.

Si la watch-culture se définit demain comme une culture dont nous nous caractériserions par le respect de valeurs communes de partage et d’échange d’informations autour de notre passion commune, je serais fier d’en faire partie, peu importe nos motivations initiales.

Je nous propose donc à tous de réfflechir un instant. Si nous n’avons pas de “watch-culture” à proprement parler, nous avons au moins notre “Sub-culture” à nous, qu’elle soit 5513 ou 1680…

Profitons de cette richesse et apprenons les uns des autres afin de tous devenir, ensemble, de véritables amateurs éclairés, à la fois esthètes et historiens férus de connaissances techniques. Peut-être qu’un jour on nous identifiera en tant que tel.  Ça me paraît personnellement être un excellent programme…

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5 réponses à “Réflexion : Y aura-t-il un jour une “Watch Culture” ?”

  1. Mickael dit :

    Article très intéressant, il est effectivement impossible de dresser un profil type du « watch-addict » et c’est certainement mieux ainsi.

  2. Matthias dit :

    Aaaah je me rappelle du temps où l’on était sûr d’avoir affaire à un passionné d’horlogerie lorsque l’on croisait quelqu’un arborant fièrement un nato à son poignet.
    Cela fût pendant quelques années une manière, quasi certaine, de se reconnaître entre nous, avant que les grands groupes horlogers (ou pas d’ailleurs) mettent la main sur le filon nato.
    Merci pour ce brainstorming du vendredi soir!
    Amitiés

  3. GIACHINO dit :

    Il ne peut pas y avoir de “Watch culture” simplement parce qu’il y a pas réellement d’activité significative, forte, fédératrice liée aux montres telle qu’une activité sportive par exemple.
    J’ai été golfeur une quinzaine d’années, quelle joie et quel plaisir de pouvoir partager une passion, avec tant de personnes si différentes, toutes barrières sociales abolies, seule comptant la passion du jeu.
    Dommage de ne pouvoir partager sa passion des montres de façon équivalente, une passion destinée à rester quelque chose de très personnel.

  4. Séb dit :

    Je pense que le nato ou le zulu est encore un bon moyen de reconnaître un amateur de montre.

  5. Patrice Maniquet dit :

    Il y a maintenant plusieurs groupes fermés d’amateurs de montres sur Face Book. Je suis personnellement membre du Wicked Watch Club, groupe qui compte environ 10.000 membres du monde entier, mais où les échanges se font exclusivement en Anglais. C’est un groupe de passionnés réunissant des amateurs ayant une seule montre à quelques euros et d’autres ayant une collection valant plusieurs centaines de milliers de dollars, mais tous unis par l’amour des montres.

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