Arken Alterum Anthracite Grey Une montre unique à un prix unique

Arken Alterum Anthracite Grey Une montre unique à un prix unique

Aujourd’hui, nous allons découvrir une pièce horlogère inédite conçue par une marque britannique qui se distingue de nombreuses façons de la plupart des autres jeunes marques présentes sur le marché actuel. Tous les éléments de son design sont uniques, du boîtier au bracelet en passant par le cadran et les aiguilles, et elle offre une complication que je n’avais jamais vue auparavant pour le prix plutôt modeste de £600 (soit environ 688€.) Je ne mentionne généralement pas les prix d’emblée, mais c’est important de le faire ici pour vous donner tout de suite le contexte de cet article. Au cœur de cette complication à un prix imbattable, il y a un module GMT 12 heures fait sur mesure que la marque a intégré à un mouvement Miyota. La marque s’appelle Arken et le modèle est l’Alterum Anthracite Grey.

Un petit poisson dans un grand étang

Vous ne connaissez peut-être pas Arken, car la marque est relativement nouvelle et n’a sorti que deux collections jusqu’à présent. Elle a été fondée en 2020 par Kenneth Lam, qui se présente non pas comme un designer mais comme un profane de l’industrie horlogère dans le sens où il est novice et non connecté aux gens qu’il aurait fallu connaître. Il a eu l’idée, au début des confinements de la COVID-19, de créer la montre-outil idéale. Ken était déterminé à utiliser du titane pour le boîtier en raison de sa légèreté, de sa durabilité et donc de son confort tout au long de la journée, ce qui est primordial pour une montre de ce genre destinée à être un couteau suisse horloger. Il était également déterminé à concevoir quelque chose d’unique, car même s’il n’est pas un designer industriel de carrière, il est avant tout un passionné de montres qui apprécie les idées originales. Tout comme il cherchait à porter des montres singulières, il voulait créer une montre singulière pour les gens comme lui.

La question des mouvements et des modules 

Alors que les grandes marques se disputent la première place pour créer les derniers et les meilleurs mouvements maison dotés de complications inédites et de calibres mécaniques qui en comptent plus de 50, les micro-marques et les marques indépendantes bien établies sur le marché d’entrée et de milieu de gamme ont trouvé leur propre moyen de proposer des types de montres spécifiques et un peu uniques à des prix abordables. Des marques telles que Christopher Ward disposent désormais de leur propre manufacture, grâce à laquelle elles développent des modules personnalisés, mais les marques comme Christopher Ward sont rares. La solution consiste donc à trouver un ingénieur et une manufacture capables de créer des modules sur mesure, à un prix que je ne connais pas, sur la base d’un calibre courant. Il peut s’agir de mouvements suisses de Sellita et Soprod ou japonais de Seiko et Miyota. Dans le cas de l’Alterum, il s’agit d’un module GMT 12 heures fait pour fonctionner avec un Miyota 9015.

Il a donc créé une montre-outil unique

Tout dans le design de l’Arken Alterum est unique, et je pense personnellement que cette singularité se traduit généralement par un prix beaucoup plus élevé, dans tous les cas, d’après mon expérience. Sur son site internet, Ken raconte les premiers obstacles qu’il a rencontrés lorsqu’il a contacté les fabricants, qui lui ont dit que son projet était trop ambitieux : créer quelque chose d’aussi unique que l’Alterum (et l’Instrumentum qui l’a précédé) pour un objectif initial de 500 £ était presque impossible. Mais il a persévéré et a réussi à lancer la première collection, dotée d’un ADN visuel fort que l’on retrouve également dans l’Alterum. Tout d’abord, un boîtier qui ressemble davantage au fuselage d’un ovni plutôt qu’un châssis de montre, composé d’un profil latéral bombé et de cornes en forme de mandibule qui convergent vers le centre du boîtier dans un renversement spectaculaire. Le boîtier est compact, avec un diamètre de 38 mm, une longueur de corne à corne de 46 mm et une épaisseur de 13 mm.

Sur le côté droit du boîtier, on trouve une couronne située à trois heures pour remonter le mouvement, régler l’heure locale et l’heure GMT, et un poussoir à quatre heures pour régler la date. Une pression sur ce dernier fait avancer l’indicateur de date d’une position vers l’avant. Le réglage de l’heure locale et de l’heure GMT est un peu plus délicat, car il faut d’abord tourner la couronne dans le sens horaire d’une montre puis dans le sens antihoraire pour enclencher le mécanisme de verrouillage de l’aiguille GMT — en d’autres termes, l’aiguille GMT s’arrête afin que l’on puisse régler le décalage horaire entre entre les deux fuseaux horaires — puis tourner la couronne dans le sens horaire encore une fois pour régler l’heure. (Il m’a fallu un certain temps pour m’y habituer.) De plus, les aiguilles locales et GMT sont reliées à des indicateurs jour et nuit, à gauche pour l’heure locale et à droite pour l’aiguille GMT. Un disque entièrement blanc indique le jour et un disque entièrement noir la nuit.

Le cadran n’est pas moins fascinant que le boîtier. Ce qui saute immédiatement aux yeux, ce sont les grands index des heures constitués de blocs de SuperLuminova reliés à un cercle blanc également fait de peinture luminescente. Les index à trois, neuf et douze heures ont la forme de larmes, tout comme la petite aiguille indiquant la date à six heures, tandis que les autres index sont circulaires. Cet ensemble est complété par une minuterie blanche sur les bords du cadran, et tous ces éléments ressortent parfaitement sur le fond gris anthracite mat et texturé du cadran pour une superbe lisibilité de jour comme de nuit. L’aiguille des heures quant à elle a la forme d’une épée large et trapue, tandis que l’aiguille des minutes ressemble à la pointe d’une lance. Toutes deux sont luminescentes et finies avec une peinture gris métallisé mat d’aspect militaire si je peux me le permettre. Enfin, l’aiguille GMT 12 heures est peinte en rouge et équipée d’un élément luminescent massif en forme de sucette. 

Étrangement abordable pour ce que vous obtenez

600 £/688 € est un prix modique pour cette montre. Même si je ne sais pas combien coûte la fabrication d’un module personnalisé, j’ai vu des montres aux spécifications moins avancées et au design moins original vendues à des prix bien supérieurs à celui de l’Arken. Nous avons donc un module GMT 12 heures non spécifié monté sur un calibre Miyota 9015 (4 Hz/42 heures de réserve de marche) qui, d’après mon expérience, est un excellent mouvement. La couronne et le poussoir mentionnés ci-dessus sont tous deux vissés, ce qui, associé à un fond de boîte vissé, confère à l’Alterum une étanchéité à 200 mètres. La luminescence est excellente, avec des blocs de SuperLuminova BGW9 pour les index des heures, et peints sur la minuterie et les aiguilles. Le boîtier en titane de grade 2 est entièrement brossé qui vient avec un bracelet en nylon sur mesure équipé d’un mécanisme de déverrouillage rapide également sur mesure. L’Alterum a une largeur de cornes de 20 mm, mais seuls les bracelets Arken lui correspondent. 

Conclusion

À moins d’être aussi passionné que moi par l’horlogerie micro et indépendante, vous n’avez probablement jamais entendu parler d’Arken. Je connaissais déjà cette marque avant de recevoir ce modèle pour le tester, car elle fait figure d’exception dans l’industrie : proposer une montre-outil en titane grade 2 avec des blocs luminescents, un design et une construction uniques du boîtier et du bracelet, ainsi qu’un calibre GMT 12 heures avec module sur mesure pour 600 £/688 €, c’est en effet du jamais vu. Sa réputation l’avait précédée et j’étais donc très curieux de la découvrir et de vous en parler. Eh bien, l’Alterum ne m’a pas déçu : elle est aussi bien fabriquée et finie qu’elle est unique et différente. C’est vraiment une montre hors du commun et j’espère pouvoir vous parler d’autres modèles Arken à l’avenir.

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