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Monaco : De Heuer à TAG Heuer, la légende vibre toujours

Le matin lève un à un ses voiles. Le soleil étend ses rayons perçants et le ciel est d’un bleu azur. Une odeur froide d’huiles de moteur et de gaz d’échappement couvre la piste et les bosquets environnants. Michael Delanay enfile sa combinaison de pilote. L’histoire de la Heuer Monaco s’élance.

Le lancement de la Heuer Monaco

Un mouvement, une boîte

La fin des années 1960 est porteuse de rêves autour des montres automatiques. Jack William Heuer, parti faire ses armes en Amérique, et étant revenu avec des stratégies commerciales plein son sac, sait que ce lancement d’un chronographe automatique est décisif, et qu’il faut marquer durablement le monde horloger.

C’était sans compter la sortie (sans bruits) du mouvement El Primero au début des années 1969. Avant le Calibre 11, donc. Tout en étant déjà plus évolué que le Calibre 11, puisque possédant une date rapide, et surtout une fréquence plus élevée.

Ce mouvement est bien entendu le Calibre 11. Mais il est le fruit d’une grande collaboration entre plusieurs entreprises. À savoir Buren, Dubois Depraz et Breitling. On voit souvent des montres Buren, réputées pour leurs mouvements Microrotor, et d’une finesse remarquable. Dubois Depraz, entreprise existante depuis le début du siècle, sous-traite de nombreux mouvements, et à cette époque particulièrement des modules de chronographe. Breitling est aussi réputé pour ses chronographes.

La fusion de ces trois compagnons de route est à l’origine de ce mouvement, microrotor, avec un module de chronographe qui vient s’y apposer.

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L’autre gros succès de Heuer à l’époque, c’est la Carrera. Des chronographes assez sobre, à remontage manuel, très reconnaissables. Certaines références sont très recherchées aujourd’hui, particulièrement celles des années 60. Heuer comptait justement en profiter en utilisant des modèles de Carrera afin d’y incorporer ce mouvement. Mais le problème résidait dans la taille des boitiers, trop étroits pour accueillir le mouvement. Ayant dépensé quelques « sous » dans le développement du Calibre 11, Heuer abandonne cette idée. Et le mouvement est incorporé dans la Autavia.

Un industriel créateur de boitier, Piquerez, sous la demande de Heuer, fit une proposition intéressante. En effet, celui-ci propose un boitier carré, avec un fond spécifique possédant 4 petites accroches permettant de le sécuriser au maximum, en créant de la pression contre les bords de ce même boitier. Exclusivement pour Heuer. Le Calibre 11 incorporé dans cette nouvelle boîte, la Monaco est née. Historiquement en même temps que les Autavia possédant le nouveau calibre.

La montre

Heuer Monaco 1133B

La Monaco est évidemment connue pour son boitier original. Également le placement de la couronne à gauche, à l’opposé des poussoirs du chronographe. Connaissez-vous la vraie raison ? Qui est au passage plutôt cocasse. L’explication d’Heuer : on change la couronne de côté pour bien faire comprendre aux gens qu’ils n’ont plus besoin de remontoir, la montre étant maintenant automatique. Certes.

Ce qui est plaisant sur ce boitier, hormis sa forme, c’est ce fond de boîte « imbriqué » dans le reste du bloc. Ce fond est bien travaillé, avec de multiples facettes, et des impressions de rondeurs assez marquées, qui sont très agréables à observer. Cette montre est pleine de courbes, qu’il s’agisse de la partie « lunette » arquée, ou du verre lui aussi légèrement arqué. Les boutons poussoirs à six facettes viennent apporter à cette dimension géométrique de la montre.

Le modèle que nous avons ici est la référence 1133B (pour Blue), la même montre que celle arborée par Steve McQueen dans Le Mans. La toute première référence ressemble en tous points à celle-ci, mis à part les inscriptions du cadran. Sur ce premier modèle, figurent « Chronomatic » au dessus du logo Heuer, ainsi que « Monaco » au-dessus de la date. Les versions suivantes (de production) verront le « Monaco » au dessus du Heuer, et la mention « Automatic Chronograph » au-dessus de la date. Dans cette référence 1133, il y aura aussi un cadran gris (1133G).

D’autres références postérieures présenteront des dispositions de cadrans différentes, et moins équilibrées à mon sens. Il s’agit de la référence 1533, avec une petite seconde à dix heures (le « Monaco » étant juste en dessous). Viendront ensuite les « Three-Register » Monaco, avec les trois sous-compteurs. Le totalisateur des douze heures du chronographe passe à six heures, et une petite seconde apparaît à neuf heures. La principale différence à partir de ce modèle réside dans le retour de la couronne à trois heures, ce qui s’éloigne un peu du modèle original, malgré l’utilité limitée de cette couronne à neuf heures…

Heuer Monaco 1533(source : www.avantnoire.com)

Le point plus positif, c’est qu’avec la référence 74033 à partir de 1974, on retrouve nos deux sous compteurs historiques, avec un cadran qui perd la mention « automatic chronograph » (car le remontage est manuel seulement) et qui gagne donc en espace. Une belle version.

(source : www.thekeystone.com / www.chronocentric.com)

À partir de la seconde version de la 1133B déjà, le calibre 11 est parfois remplacé par le Calibre 12, qui vient corriger quelques petits défauts du calibre précédent. La version 1533 emboite un Calibre 15, différent par cette petite seconde et la présence d’un seul sous-compteur des 30 minutes du chronographe.

Le changement majeur se produira avec la référence 73633, où l’on trouve un Valjoux 7736, à remontage manuel. Ce qui est dommage, en comparaison avec la beauté des origines de la montre.

Un film, Le Mans

Heuer - Le Mans

En 1971, Lee Katzin finit de réaliser le Film Le Mans. Un tournage qui n’a pas été sans surprises et grandes difficultés. Des démissions suite au budget qui ne fait que s’étendre, des accidents, comme celui du pilote anglais David Piper, qui lui coutera une partie de la jambe. LE film pour lequel Steve McQueen se dépassera.

Jack Heuer eut l’intelligence après son séjour américain, afin de promouvoir certaines pièces telles les Autavia ou Monaco possédant le nouveau Calibre, de les faire apparaître sur la scène de Formule 1. Joseph Siffert devient alors l’égérie d’Heuer. Grand pilote, gagnant des 12 heures de Sebring, des 24 heures de Daytona, et autres 1000km du Nürburgring, il est l’homme idéal pour représenter la marque.

Certaines scènes du film Le Mans étant risquées, et les assurances refusant que Steve McQueen s’y risque trop, des doublages sont réalisées avec l’aide de grands pilotes, tels David Piper, Jo Siffert ou encore Derek Bell. Un jour, la légende raconte, et ce n’est à priori plus une légende, que Steve McQueen aurait dit en pointant du doigt Siffert qu’il souhaitait être habillé comme lui pour le tournage.

D’où la combinaison blanche Gulf/Heuer, et la montre Heuer. On sait que Siffert portait souvent une Autavia, et le choix de la Monaco a plusieurs explications. Steve McQueen préférait son design à celui de la Autavia, et c’est une première raison, l’autre étant qu’il y aurait eu plusieurs exemplaires de la Monaco sur le tournage. La rendant d’office premier choix au cas où il y aurait des incidents sur le tournage. Mais Steve ne quitte jamais sa Submariner 5512…

Steve McQueen Rolex Submariner 5512

Pérennité de la Monaco

Après la sortie de la mythique et rare Monaco « Dark Lord », avec sa forte identité due au PVD noir, Heuer a décidé d’arrêter la production des Monaco. Rien en lien avec cette pièce, mais il fallait bien admettre que son succès n’était que très limité, par sa forme et sa couronne au départ à gauche. Quel dommage.

Mais la Monaco n’avait pas dit son dernier mot, pour le meilleur et pour le pire…TAG Group (Technique d’Avant Garde) achète une grande partie des parts d’Heuer, lui permettant de former TAG Heuer. 1998 sonne l’heure des ré-éditions de la Monaco (entre autres, car des modèles de Carrera sont également de retour).

D’abord les fameuses séries « CS » avec différents modèles qui ne respectent certes pas les design originaux de la Monaco, mais l’esprit est là, et on lit « Heuer » sur les cadrans. D’une part la couronne est à trois heures, et les boitiers deviennent « complètement » carrés, alors qu’ils étaient avant « légèrement » rectangulaires (40mm x 38mm). De plus, les boutons poussoir du chronographe sont « rentrants » dans le boitier et plus de forme cylindrique avec tête monobloc.

Après le rachat de TAG Heuer par LVMH en 1999, le premier modèle produit est la référence CW2113, qui à mon sens reprend bien les racines de la Monaco. Deux compteurs (certes différents, par la présence d’une petite seconde à trois heures), la présence du « Automatic chronograph », la forme des aiguilles, la couleur rouge de l’aiguille centrale.

Hélas, en 2004, Steve se retourne dans sa tombe. Plusieurs fois. Une version « V4 » de la Monaco est présentée. Certes le mouvement est sympathique, manufacturé, et relève d’une prouesse technique. Mais le boitier n’est plus tellement similaire aux précédents. Ensuite, le chronographe s’est évaporé pour laisser place à une deux aiguilles squelette avec petite seconde, ce qui perd en esprit…

Tag Heuer Monaco - Ré-édition (source : www.timeandtidewatches.com)

Nous finirons par une note positive. Une édition est sortie récemment, en 2015, reprenant la couronne à gauche. Tout en ressemblant bien au premier modèle dans son ensemble.

Un grand nombre de personnes m’a déjà dit que voir la Monaco, en particulier le modèle original, les faisait voyager. Certains ne l’apprécient pas beaucoup à leur poignet, mais ne peuvent s’empêcher de la voir, de la toucher. Cette montre est une icône, aussi bien au niveau de son mouvement que de son boitier, et on ne peut s’empêcher de penser à Steve McQueen aussi bien qu’à Jo Siffert, tous deux encore parmi nous, malgré tout.

Heuer Monaco 1133B

2 réponses à “Monaco : De Heuer à TAG Heuer, la légende vibre toujours”

  1. john dit :

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    I really like that combination and I just thought that I could order 1 from you guys, or maybe you could point me where i could order It.

    thanks,

    John

    • Jérôme dit :

      Hi John,
      Thanks for your message, unfortunately, we stopped making these cordura straps due to quality issues. But the good news is that since then we introduced the leather rallye straps, in dark blue. The perfect combination with a Heuer Monaco if you ask me ! 🙂
      You can have a look at this strap right here : https://www.josephbonnie.com/fr/produit/bracelet-montre-rallye-cuir-veau-bleu/
      The chosen shade of blue is voluntarily lighter then desired as it gets darker with patina after a few weeks of wear.
      Let us know if you need anything else !
      Best,
      Jerome

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