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Le petit guide du chronographe Enicar « Graph »

Voilà une manufacture dont on entend peu parler. Mais qui a énormément de choses à nous raconter, hier comme aujourd’hui. L’histoire d’Enicar a déjà plus d’un siècle, et est influencée par la famille qui est à l’origine de ce beau et courageux projet. La manufacture a produit des montres mythiques, dans des univers bien différents, mais en conservant une âme certaine. Parmi ces pièces se cachent la famille des « Graph », des chronographes outils qui ont vu leur popularité et leur charme refaire surface assez récemment.

Un peu d’histoire : la famille Racine

On ne peut parler d’Enicar sans évoquer cette famille. L’esprit de découverte et d’ingénierie est une constante de cette lignée depuis deux siècles déjà au début du XXe siècle. Cet esprit pionnier et innovant s’illustrera évidemment à merveille dans ses créations. Des individus de la famille Racine, comme César Racine à la fin du XIXe, s’étaient déjà illustrés dans l’horlogerie.

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Mais le personnage de la famille qui nous intéresse le plus est Ariste Racine. Sa femme aussi. Le couple réalise le projet audacieux de se lancer dans la confection horlogère à partir de 1913. Initiales A.R. Mais, devant l’impossibilité de déposer la marque « Racine » (étant déjà déposée), c’est un anagramme (et même le nom écrit à l’envers) qui sera retenu. Enicar est né. Mais pas encore de manufacture, les premières pièces sortent de la maison familiale, pour les braves soldats notamment.

Agrandissement de manufacture par le rachat de la maison de la mère d’Ariste, près de Bienne, à Longeau pour être précis. Après un agrandissement de taille, tout était opérationnel est portait enfin le nom Enicar en 1919. Ce n’est qu’en 1934 que la société sera renommée « Enicar S.A ». Avant que la Seconde Guerre Mondiale n’éclate, le fils du couple Racine a pris la tête d’Enicar, et les parents sont sortis du business.

Après la Seconde Guerre Mondiale, Enicar se fera le soutien, mêlant l’utile et le marketing, de l’exploration et des sports extrêmes, qu’il s’agisse d’une expédition sur le Mont Everest, ou de courses automobiles. À partir de là, les petites pépites s’enchainent…

La famille des chronographe Enicar « Graph »

Enicar Sherpa Graph

Sherpa Graph

Arrivé en 1960, son apparition eu un grand retentissement. Encore une fois, il fut associé à la course automobile, grâce notamment à Stirling Moss, pilote automobile anglais s’étant illustré dans la formule 1 en particulier. Les caractéristiques de ce premier modèle, dit « Mark I » étaient des aiguilles avec une vraie forme glaive et une lunette interne. Mais plus tard, par difficulté de production de ces aiguilles, il y eu également l’apparition d’aiguilles squelettées et « lollypop », qui sont réellement les aiguilles les plus communes dans ce modèle. Jim Clark la rendra populaire en la conservant à son poignet lors de prestigieuses courses automobiles.

Les modèles Mark II possèdent un logo différent (le petit astre n’est plus collé à la marque), et un fond avec une gravure différente, tout comme le tachymètre qui n’est plus notifié « Base 1000 » et parfois le mot n’apparaît même pas. Celui que nous possédions sur Joseph Bonnie était un Enicar Sherpa Graph Mark II.

Les derniers modèles « Mark III » se caractérisent par une aiguille des secondes façon Lollypop rouge, et des aiguilles des sous compteurs bâton et fines. Les Mark IV auront des aiguilles bâton, et une échelle tachymétrique réduite.

Mais le plus important réside dans le coeur de la montre où vit un mouvement Valjoux 72 à roue à colonnes ainsi que dans son boitier « Bayonet » très spécifique et breveté, ce que l’on peut voir sur le fond de la montre par la présence d’un scaphandrier bien souvent.

Aqua Graph

Enicar Aquagraph

La famille des « Aqua », « Jet » ou « Super » Graph est un apparu au milieu des années 60, et le vrai changement résidait principalement au niveau de la lunette qui s’extériorise et devient tournante. Le mouvement Valjoux 72 reste fidèle au poste.

L’Aqua Graph est apparue en 1966, est possédait encore l’âme des Sherpa Graph, à savoir des aiguilles Lollypop carrées, et des aiguilles des sous compteurs de forme « Arrow ». La principale caractéristique de ces modèles et de posséder une double lunette. D’abord une lunette large et graduée 60 minutes (De 0 à 60, et non pas l’inverse comme sur les Super Graph), et ensuite une lunette très fine et rouge, avec un indicateur fléché, qui se positionnait entre la lunette et le verre.

Le modèle que nous avons eu la chance d’avoir sur notre shop Joseph Bonnie était une version qui possédait encore ses deux lunettes tournantes ainsi que les aiguilles Lollypop rectangulaires.

De grandes variations apparaîtront, entre les graduations sur la lunette (certains modèles auront une graduation « GMT » afin d’installer un second fuseau horaire en tournant la lunette), des aiguilles triangulaires, « lollypop » ou encore bâtons. En réalité, plus les modèles étaient récents, plus on voyait disparaître les aiguilles Lollypop rectangulaires.

Jet Graph

Enicar Jet Graph

Un modèle adoré pour sa lunette si caractéristique, graduée avec les 24 heures d’une fonction GMT, et surtout pour cette autre aiguille des 24 heures. Le diamètre est plus imposant. Les premiers modèles possédaient les fameuses aiguilles Lollypop rectangulaires.

Mais les modèles les plus « répandus » (la montre reste rare) sont les modèles avec aiguilles bâtons et aiguille des secondes triangulaire. L’aiguille « rallye » qui pointe vers la lunette est assez difficile à trouver, et reste, selon moi la plus charmante sur ce modèle.

C’est ce modèle que nous avons eu un mal fou à trouver pour le shop Joseph Bonnie. Avec sa magnifique aiguille Rallye et sa double lunette graduée 24 heures.

Le mouvement reste un Valjoux, mais le 724, que l’on a pu retrouver sur certaines Autavia, et qui présente une petite modification pour la fonction GMT.

Des montres plutôt rares, donc, et avec une réelle identité. Le genre de pièce que l’on observe pas tous les jours. Leurs proportions sont belles, à l’image de leurs lunettes, et de leurs superbes mouvements.

Joseph Bonnies - Montres Vintage Enicar Jet Graph

2 réponses à “Le petit guide du chronographe Enicar « Graph »”

  1. Frédéric Lafosse dit :

    Superbes photos pour illustré un modèle mythique de l’horlogerie! Quel est le modèle et la marque du stylo (superbe lui aussi ????) sur la première photo de votre très bon article?
    Merci!

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