On le sait, nos amis de chez Beaubleu, emmenés par Nicolas Pham, ont toujours un penchant certain pour une créativité audacieuse. La dernière collection, modestement nommée « La Pièce », a ouvert une belle collaboration avec La Monnaie de Paris, lieu historique et chargé de savoir-faire que Beaubleu a décidé d’honorer, en utilisant « tout simplement » la technique de frappe de monnaies pour produire tous les cadrans des montres de la collection. Un défi rondement étudié et mené, qui a donné lieu aux pièces dont je vais vous parler aujourd’hui.
Rapidement, laissez-moi vous parler de la Monnaie de Paris. On date au IXe siècle sa création, avec l’Édit de Pîtres, où Charles II s’emploie à créer un atelier monétaire à Paris, pour rattacher cette fonction à son contrôle. Cet atelier s’ajoute à d’autres ateliers déjà présent dans l’hexagone, si on peut l’appeler ainsi ! Les années avançant, on essaye de faire remonter le pouvoir entre les mains du Monarque. Il faudra attendre le règne de Louis XIV pour que les monnaies frappées en France dans des différents ateliers soient rigoureusement identiques. Si à la fin du XVIIe siècle on compte environ une trentaine d’atelier en France, leur nombre va rapidement diminuer, et au début des années 1870, il n’en reste que trois : Paris, Bordeaux et Strasbourg. La Monnaie de Paris restera la seule à partir de 1878 à battre monnaie. Aujourd’hui, on y frappe des pièces commémoratives et des médailles, et c’est à Pessac que les monnaies sont émises.
Pour battre monnaie justement, et aujourd’hui à Paris plutôt des médailles, la recette est complexe. Tout part d’un plâtre, que des mains bien habiles vont venir sculpter, retoucher, avec un relief positif ou négatif. Puis grâce à un système de palpeur, ce plâtre va être modélisé pour que d’autres mains expertes puissent venir y ajouter du texte par exemple, et effectuer d’infimes corrections, nécessaires à l’étape suivante qui est la création de la matrice en métal (pour un petit travail, on parle plutôt d’un « coin »). On utilise par la suite cette matrice pour frapper un « flanc » et donner naissance à la monnaie ou la médaille. C’est exactement ce qui a été fait pour ce cadran pour les montres en édition limitée La Pièce, et c’est une première pour la Monnaie de Paris. Explorons les deux références.
La référence numéro 1 joue beaucoup avec l’idée de cercles concentriques, et tout comme la référence numéro 2 son cadran a bien entendu été frappé à la Monnaie de Paris. Son attrait principal est à mon sens son architecture qui me fait songer aux théâtres grecs antiques ou les assises des spectateurs étaient en arc de cercle et en marches. On apprécie également les chiffres romains très fins.
Six coloris sont disponibles pour cette référence numéro 1 du Moka en passant par le graphite jusqu’au bleu empire.
La Référence numéro 2 est à mon sens la plus intéressante et celle qui me plait le plus tant elle met en avant l’idée d’avoir un cadran « frappé » comme une pièce de monnaie. En plus de cela, tous les détails et les finitions qui le composent viennent directement après la frappe, il n’y a pas de finitions ajoutés après frappe. C’est pourquoi on y trouve différents niveaux de gris (mat, poli ou sablé) et il suffit pour cela d’un bon réglage à la frappe pour que l’effet de surface se transfère du coin à la pièce de laiton (flanc). Gardez à l’esprit que l’on parle d’environ 150 tonnes de pression.
Pour cette référence numéro 2, on trouve trois déclinaisons, à savoir or rose, noir et argent
Si le bracelet acier mesh que nous connaissons bien est toujours disponible sur ces référence, il est aussi très agréable de les porter sur cuir, ce qui nous permet aussi de noter la fermeture du bracelet très bien réalisée et reprenant la rondeur des aiguilles si chères à Beaubleu.
Comptez 1790€ pour les nouvelles Beaubleu La Pièce (peu importe la référence) avec bracelet cuir, et 1890€ pour une des deux références avec bracelet mesh. Des montres très bien réalisées qui nous enchantent tant elles arrivent à mélanger deux univers que l’on associerait pas forcément ensemble, et pourtant…