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Simon Tran : L’âme de Moonphase.fr

Designer, graphiste, chef d’entreprise et père de famille. Kendoka et amoureux du vintage, il fait partie de ceux qui connaissent les histoires derrière les histoires de tout ce que nous aimons.

Cela me fait particulièrement plaisir de vous le présenter aujourd’hui car Simon est un ami. Il s’agit pour moi d’un grand Monsieur dans ce petit monde de l’horlogerie parisien. S’il n’est pas très grand par la taille, Simon l’est par ses connaissances et une vision de l’horlogerie guidée par la passion et les histoires, loin des tendances et des spéculations. Des histoires qu’il aime raconter et transmettre dans l’excellent blog horloger Moonphase.fr.

Moonphase.fr

Simon n’ira pas naturellement se mettre en avant, les Chambara (vieux films de Samurai japonais) avec lesquels il a grandi et l’image gravée du Ronin solitaire, modeste et talentueux, le lui interdisent. Pourtant si vous demandez à n’importe qui dans le milieu des montres, à Paris où ailleurs s’ils le connaissent, la réponse sera très certainement « bien sûr !« , avec un énorme sourire.

Comme il l’écrit lui-même si bien, « Moonphase est un blog qui parle des montres à travers le prisme complexe de ceux qui les portent » avant de compléter cette punchline de toute beauté avec une phrase que j’aime beaucoup et que je lui ai d’ailleurs emprunté (en citant) à de très nombreuses reprises tant je suis entièrement d’accord avec lui et ne pourrais mieux le dire : « Pour voir la montre, il faut d’abord regarder la personne qui se cache derrière. » So Very True.

Universal Geneve - Polerouter

Des articles publiés au compte-goutte (car il a également un vrai métier… lui) et que l’on découvre toujours avec un grand plaisir, tant ce monde d’anecdotes illustrées par des photos d’archives souvent en noir et blanc nous plait et nous inspire.

Assez bavardé, vous avez certainement compris que je compte parmi ses fidèles lecteurs, je vous laisse donc découvrir l’homme qui se cache derrière les histoires…

Quel est ton premier souvenir horloger ?

Le premier souvenir qui me vient, est comme pour beaucoup d’entre nous, la montre de mon père. Je devais avoir autour de 5 ans quand le cadran mystérieux de sa Movado Museum avait fortement marqué mon esprit d’enfant. La recherche du père revient très souvent dans les histoires de montres, c’est aussi une des thématiques centrales de mon blog.

Quel est ton parcours ? Comment en es-tu venu aux montres ?

Comme on dit souvent, la montre que vous portez ne définit pas votre personnalité mais elle y contribue fortement. Plus tard, quand le moment fut venu de me choisir un garde temps, c’est tout naturellement vers le vintage que je me suis dirigé. Le plus simple aurait été de pousser la porte d’une boutique et de me laisser guider mais comment aimer sans savoir ? Et comment comprendre sans en connaitre l’histoire ?

S’orienter vers le vintage est avant tout une démarche qui consiste à ne pas choisir la facilité. Vaste parcours initiatique qui pourrait durer toute une vie. Petit à petit, nos goûts s’affinent et évoluent, on déteste celles qu’on a aimées et vice versa. Finalement, tout est possible, mais une chose est sûre : le style n’est pas qu’une histoire de porte-monnaie et la montre qui vous ressemble n’est certainement pas la plus chère du magasin.

Glycine Airman

C’est ainsi que j’ai commencé mon parcours dans le monde des montres, je ne sais pas si j’en suis au début où à la fin. Peu importe la destination, car le voyage EST la destination. Sur mon chemin, j’ai découvert des femmes et des hommes, des anecdotes, des fragments de vies inconnues ou des destinées célèbres. Ce sont ces petites histoires de montres et ces montres de l’Histoire que je relate dans mon blog. La tâche est longue mais à la fois passionnante car il y a pléthore !

Quelles sont les montres que tu portes le plus (…En ce moment) ?

Je change très souvent d’avis, mais en ce moment, mes deux montres fétiches sont une authentique Omega Ranchero de 58 et une Datejust de 61 avec une lunette rare dite «Bamboo ». Produite en très petite quantité, elle a été commercialisée pendant un an seulement sur le marché italien.

Je possède aussi une Glycine Airman de la guerre du Viet Nam, une Polerouter Date, ainsi qu’une White Shadow, une montre extra-plate d’Universal Genève avec un micro-rotor de 2,5mm.

Je ne cite bien évidement pas les autres que j’ai lâchement abandonnées au détour de nouvelles rencontres …

S’il ne devait en rester qu’une ?

Honnêtement ? Aucune. Je me suis rendu compte récemment que je pouvais survivre sans mes tocantes. Quel soulagement. Je suis né le poignet nu et je repartirai ainsi. Je ne veux surtout pas que mes enfants s’encombrent de ces vieilleries pleines de radium toxique. Mais il me reste encore quelques belles années pour bien m’amuser. Comme je le dis souvent, le but n’est pas de posséder. Encore une fois, le voyage est la destination.

Au delà des montres, une autre passion à partager ?

Je pense que cette question est centrale. Lorsque je regarde autour de moi, je me rends compte que tout ce que je possède est « Vintage ». Avant les montres ça à été longtemps les guitares. J’aimerais connaitre d’avantage les bons vins, et par dessous tout, être initié aux sabres japonais qui me fascinent depuis tout petit …

Ta ville préférée ? L’endroit où tu te sens le mieux et où tu aimes retourner ?

Hong Kong, Fez et Los Angeles. Trois villes très différentes où je me sens bien, mais au bout de quelques jours c’est, bien sûr, Paris qui me manque le plus.

Le plus beau compliment qu’on puisse te faire ?

La modestie.

Ton plat préféré ?

Une douzaine d’Utah Beach N°2 avec un verre de chablis. What else ? (Ndlr : Comme quoi on peut être modeste et précis, quand on parle des bonnes choses…)

Plutôt Chocapic ou miel pops ? 

Je ne mange que très rarement au petit déjeuner. Quand je le fait, c’est très souvent le salé que je préfère. Une soupe de riz aux oeufs de cent ans dans le quartier de Wan Chaï à Hong Kong. Un sfenj (beignet marocain) trempé dans de l’huile d’olive à Bab Boujloud, à l’entré de la médina de Fez ou encore des huevos rancheros dans le quartier d’Echo Park à L.A.

Simon Tran - Moonphase.fr

Vous l’avez compris, Simon est à mon sens un amoureux des montres pour les bonnes raisons. Amoureux des objets qui racontent des histoires de vie car amoureux de la vie. Il connaît les récits, les légendes et les anecdotes et les transmet à son tour.

Pour toutes ces bonnes raisons je continuerai encore longtemps à guetter la prochaine publication Moonphase avec jubilation… et à t’appeler pour partager un Ramen et une bière à l’improviste! Merci Simon !

7 réponses à “Simon Tran : L’âme de Moonphase.fr”

  1. Batilou dit :

    Bravo Simon je te reconnais bien dans cette interview, une personne attachante, modeste et qui a le désir de connaître et de comprendre chaque montre qu’il possède.

  2. Alexandre T dit :

    Quel chouette gars ce mec ça fait plaisir de le voir ici 🙂

  3. Max dit :

    Un homme passionné et modeste. Bravo !

  4. Alain dit :

    Je n’ai pas eu l’honneur de rencontrer ce monsieur, mais il est vrai que son blog est un plaisir à lire et à relire, aussi bien par le style, les connaissance que la variété des articles.

  5. Speedywatch dit :

    Merci pour ce portrait d’un homme passionné, grâce à qui je decouvre régulièrement le vaste monde de l’horlogerie, souvent créateur d’envie, et toujours passionnant au travers de ces morceaux d’histoires qu’il aime conter. Encore merci à lui pour Moonphase.

  6. Anonyme dit :

    Bonsoir,
    Je suis un lecteur du blog aux articles aussi savoureux que rares de Simon, et je crois que tout se resume en un seul mot : joli !
    Jolie montres, joli voyage, jolies histoires et bien plus rare, jolie personne !
    J’aime les montres ( j’en ai trops ou eu trops pour que çe soit rationnel), on leur attribue ( souvent à juste titre) toutes les vanités du monde , et, Simon ecrit ou dit joliment ce que nous ressentons de notre passion !
    Comment expliquer notre emerveillement à ceux qui considèrent nos tocantes comme de vieux trucs métalliques à aiguilles ???
    Simon sait le faire, donc mille merci Simon !!!

  7. Anonyme dit :

    Unique, Simon Tran.
    Unique l’homme, le blog, et rare (et passionnante) sa vision de l’horlogerie.

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