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Histoire de Blancpain

Geoffroy
Le 7 août 2012
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Des premières pièces créées au 18ème siècle aux garde-temps prestigieux produits aujourd’hui, la Manufacture Blancpain s’est bâti une véritable tradition d’innovation. Fondée en 1735 au cœur de la Vallée de Joux, berceau de l’horlogerie suisse, Blancpain est la plus ancienne marque horlogère au monde. Dès les premières années ayant suivi l’installation de l’atelier de Jehan-Jaques Blancpain à l’étage de sa maison à Villeret, ses créations rencontrent un franc succès. En misant sur les produits haut-de-gamme, ses héritiers perpétuent son art tout en modernisant les méthodes de production. Forte de son savoir-faire, la maison Blancpain devient, au milieu du 19ème siècle, l’entreprise la plus importante de Villeret. Elle restera pendant deux siècles dans le giron familial, jusqu’en 1932, quand, faute d’héritier souhaitant se lancer dans l’horlogerie, elle est reprise par Betty Fiechter et André Léal, les deux collaborateurs les plus proches de Frédéric-Emile Blancpain, dernier membre de la famille à assumer la direction de la Manufacture.

Betty Fiechter et Frédéric-Emile Blancpain

L’entreprise est renommée Rayville S.A. succ. de Blancpain, Rayville étant l’anagramme phonétique de Villeret, mais son identité, ainsi que les caractéristiques de la marque sont préservées. Jean-Jacques Fiechter rejoint sa tante Betty en 1950 et prend la direction de Blancpain. La création de la légendaire Fifty Fathoms, produite à la demande des Nageurs de Combat de l’armée française et devenue la référence en matière de montres de plongée, ainsi que la Ladybird, modèle pour femmes équipé du plus petit mouvement automatique rond de l’époque, figurent parmi les grandes réussites de cette période.

À la fin des années 1950 Blancpain intègre la Société Suisse pour l’Industrie Horlogère (SSIH) aux côtés de marques comme Omega, Tissot et Lemania. C’est au sein de cette société qu’elle traverse la crise du quartz et les difficultés liées aux chocs pétroliers des années 1970 qui ébranlent l’industrie horlogère suisse. En 1982, le nom Rayville-Blancpain est vendu à Jacques Piguet, fils de Frédéric Piguet et directeur de l’entreprise éponyme, et Jean-Claude Biver. Jusque-là, de nombreux mouvements de la Manufacture se dissimulaient dans des montres de marques concurrentes, reléguant le nom Blancpain à un second plan. L’entreprise décide de garder l’exclusivité de son savoir-faire et mise sur la fabrication de grandes complications horlogères en montre-bracelet, dans le plus pur style traditionnel, analogues par leur esprit à celles que Jehan-Jacques Blancpain et ses héritiers avaient réalisées plus de deux siècles auparavant. Ce faisant, Blancpain contribue de toutes ses forces au renouveau de l’horlogerie mécanique en réhabilitant les complications traditionnelles et en faisant connaître l’histoire du compagnonnage et le rôle central des pièces-maîtresses qui incarnent le plus haut degré d’achèvement de l’horlogerie. En se tournant vers le passé pour faire revivre les débuts de l’horlogerie telle qu’elle s’exerçait dans les fermes isolées du Jura, Blancpain a permis à la culture ainsi qu’à l’art de l’horlogerie traditionnelle de survivre et de progresser.

En 2002, Marc A. Hayek devient Président et CEO de Blancpain et donne un nouvel élan à la Manufacture qui se lance, sans jamais s’éloigner de son héritage précieux, dans une quête de l’excellence. D’importants investissements sont consentis et le nombre de premières mondiales et de brevets se multiplie avec une impressionnante parade de nouveaux mouvements. Garante de la tradition horlogère, Blancpain cherche pourtant à surprendre par son esprit d’innovation et son goût de la provocation. Le respect de sa propre tradition horlogère n’est pas vécu comme un frein à l’innovation. Au contraire, le passé de la Manufacture du Brassus est une source intarissable d’idées. S’en inspirer pour en repousser les limites représente un défi permanent au sein de la société. Grâce à ses innovations constantes dans le domaine de l’horlogerie haut-de-gamme, Blancpain connaît une forte expansion, qui conduit, en 2010, à la verticalisation de sa production avec l’intégration de la société Frédéric Piguet. La maîtrise complète du processus de fabrication permet une totale liberté de création sur les mouvements, toujours dans le respect des codes esthétiques de la marque. Conception et fabrication à l’interne d’une grande partie des composants et des outils, formation de spécialistes et artisans, assemblage manuel de chaque mouvement par un seul horloger, finitions raffinées entièrement réalisées à la main jusqu’au moindre détail caché à l’œil, la force de la Manufacture réside ainsi dans sa capacité à créer des garde-temps à la fois novateurs et respectueux de la tradition horlogère suisse.