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Petite Explication d’une Grande Complication #8 : le chronographe rattrapante

Nicolas
Le 13 juin 2016
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Rattrape moi si tu peux… Dans le sillage du chronographe avec retour en vol, intéressons-nous aujourd’hui à la complication “soeur” pour la mesure du temps qu’est le Chronographe à rattrapante, vraie complication sportive, qui ne se prend pas en main aussi facilement que l’on pourrait le croire. Mesurer un temps, c’est bien, mais en mesurer deux c’est mieux. À condition bien sûr que les deux temps que l’on mesure démarrent au même instant, une course à plusieurs concurrents par exemple…

Concrètement, comment ça marche ? Vous avez deux aiguilles de chronographe superposées. Une pression sur le poussoir du haut déclenche le chronographe, les aiguilles restent superposées. Une autre pression sur le même poussoir, les aiguilles s’arrêtent, et on remet à zéro avec le poussoir du bas. Utilisation simple du chronographe.

Maintenant, reprenons. Première pression sur le poussoir du haut, les aiguilles partent ensemble. Mais en pressant maintenant le poussoir à dix heures, une aiguille s’arrête, l’autre continue seule son chemin. Pour contrôler cette aiguille solitaire, il faut utiliser le poussoir du haut (à deux heures). Maintenant, si vous pressez le bouton poussoir à dix heures une nouvelle fois, l’aiguille qui s’était arrêtée “rattrape” l’autre, d’où le nom de la complication.

IWC Portugaise Rattrapante

Ainsi, il est possible de mesurer les temps de deux coureurs qui démarrent en même temps leur course…mais qui ne franchissent pas la ligne d’arrivée au même moment.

Pour résumer “simplement” :


Chronographe à rattrapante, n.m :
“Complication permettant de chronométrer deux évènements qui commencent au même moment, mais qui peuvent présenter des durées différentes”


L’idée provient d’un grand nom de l’horlogerie, Louis-Frédéric Perrelet, qui dépose en 1828 un brevet pour cette seconde rattrapante. Depuis lors, de grandes montres rattrapantes sont nées, et chaque manufacture y va de sa petite participation. On pense souvent à ces montres gousset assez imposantes qui présentaient cette complication. Mais on songe surtout à certaines Patek Philippe, par exemple à la référence 5204, qui de surcroît offre un quantième perpétuel. Easy baby…

Nous avons décidé de vous présenter une fière et digne représentante de cette complication : la IWC Portugaise rattrapante. Sortie de la manufacture en 1996 déjà, cette référence 3712 présente un mouvement qui utilise partiellement un ETA 7760, puisque IWC manufacture entièrement le mouvement de rattrapante qui vient s’y greffer. Il est assez difficile de décrire cette montre avec des mots plus qu’avec des émotions, mais le succès de cette pièce, qui a aussi fait la renommée de la portugaise chronographe, en est le témoin.

Ainsi, que ce soit pour chronométrer deux coureurs, ou alors pour mesurer le temps d’une course de cafard dans un quartier festif de Tokyo vers trois heures du matin, cette complication reste l’outil idéal, en même temps qu’une prouesse mécanique.  Ça vous plaît ? Catch me if you can !