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Reflexion : Pourquoi A. Lange & Söhne devient-il le “Nouveau Patek” ?

Jérôme
Le 26 septembre 2017
V

Voici une réflexion très personnelle qui, je l’espère, n’intrigue pas que moi. Les années passent, et alors que le sommet de la pyramide de la technique, de la finition et de l’élégance horlogère est longtemps resté immuable, certains changements semblent se profiler à l’horizon. Si Patek Philippe, Vacheron Constantin et Audemars Piguet ont longtemps été et sont probablement toujours considérés par la majorité des amateurs de haute-horlogerie comme les indétrônables patrons de la discipline, un acteur venu d’Allemagne s’est peu à peu immiscé dans nos consciences et continue de créer l’émotion au plus haut niveau. Explication du cas A. Lange & Söhne.

A. Lange & Söhne : Savoir-faire & savoir-être Made In Germany

L’ancienne manufacture familiale de Glasshütte est bien jeune, il est vrai, face aux mastodontes qui occupp(ai?)ent les premières places de ce podium de coeur. Je ne parle ici pas de sa naissance qui remonte à 1845, mais bien de sa renaissance, un certain 7 décembre 1990 sous l’égide de Walter Lange, petit-fils du fondateur. Dès lors les choses n’ont cessé de s’accélérer jusqu’au rachat de la manufacture par le Groupe Richemont en 2000, acquise dans la foulée avec deux autres “petites maisons” que sont Jaeger LeCoultre et IWC. Oui, je sais.

Mais assez pour le retour en arrière. Si A. Lange & Söhne est aujourd’hui ancrée dans nos esprits comme LA référence en terme de Haute-Horlogerie, c’est à mon sens moins pour son histoire que pour ses créations actuelles. Tout en conservant toujours la lisibilité des véritables instruments de mesure, ses créations allient avec élégance les plus grandes complications avec une once de poésie et de subtilité que leurs concurrents suisses semblent parfois avoir perdue.

Des icônes qui s’appellent Zeitwerk, Datograph, Lange 1 ou encore Richard Lange et qui ne sont pas nées dans les années 60 mais sont bien dans l’actualité d’une maison d’exception qui arrive à se renouveler et à créer cette émotion sans se perdre et sans tourner en rond. Hors excellence des réalisations, voici déjà deux exploits qui ne font pas forcément légion aujourd’hui…

A simple titre de comparaison, juste pour jouer : Calatrava… 1932, Nautilus… 1976, Royal Oak…1972. Je pourrais continuer bien longtemps à citer les dates de naissance des icônes qui nous font évidemment tous et toutes toujours autant rêver. Le fait est que trop souvent, à force de décliner des cadrans dans des boîtes auxquelles on ajoute ou retire quelques millimètres par an, on peut commencer à tourner en rond.

A. Lange & Soehne

Le collectionneur en quête d’un éclat dans son regard ne s’y trompera d’ailleurs pas. Il possède déjà une 5711 et certainement aussi une 5712, il faut savoir lui proposer autre chose. Des finitions, évidemment, des complications, certainement, mais aussi peut-être une émotion nouvelle qui ne peut naître qu’en prenant certains risques créatifs.

Des collectionneurs en besoin d’authenticité ?

Patek Philippe fait toujours de magnifiques pièces me direz-vous ? Vacheron Constantin également et une Royal Oak reste une Royal Oak. Oui, vous avez raison.

Patek Philippe Calendrier Annuel 5396R

Ils maîtrisent les complications et sont capables des plus belles finitions dans des boîtes raffinées aux dessins chargés d’Histoire.  Mais alors, pourquoi A. Lange & Söhne semble continuellement se positionner en tête de liste lorsqu’amis et collectionneurs nous parlent de leur Graal, les yeux humides ?

A. Lange & Soehne - Lange 1 Moonphase

Une rigueur germanique dans l’exécution aux plus hauts niveaux d’excellence en laquelle on ne peut qu’avoir confiance ? Peut-être. Une forme d’humilité et de sobriété dans les choix esthétiques qui accompagnent les calibres les plus délirants ? Aussi sûrement. 

Une tendance qui n’est pas là pour nous déplaire…

Une tendance qui, si elle reste complexe à analyser et à expliquer, est facile à constater : La Maison fondée par l’ancien maire de Glasshütte prend doucement mais très sûrement sa place au podium de l’excellence. Une piqûre qui devrait à mon humble avis éveiller l’intérêt des Rois historiques de la haute-horlogerie qui j’en suis certain, sont encore capables du meilleur.

Avec un tout petit peu de chance, cela pourrait bien tirer tout le monde vers les étoiles, dans la grande bataille de l’excellence horlogère créatrice d’émotion. C’est évidemment tout le mal que je nous souhaite…

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