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The Breguet Classic Tour de Londres : L’Art & la Manière

Nicolas
Le 19 octobre 2017
L

La Classique de Breguet. Un vieux rêve d’enfant. La quintessence de la montre élégante, habillée, intemporelle. Une montre qui nous évoque la vague odeur du cuir, le son des ciseaux du tailleur de Savile Row et le goût boisé d’un cigare. C’est alors avec une grande joie que je souhaite vous raconter ce rêve d’enfant qui s’est réalisé récemment, et qui finalement, n’était pas si éloigné de la réalité. Je vous emmène à Londres avec Breguet, le temps d’un instant, de quelques lignes, découvrir les secrets d’une ville que l’on pense tous connaître. Des secrets estampillés ‘By Appointment to HM the Queen”.

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Je crois sincèrement que Londres n’aurait pu être un meilleur lieu pour inaugurer ce Breguet Classic Tour. Le concept est simple et fait sens, chers amis. Je vous parlais de rêve il y a quelques lignes. Il s’agit finalement de rendre toute la simplicité et la beauté à des montres qui nous semblent parfois intouchables, et de les remettre dans le juste contexte. Toucher, sentir, comprendre l’environnement et l’âme si propre aux montres Breguet.

The Breguet Classique Tour in London
Breguet Classique 7147 Cadran émail

L’atmosphère de Londres est si particulière. De manière générale, la première fois n’est pas la plus mémorable. Le passage est parfois trop rapide pour comprendre la subtilité de cette ville aux multiples visages et aux secrets bien gardés. La deuxième fois, par contre, c’est autre chose. Surtout si vous êtes guidés par la bonne personne, pour vous rendre au bon endroit au bon moment.

Je vous laisse donc me suivre de notre Gare du Nord aux belles rues de Mayfair.

10h un mercredi matin. J’arrive à la Gare du Nord par le métropolitain. L’ascenseur m’amène directement à l’Eurostar. Mais la Gare est vide. Quand je dis vide, cela ne veut pas dire trois voyageurs perdus, mais zéro. Une forme d’alerte a été déclenchée, et tout le monde est coincé à l’extérieur. Y compris Gabriel. On me dit que je dois attendre dans un coin, sagement. C’est plutôt bien parti. À vrai dire, je n’étais pas tout à fait seul. Une femme des plus charmantes a supporté mes jérémiades pendant cette belle demi-heure. Je n’en dirai pas plus.

Un coup d’Eurostar et nous sommes à St-Pancras. Nous déposons nos bagages, nous délectons d’une belle viande grillée, et sommes d’attaque pour une après-midi plutôt lumineuse, arrêtons nos clichés sur la ville du brouillard.

George Cleverley : Le célèbre bottier de la Royal Arcade

Premier arrêt. Nous prenons grand plaisir à nous balader dans Mayfair et sur Piccadilly Circus, pour arriver à la Royal Arcade par Old Bond Street. Ce vieux passage datant de la deuxième moitié du XIXe siècle accueille de beaux noms du savoir-faire anglais, parmi eux George Cleverley. C’est le vendeur en prêt-à-porter qui nous ouvre la porte chaleureusement ‘Hey chaps!’. Pour vous décrire le lieu, il me fait penser à une boutique du Chemin de Traverse dans Harry Potter.

Un bâtiment sur plusieurs étages, où s’activent des artisans pour créer des pièces uniques, à raboter des formes, couper des pièces de cuir, et les faire s’assembler avec la plus belle précision. Une belle entreprise, encore familiale, puisque à sa tête trônent George Glasgow Sr et son fils.

Un personnage incroyable, on ne peut plus anglais, à l’humour fin et peu délicat. Il nous ouvre les portes d’un lieu secret, d’une chambre secrète même, où se trouvent les formes de tous leurs clients. Nous avons même pu voir celle d’un certain Winston Churchill. Belle émotion.

Tout se passe au 1er étage. Nous rencontrons John Carnera, le ‘Master Shoe Maker’, qui façonne une forme, étape cruciale de la grande mesure bottier. Il ponce, rabote et observe avant tout. Autour de lui, des morceaux de peaux et de fils sur le sol font songer à un atelier d’artiste, et un autre “musicien”de la chaussure assemble une semelle autour de la forme. Un art remarquable.

Il est déjà temps de repartir, mais nous restons dans le même registre, n’ayez-crainte.

Huntsman : Tailleur centenaire de Savile Row

Oui, c’est bien l’atelier tailleur d’un certain Harry Heart, membre des Kingsman. Huntsman s’est fait connaître d’un grand public par cette super-production, mais ne se limite pas à ça. Obviously.

The Breguet Classique Tour in London - Huntsman Savile Row
Breguet Classique 5177

Direction Savile Row donc. Le lieu incontournable de la grande mesure anglaise, où les grands noms de l’habillement masculin (et féminin) s’enchainent, parmi des Gieves&Hawkes, Henry Poole & Co et autres Anderson&Sheppard. En longeant le trottoir, et en ayant l’oeil vif et dirigé vers les sous-bassement de ces bâtiment typiquement londonien, on peut parfois remarquer les tailleurs en plein découpage et patronage. Un délice pour tout amateur.

Vous rentrez chez Huntsman, et c’est une cheminée imposante qui vous fait face, entourée de deux vigoureux trophées de chasse. Accueillant. Très accueillant. Le magasin est construit tout en longueur, avec une première partie, en face de l’imposante cheminée, où les clients peuvent ‘chit-chat’ avec un vendeur ou un tailleur pour qu’il réalise leur costume. La deuxième partie est constituée du prêt-à-porter, et la troisième partie, enfin, passe aux choses sérieuses.

Le son des ciseaux résonne, les allers et venues des tailleurs rythment ce lieu unique. Kimberley, tailleuse emblématique de la maison m’apprend quelques ‘ropes’ pour réaliser le patron d’un pantalon. Sourire aux lèvres, bagues en argent sur tous ses doigts fins, gilet et pantalon en tweed de laine. Une femme délicieuse qui manie les ciseaux comme Ringo Starr maniait les baguettes.

Et puis, avant de partir, je laisse vagabonder mon regard dans la vaste salle de découpe et remarque de vieux patrons au papier jaunit qui sont accrochés au plafond de la salle. On répond vite à mon interrogation : il s’agit des patrons de tous les clients décédés. Une vieille tradition, qui montre que le Bespoke ne se limite pas au simple commerce d’un costume, aussi unique soit-il.

The Breguet Classique Tour in London - Huntsman Savile Row

Bottier, tailleur, c’est sympathique. Mais je me ferais bien entretenir la barbe, moi.

Truefitt & Hill : Barber shop by appointment to H.R.H the Duke of Edinburgh

Nous longeons la Royal Academy of Arts, marchons quelques mètres sur Piccadilly, empruntons St James street, et arrivons au temple des soins pour hommes de Londres. Le monde est petit.

The Breguet Classique Tour in London - Truefitt & Hill London

Nous sommes accueillis par le Manager du magasin, costume double breasted et double monks au pieds. Il est rasé de près, et nous invite à laisser nos vestes après nous avoir présenté succinctement la maison. Madame a plus de 200 ans. Et fournit toujours officiellement son Altesse Le Duc d’Edinburgh pour tout ce qui concerne les soins capillaires. Pour m’être déjà rendu chez le barbier à Paris, ce n’est pas exactement la même chose.

C’est Davis, revenu d’Australie pour travailler au service de Truefitt&Hill, qui s’occupe de moi. J’ai demandé un ‘beard trimming’ traditionnel. Je m’assoit sur un fauteuil, presque allongé et tête en arrière. Davis humidifie une serviette, avant de la réchauffer. Elle est fumante, et il l’imbibe d’une eau de cologne très fraiche dont Truefitt s’est fait la spécialité depuis des années. Il m’applique la serviette chaude sur le visage selon une disposition très particulière où seul mon nez dépasse. La sensation est on ne peut plus agréable, ayant l’impression d’être au bout du monde immergé dans des thermes parfumées de citron. Il sort ensuite sa lame de rasoir et fait tout son art, avant de recommencer le rituel de la serviette chaude.

Breguet Classique Chronométrie 7727

Je ressors de ce lieu transformé, je suis une nouvelle personne et le vent frais londonien vient caresser ma peau encore tiède de ce rasage traditionnel.

Nous avons ensuite rejoint nos quartiers généraux avant de nous rendre dans un endroit assez particulier pour passer une soirée comme seuls les gentlemen anglais savent les faire. Quelques cocktails à base de whisky, de bons cigares, de jolies montres et un lieu intime et chaleureux : le Mark’s Club de Londres.

Il est déjà jeudi et temps de regagner Paris, de nouvelles découvertes et des souvenirs plein la tête. Je suis plus que jamais convaincu que nos montres préférées sont finalement celles dont on se souvient par les rencontres et expériences particulières que l’on peut vivre avec elles. Cette Breguet Classique était évidemment le compagnon rêvé de ce périple londonien, une pièce qui n’est définitivement pas prête de quitter mon imaginaire d’enfant… Cheers Gentlemen.

The Breguet Classique Tour in London

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