J’adore découvrir de nouvelles marques. Dans la majorité des cas une belle dose d’amertume vient s’y ajouter parce que je n’adhère pas au produit, mais c’est la vie, et ça n’est surtout pas le cas aujourd’hui. J’ai rencontré il y a quelques semaines les deux fondateurs, et frères (c’est une composante très importante dans l’histoire) de bimbu (un surnom affectif entre les deux frères depuis leur tendre enfance) et j’ai été agréablement surpris par un dessin fin et élégant, et l’utilisation de pierres ornementales dans différentes combinaisons.
L’histoire est simple, et elle pourrait ressembler à 1000 autres récits de création d’entreprise. Ici, la différence, et ce qui m’a touché, se rapporte à la simplicité et la gentillesse des deux protagonistes. Aldo et Mario Magada se comportent comme des jumeaux, sans toutefois l’être. Pour Aldo, après avoir passé quelques décennies à naviguer dans de nombreuses marques horlogères, et son frère jamais très loin pour porter et se prendre de passion pour les montres, quand cette vie professionnelle « encadrée » est passée, les deux frères ont décidé d’entamer un projet « plaisir », avec évidemment toute la rigueur nécessaire, et faire avant tout un produit qu’ils aiment, plutôt qu’un produit pour toucher absolument tel ou tel consommateur.
La recette est explosive est à mi-chemin entre l’ingénierie militaire, et un monde rêvé, où les pierres de couleur et leurs motifs uniques font voyager jusqu’au centre de la terre. Voilà peut-être un imaginaire, celui des aventures de Jules Verne.
Leur première collection se prénomme Patrium. Quand on prend la montre pour la première fois entre les mains, les yeux sont assez surpris, mais la main aussi par la légèreté des montres. Commençons par le boitier. Il présente des proportions très agréables, j’entends un diamètre de 39 mm pour une épaisseur très contenue de 8,8 mm. Il a été réalisé en titane grade 5 (avec une petite dose d’aluminium et de vanadium) que l’on apprécie, au-delà de sa légèreté, pour sa résistance meilleure à la chaleur et sa grande résistance aux rayures. On sait également que d’un point de vue produit, c’est un métal difficile à travailler, et il faut remarquer ici le travail d’ajourage au niveau des cornes, qui en plus d’être difficile, confère à la montre cet esprit technique qui la caractérise, sans oublier le large chanfrein poli qui se déplace sur toute la tranche de carrure, et le contraste entre l’avant brossé vertical du dos satiné. Si le boitier est fin en proportions, il n’est pas dénué de doux détails…
Si bimbu a réussi à proposer des pièces si peu épaisses, c’est aussi par le choix du calibre qui l’anime, visible à travers le fond saphir. Il a été pris en charge par la célèbre entreprise suisse Concepto, et se fonde sur un bon calibre Peseux 7001, qui se présente ici sous son plus beau visage à savoir une teinte dorée/rosée obtenue par cuivrage, une alternance de finitions, satinée pour le coeur des ponts, brossée pour leur extrémité, un soleillage du rochet, des vis bleuies, et quelques anglages en belle forme. Sur ce fond de boite, également, vous ne serez pas passé à côté des inserts en pierre dure ? Là est toute l’autre essence de ces montres bimbu.
En effet, le cadran, que vous pourrez réaliser en configurateur dans un futur proche, présente des combinaisons intéressantes. Selon les modèles proposés par la marque, vous pourrez à la fois opter pour un cadran « classique » avec une petite seconde en pierre ornementale, ou alors un cadran uniquement composé de pierre. Dans la première catégorie par exemple un cadran argenté soleillé très finement, présentant une petite seconde en jade, et dans la seconde, un cadran en nacre avec une petite seconde en turquoise. Des cadrans « simples » au chemin de fer dentelé, aux index des heures en appliques très fin et luminescents (obtenus par l’ajout d’un insert céramique Super-LumiNova), sans oublier l’aiguille de petite seconde à six heures en or 18K, tout comme les aiguilles des heures facettées.
La grande force de cette collection, et c’est aussi l’engagement de Mario et Aldo, est de faire des montres suisses, avec un curseur poussé un peu plus loin que la production suisse « classique ». Qu’il s’agisse des aiguilles dont je viens de vous parler réalisées chez Waeber à Fleurier, le boitier titane par AB Product à La Chaux-de-Fonds ou encore les cadrans (essentiels ici !) par GT Cadrans dans le Canton de Vaud. La liste pourrait encore continuer, mais vous saisissez l’idée.
Pour terminer, j’aime aussi beaucoup la façon dont le bracelet s’ajoute au boitier, j’entends par là sa jolie découpe, et la simplicité avec laquelle on en change.
Ces nouvelles bimbu Patrium sont proposées au prix de 15.000€ toutes taxes comprises. Un prix j’en conviens important, mais si on regarde la montre, justifié. Une réalisation suisse sans concessions, l’utilisation du titane avec un travail particulier au niveau du boitier, l’utilisation de différentes pierres ornementales pour le cadran, et enfin un bon mouvement Peseux qui a subi un joli traitement. Toute cette qualité de fabrication explique le prix. Dans tous les cas, l’histoire de cette nouvelle marque, la passion et l’amour de deux frères (sans oublier leur connaissance de cet univers), et évidemment le dessin et les caractéristiques de cette montre nous ont touché, il faut le dire !
