Home Comprendre l'horlogerie

Bracelets “Bonklip” : Histoire, héritage & éclair de génie

Jérôme
Le 5 octobre 2017
L

Le titre peut paraître accrocheur, je pèse pourtant mes mots. Que me diriez-vous si je vous parlais d’un bracelet en acier fin, souple, d’un comfort inégalable et qui s’adapte instantanément à toutes tailles de poignets, sans ou presque aucun réglage préalable ou mise à taille ? Que me diriez-vous si en plus, je vous annonçais que ces bracelets historiques ont un look incroyable et peuvent transformer nombre de “petits chronographes” en outils historiques hérités d’un passé glorieux ? Vous me diriez certainement que c’est une bonne nouvelle et vous auriez raison. Voici les bracelets de type “Bonklip” et ses dérivés.

Tout d’abord, commençons par rendre à César ce qui appartient à César. Si je voue aujourd’hui une passion débordante pour ces bracelets en acier que je ne connaissais que vaguement il y a quelques mois, c’est bien grâce à notre ami Simon de l’excellent blog horloger Moonphase.fr, que nombre d’entre vous, j’en suis certain, connaissent et lisent assidûment. Je vous conseille d’ailleurs vivement la lecture de l’article très bien documenté à ce sujet intitulé : De la RAF à la NASA. Merci Simon pour ce partage, mes vieux chronos et ma Cyma t’en sont sincèrement reconnaissants.

Cyma Military WWW - Bracelet Bentex

Avant le Nato : Le “Bonklip”

On ne présente évidemment plus le bracelet Nato, apparu dans les années 70 et popularisé par les montres de l’armée britannique et leurs anses fixes imposées par le MoD. Il faut pourtant savoir que ce cher Ministry of Defense intégrait les anses fixes à ses cahiers des charges depuis le début des années 40. On ne perd pas négligemment la propriété de “Her Majesty the Queen” s’il vous plaît, même au combat. No,no,no. 

Ces cahiers des charges ne stipulaient par contre rien côté bracelets… l’occasion pour tout le monde d’être créatif et de se débrouiller avec les moyens du bord. Si l’on connaît bien sûr les premiers bracelets textile sans retour et autres Pigskin “open end”, les versions en acier sont aujourd’hui un peu tombées en désuétude et furent oubliées du plus grande nombre. Faute, grosse faute.

Je vous laisserais lire l’article de Simon sur l’historique détaillé de ce bracelet adopté massivement à titre personnel sur leurs bubble back par les pilotes de la RAF et ajoutés dès 1949 aux fameux cahiers des charge du MoD.

Il faut retenir qu’il s’agit d’une invention civile U.S et U.K quasi simultanée datant du tout début des années 1930. D’un côté, un fabricant de boutons de manchettes du New Jersey du nom de Walter Krementz qui déposa son brevet en 1929.

Brevet Krementz - 1929

De l’autre, un fabricant de chaines, d’étuis à cigarettes et de briquets de Birmingham du nom de Dudley Howard Howitt qui breveta une invention très similaire pour la compagnie “B.H. Britton and Sons” en 1930. C’est d’ailleurs ce dernier qui lui apportera le succès et lui donnera le nom de “Bonklip“, bracelets qu’ils produiront pendant plus de 40 ans.

“When form follows function”

Les avantages de ce principe sont multiples et la conception extrêmement fonctionnelle du bracelet relève vraiment du génie. Nous connaissons tous les péripéties qui peuvent naître aujourd’hui du fait de vouloir ajuster un bracelet acier, je ne vous fait pas un dessin.

Le principe est simple :
“Une extrémité du fin bracelet passe dans un “keeper” qui empêche la montre de tomber si ce dernier venait à s’ouvrir et vient se fixer sur l’autre partie, soit grâce à un fermoir mobile, soit simplement à l’aide de deux lames d’acier qui viennent se glisser entre les maillons. Genius !”

En un mot…

Le bracelet s’adapte donc en un clin d’oeil à véritablement toutes les tailles de poignet. N’oublions pas qu’il se portait à la grande époque sur les blousons des pilotes, à la manière des bracelets Nato… 40 ans plus tard. Fin, résistant, historique et s’adaptant même sur les anses fixes. Ne vous inquiétez pas, cela fonctionne également très bien pour ceux qui utilisent des pompes, c’est même beaucoup plus simple.

Je ne taris pas d’éloge sur ces bracelets dont on a aujourd’hui trop souvent oublié l’histoire et le parcours.

Je ne pourrais donc que vous encourager à commencer à chasser sur la baie pour des exemplaires de qualité qui se trouvent à des prix encore très abordables. Bien évidemment, les bracelets signés Gay-Frères, B&S ou  Bonklip valent déjà un peu plus cher, mais des très beaux exemplaires génériques non-signés datant des années 1950, après le passage du brevet de B.H. Britton and Son’s dans le domaine publique, sont de très bonne facture.

Après tout, le bracelet Bonklip était déjà le choix officiel d’une petite marque couronnée du nom de Rolex dans les années 1930 et 1940 avant l’arrivée du fameux bracelet oyster. Un gage de qualité ? Très certainement…

EnregistrerEnregistrer

EnregistrerEnregistrer

EnregistrerEnregistrer