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Portrait : Frédéric Brun, Gentleman & Farmer

Nicolas
Le 3 décembre 2017
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Pour le dernier portrait, nous vous parlions de Guillaume Tesson, un ami dont l’amour du cigare épate. Celui dont je veux vous parler aujourd’hui apprécie également un bon cigare accompagné d’un breuvage de qualité. Il a la plume délicate, l’esprit affuté et la connaissance automobile aiguisée comme une lame d’artisan boucher limousin. Il ne serait évidemment pas possible de le résumer à cela.

Mesdames et Messieurs (applaudissements, levé de rideau, foule en liesse) laissez-moi vous présenter Frédéric Brun.

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Frédéric est né à Marseille. C’est important, croyez moi sur parole, car le sud de la France le définit particulièrement. Sa famille est provençale, implantée depuis quelques temps entre Avignon et Aix en Provence. Il commence donc à étudier en 1993 à Aix, et c’est à ce moment qu’il fait une rencontre importante : celle de Jean-Bernard Raimond.

Celui-ci participe alors aux élections législatives avant d’être élu député de la 14e circonscription des Bouches du Rhône. Peut-être que tous ici ne le connaissent pas, mais il fut un personnage important de la diplomatie française. Entre l’ambassade d’URSS et du Saint-Siège et la participation active dans l’affaire des otages au Liban à la fin des années 80.

Le portait de Frédéric Brun - Jean-Bernard Raimond (à droite)

Sans attendre, pendant ses études de droit/Sciences politiques, Frédéric devient collaborateur de Jean-Bernard Raimond. Et ce pendant neuf années. Souhaitant approfondir cette voie, il poursuit dix années en politique en tant collaborateur parlementaire d’Olivier Dassault. Qui est aussi, au passage, vice-président du groupe presse Valmonde. Parmi les papiers du groupe, on trouve Valeurs Actuelles.

Par plaisir, par curiosité alors, Frédéric dégaine sa plume et écrit alors quelques articles d’art de vivre sur quelques parutions, à propos du cigare et de voitures anciennes. Brève introduction pour témoigner du fait que Frédéric a une passion certaine pour l’écriture. Je m’explique. 

Il publie un premier livre en 2006, Aston Martin, les 50 plus belles histoires. Il retrace anecdotes et détails automobiles précis depuis les débuts d’Aston en 1913. S’en suit alors une série de livres tout aussi plaisant voyageant à travers des univers qui sentent fort le cuir,  l’essence et le parfum féminin. Sur fond musical. Je pense à son livre sur Steve McQueen, à sa magnifique bible des James Bond Girls ou encore sa biographie de Frank Sinatra.

2012 sonne l’heure des législatives, mais Frédéric ne souhaite pas aller plus loin, probablement animé par l’envie d’écrire toujours plus. Il créé alors une structure pour se faire. En 2014, il participe au Tour-Auto avec comme co-pilote François-Jean Daehn. L’histoire est belle. Parmi les 300 autos alors présente, une 4CV sonne comme un peu comme dissidente.

Le portrait de Frédéric Brun - Tour-Auto 2014 (Source : Aon Classic cars)

Déjà parce qu’il s’agit d’une 4CV au Tour-Auto, mais aussi parce que cette auto à palmarès appartient à Adrien Maeght. Ce nom ne doit pas vous être inconnu. Lui et sa famille auparavant sont de grands mécènes d’art et ont créé une fondation pour la continuation et préservation de leur action.

François-Jean Daehn est aussi le fondateur de Montaigne Publications, qu’il a créé en 1991 et qui comporte, entre autres, les magazines Monsieur et Montres Magazine. Frédéric rejoint le groupe en 2015 pour prendre la charge de Montres Magazine. Ce qu’il fait toujours aujourd’hui avec élégance et plus que parler de simples “garde-temps”.

Le portrait de Frédéric Brun - Les montres de forme

Parlons peu, parlons montres. Frédéric est un homme à formes. Comprenez que les montres rondes, ce n’est pas sa came. Il les aime carrées, rectangulaires, à bascule. C’est à 15 ans qu’un premier pas est mis dans ce bel écrin horloger. Son père l’a quitté cinq ans auparavant, et lui a laissé deux montres. À 15 ans, il aime à porter ces montres chargées de sens et d’émotion. Les plus belles montres de la cour de récréation. Une Universal Genève et un chronographe Suisse.

Pour ses 20 ans, sa mère, sentant peut-être déjà l’intérêt du jeune et fougueux Frédéric pour les montres de forme, lui offre une Eterna 1935. Trois ans plus tard, il tombe pour la mythique Reverso. En même temps, quel meilleur rite initiatique pour adorateurs du format rectangulaire ?

Par la suite, il ose la Cartier Tank “Cabriolet”. Une pièce assez surprenante, puisqu’à tout moment, la carrure peut se redresser et être utilisée comme horloge de table, par exemple.

S’il ne devait en rester qu’une ?

L’Eterna de ses 20 ans, cela sonne comme une évidence. À ce moment une source de joie immense, joie prolongée quand il la porte aujourd’hui, comme souvent d’ailleurs.

Le portrait de Frédéric Brun - Les montres de forme

Plus que ça même, un cadeau de sa mère alors que son père n’est plus là. Illustration parfaite de la puissance d’un objet telle la montre, et de tout ce dont celle-ci peut encore témoigner, longtemps après.

D’autres intérêts cachés ?

Frédéric, derrière sa vie parisienne active, ses aventures en scooter ou en Jaguar entre l’Automobile Club de France et ses différents lieux d’action et de recherche d’écriture, est un homme du terroir. Celui qui arrive en campagne, se baisse, saisit une motte de terre avant de délicatement l’humer et dire “Nous allons repousser d’une semaine la récolte”. Il apprécie l’équitation et la viticulture, ayant cet amour pour l’homme de la campagne qui sait allier et fusionner son intelligence avec le travail de ses mains.

Quel est l’endroit où tu te sens le mieux ?

C’est naturellement la Provence qui lui vient à l’esprit, et la Méditerranée plus largement. Il a encore l’odeur et les images d’une enfance heureuse du côté des îles du Frioul, près de Marseille. Des images inondée d’une intense luminosité et ponctuées des bains de mer dans une eau claire et tiède.

Quel compliment aimes-tu entendre à ton propos ?

Restons simple. Entendre qu’il évoque la gentillesse, la bienveillance et la générosité sont pour lui les plus doux des compliments. Et des qualités qu’il place au sommet sans ses relations humaines, naturellement.

Un plat, un long drink préféré ?

Un Lapin à la moutarde et Frederic est le l’homme le plus comblé. Des odeurs et un moment qui marquent l’enfance, et qui ne quittent jamais, et heureusement, l’esprit adulte.

Chocapic ou Miel Pops ?

Le petit déjeuner s’en passera. Ce premier moment de la journée est placé sous l’aura ‘Healthy’. Un fruit, un yaourt et des graines en tout genre, arrosées d’un thé vert.

L’affaire est pliée, il est déjà sur son Vespa à arpenter les rues parisiennes, pensant à sa prochaine escapade Aixoise ou à sa prochaine table à la bonne cuisine française.

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