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Yema : Superman serait-il vraiment de retour ?

Jérôme
Le 8 février 2017
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Nous qui surveillons de près les cotes de l’occasion et parcourons le monde en quête de trésors vintage, nous n’avons évidemment pas manqué de nous intéresser aux chronographes et montres de plongée de la marque française Yema. On voit en effet depuis plusieurs années les collectionneurs s’intéresser de plus en plus à ces pièces et ce n’est pas surprenant : de grandes ouvertures de boîte pour des montres de sport facilement identifiables, de beaux mouvements et des configurations de cadran qui sont nombreuses et vont des index peints de la Superman aux touches de couleurs caractéristiques des Yachtingraf.

Montres Yema - Vintage

La marque qui s’est longtemps égarée, voir fourvoyée depuis la crise de l’arrivée du quartz au début des années 80 fait aujourd’hui partie d’un groupe qui semble décidé à lui redonner ses lettres de noblesse. Le chemin est encore long mais l’idée est séduisante. Allons voir cela de plus près…

Yema : une bien belle histoire

Au cours des années 50, 60 et 70, Yema est considérée comme LE fleuron de l’industrie horlogère française. Fondée à Besançon en 1948 par Louis Belmont, l’entreprise fabrique rapidement des montres de spécialistes en sortant notamment les premières séries de chronographes mécaniques  fabriqués en France (animés par des calibres suisses). Dès les années 60, Yema grandit et devient la marque française la plus exportée. L’expansion continue et la production ne cesse d’augmenter jusque vers la fin des années 70. En 1977 l’entreprise atteint son apogée en produisant plus d’1,3 million de pièces exportées dans plus de 60 pays.

Montres Yema - Vintage Ramona reverse panda chronograph

On ne parle donc pas ici d’une marque confidentielle mais bien d’une maison française qui a connu un âge d’or et une vraie notoriété dans le monde entier et a laissé derrière elle de nombreuses références devenues cultes.

Les modèles iconiques Yema

Pourquoi un tel engouement ? Car certaines références caractéristiques et au design iconiques, très facilement identifiables, se sont frayées un chemin dans le coeur de nombreux collectionneurs alors que ces derniers n’étaient alors que des enfants. Nous retenons en particulier les références Superman et Yachtingraf, sorties respectivement en 1963 et 1968.

Yema “Superman”

La Superman est une montre de plongée comme nous les aimons : une vraie toolwatch (300m) dans des proportions gardées, différentes déclinaisons de cadrans et tailles d’une même boîte, des index peints et surtout un mécanisme breveté, extrêmement simple et efficace de blocage de la lunette lorsque la couronne est vissée. Cette dernière caractéristique peut être comparée, toutes proportions gardées, à des spécificités techniques et esthétiques que l’on retrouve sur une Omega PloProf ou au pont protège-couronne d’une Panerai Luminor, qui confère à ces montres leurs personnalités respectives. Forcément nous aimons beaucoup cette héritière de l’âge d’or d’une horlogerie française choisie à l’époque pour équiper les pilotes de l’armée de l’air française.

Yema “Yachtingraf”

Le chronographe de Régate de la marque française à laquelle certains collectionneurs s’intéressent de plus en plus. Comme pour la Superman il en existe de nombreuses variantes, plusieurs types de boîtes, cadrans et mouvements, ce qui rend parfois la mission de s’y retrouver très périlleuse lorsqu’il s’agit de pièces vintage. A l’intérieur de ces belles boîtes, de célèbres, robustes et fiables mouvements mécaniques qui nous viennent de Suisse. On retrouve fréquemment le Venus 150 ou encore les Valjoux 92,  7733,  7734, 7736 ou encore 7750.

Yema : un nouveau départ ?

Depuis le début des années 80, l’équipe responsable de tous ces trésors à laissé la place à bien des successeurs plus ou moins déterminés à poursuivre l’aventure : Le groupe Lagardère dès 1982, le Groupe Hattori (Seiko) en 1988 ainsi que plus récemment depuis 2009 le groupe Montres Ambre de Morteau.

Aucun d’entre eux n’a pourtant réussi à remettre la marque sur le chemin du succès. Rassurez-vous cependant, tout n’est pas perdu, loin de là. Si la marque appartient toujours au groupe Montres Ambre, on constate une nouvelle direction aujourd’hui avec une jeune équipe décidée à faire parler d’elle. A l’écoute de la communauté Yema francophone, cette équipe semble être sur la bonne direction, même si la route est encore longue.

On voit aujourd’hui réapparaître sur le devant de la scène une Yema Superman qui, sans ressembler trait pour trait à son illustre aïeul, en possède cependant bien des caractéristiques et des qualités.

Yema Superman 2016

Une étanchéité à 300m, la forme de la boîte ainsi que le fameux dispositif de blocage de la lunette par la couronne en font un produit attractif. Affichée à un prix de 349€ en quartz et 690€ pour la version automatique, nous ne regretterons de ce design historique que sa taille.

Si la boîte de la nouvelle Superman ne fait que 40mm d’ouverture, la configuration de son cadran, index très proches du rehaut et lunette fine lui donnent beaucoup (trop ?) de présence au poignet ainsi qu’une impression de “flottement” au centre du cadran.

Une présence que les hommes forts aux larges poignets apprécieront certainement, les amoureux du modèle original qui ont de fines attaches, peut être un peu moins.

Coté mouvement, cette nouvelle Yema Superman est équipé du calibre MPB1000, un mouvement mécanique à remontage automatique développé  en France par le Groupe Ambre.  Un calibre de 31 rubis qui bat à 28.800 Alt/h et dispose d’une réserve de marche de 40h.

Notre avis

Même si cette première vraie renaissance de la Superman n’est pas encore parfaite, elle représente selon nous un premier pas fort remarqué dans la bonne direction. Nul doute qu’en continuant sur ce chemin, en étant à l’écoute des nombreux irréductibles Gaulois passionnés et amoureux de cette marque au passé glorieux, l’équipe actuelle pourrait bien nous reserver de bien belles surprises ! Je l’espère sincèrement.