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Rolex GMT-MASTER : Pepsi Max.

Nicolas
Le 13 juillet 2016
I

Il est impossible aujourd’hui de passer à côté de l’engouement extraordinaire pour la Rolex GMT-Master “Pepsi”, nom donné par les aficionados à la référence à l’insert de lunette bicolore rouge et bleu. Cette montre est devenue en quelques années avec d’autres références de la marque couronnée, et autres, l’un des symboles de l’investissement, “plaisir” et objet de convoitise mondiale. Comment expliquer cela ? Peut-être depuis que Rolex l’a remis au goût du jour en 2014, en proposant une nouvelle version avec la fameuse lunette. Retour sur l’épopée fantastique de la Pepsi. Petit rafraichissement…

Genèse

Au commencement, Rolex créa la référence 6542. Que la Pepsi soit, et la Pepsi fut. Sa création par la marque à la couronne en 1954 témoigne, pour les grands voyageurs et les pilotes de ligne, du besoin de disposer d’un affichage 24h et d’un second fuseau horaire à portée de main. D’où l’aiguille rouge supplémentaire. Cette aiguille fait le tour du cadran en 24 heures, et il suffit donc de tourner la lunette pour mettre en place un second fuseau horaire, tout en laissant aux aiguilles principales leur rôle d’heure locale sur 12h.

La première GMT-Master possédait une lunette Bakélite rouge/bleu, qui sera remplacée plus tard par une lunette en métal, plus solide. Souvenez-vous de l’épisode de James Bond Goldfinger sorti en 1964, où l’on voit la sublime et sensuelle Honor Blackman dans le rôle de Pussy Galore, arborer à son poignet cette Pepsi. La Pepsi fait des bulles, la pression monte… Mais la production s’arrêtera en 1959.

Le “Holy Grail” des 6542 serait la version pour la Pan American Airlines, avec un fond blanc, et je parle du graal car ce modèle est plus que rare… Certains douteraient même du bien fondé de son existence ! Opacité Rolex oblige, la Maison mère ne confirme ni ne dément la légende urbaine…

Pas de repos pour Rolex après cette création, l’arrivée de la référence 1675, que nous connaissons davantage, arrive la même année en 1959.

Rolex 1675 : une relève largement assurée

On pourrait encore entendre Thomas Magnum dire : “And that, as they say, is the hell of it”. Il ne parle pas de sa célèbre montre, mais ses paroles s’y prêtent à merveille. La 1675 reste la référence la plus emblématique des GMT-Master, produite de 1959 à 1980, avec un insert en métal cette fois. Il y aura d’autres versions de cette montre, avec des inserts différents, et des cadrans différents comme le “Black Gilt” noir et or, ou encore le “Brown mat” pour la 1675 “Root-beer” à l’insert marron et gold.

Rolex y ajoute le “Superlative” sur la ligne de texte après le “GMT-MASTER”. A la fin des années 60, vous remarquerez le changement de l’aiguille GMT, on passe d’une aiguille assez fine à une aiguille plus large. Changement majeur entre les deux références dans la structure de la boite : l’apparition d’épaulements protège couronne.

La 16750, sa soeur jumelle, est introduite en 1981 (et sera produite jusqu’en 1988), mais pour quelle raison ? L’apparition du “Quickset”, qui permet de régler la date rapidement grâce à la couronne, alors qu’avant il fallait tourner et encore tourner la couronne. Certains seront tristes de perdre cette tradition, d’autres s’en réjouissent !

De 1988 jusque 1999, la Rolex 16700 prendra le relai, avec quelques différences importantes, surtout un nouveau boitier, une glace saphir et des index cerclés en or blanc (certaines 16750 l’avaient déjà). Mais Rolex a entre temps sorti (en 1983) la 16760 “Sophia Loren” (la première GMT-Master II) avec un boitier plus épais, et surtout uniquement disponible avec un insert “Coke” noir et rouge. Une tentative de Rolex pour différencier la GMT-Master I de la GMT-Master II ? Possible.

Mais la Sophia Loren s’affinant un peu, elle est remplacée en 1989 par la référence 16710, qui présente un nouveau mouvement, avec les mêmes caractéristiques que la 16760, mais plus fin, disponible en Coke, Pepsi, et Black, et ce jusqu’en 2007. Depuis 2007, la GMT-Master II n’a pas été détrônée. Elle a été présentée en 2005. Un an plus tard, à Basel, la version Steel/Gold est révélée, et la montre, réellement sortie en 2007, présente de gros changements.

Tout d’abord une lunette en céramique avec les chiffres en platine ou en or (cela dépend du modèle) qui vient se poser sur un plus gros boitier, une couronne Triplock (Twinlock sur les anciennes Gmt). Petite explication, c’est une question de sécurité, si un joint s’abime au niveau de la tige de couronne, dans le système Triplock, un autre joint sera disponible pour préserver l’étanchéité.

Ô rage ô désespoir ! L’aiguille rouge du second fuseau horaire a fait ses adieux pour une aiguille verte et parfois bleue. Heureusement que notre Pepsi la conserve ! Au niveau du mouvement, la belle innovation se situe au niveau du spirale Parachrom, qui a une meilleure tenue face aux variations de température et aux chocs.

C’est à BaselWorld en 2014 que Rolex propose un version en or Blanc avec lunette Pepsi de la GMT-Master II, afin de raviver la légende. Mais depuis un moment déjà, beaucoup de personnes dans le monde s’arrachent la montre, les versions vintage se vendent rapidement, et à des prix en constante augmentation. La 6542, première Pepsi produite, s’envole à plus de 50.000€. Elles sont encore bien gazeuses les bulles de ces Pepsi…

Mais peu importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse. Entre nous, peu importe la référence de GMT-Master, peu importe la lunette (bon, le Pepsi reste tout de même sympathique), tant que sommeille en dessous une GMT-Master, fruit d’années d’évolution, le regard sera toujours aussi ému. Quelle plaisir pour une 1675 qui a de l’âge, de vagabonder au poignet d’un baroudeur urbain. L’histoire continue…