Lorsque nous pensons aux berceaux historiques de l’horlogerie, nous imaginons le plus souvent la Suisse, la France, les États-Unis et l’Angleterre, mais rarement, voire jamais, l’Écosse. Pourtant, l’Écosse a une longue histoire dans le domaine de l’horlogerie qui remonte au début du XVIIe siècle, avec des noms tels que David Ramsay et James Ivory, qui travaillaient pour la cour royale et fabriquaient des horloges hautement précises. Au tournant du XIXe siècle, cependant, les horlogers écossais ne pouvaient plus rivaliser avec les États-Unis et la Suisse qui avaient développé une horlogerie industrialisée à très grande échelle. Aujourd’hui, on peut parler d’horlogerie en Écosse lorsqu’on évoque des marques micro et indépendantes telles que Paulin, basée à Glasgow. En étudiant deux de ses modèles, nous allons découvrir à quoi ressemble l’horlogerie écossaise aujourd’hui.
Ce qui distingue Paulin
Paulin a été fondée il y a près de dix ans sur l’idée que tous les éléments qui composent une montre (boîtier, cadran, aiguilles et bracelets) peuvent avoir un aspect différent, être fabriqués à la main, sans pour autant plonger le client dans une situation de faillite potentielle. La marque est fière de proposer de nouveaux designs et de fabriquer certaines pièces de ses montres dans ses propres ateliers. Par exemple, les cadrans en aluminium anodisé de sa collection Neo sont fabriqués par sa marque jumelle AnOrdain à Glasgow. Concevoir de nouveaux éléments et les fabriquer correctement est un processus long et complexe, mais cela n’empêche pas Paulin de sortir des sentiers battus pour proposer de nouvelles idées grâce à un réseau unique de partenaires de fabrication à travers le monde. La marque est si fière de ce qu’elle fait et de la manière dont elle le fait qu’elle explique comment elle travaille et avec qui, apportant ainsi une touche de transparence bien nécessaire dans l’horlogerie d’aujourd’hui.
Chaque nouvelle collection lancée par Paulin est un concept inédit et une approche novatrice des classiques de l’horlogerie. Que ce soit avec une GMT pour laquelle la marque a créé la Neo GMT, la montre funky de tous les jours de sa collection Oh No, ou la très appréciée montre de plongée des pros dans la Mara. Pour chaque collection, Paulin va jusqu’à concevoir une nouvelle police de caractères, un nouveau cadran ou un nouveau boîtier, revisitant parfois les anciens classiques et d’autres fois partant d’une page blanche. C’est ce que nous allons découvrir en examinant la Mara diver et la Modul D Manual, respectivement la montre de plongée aux spécifications sérieuses la plus inhabituelle que j’ai vue depuis longtemps et la version la plus avant-gardiste d’une montre de sport de tous les jours. Car Paulin ne se contente pas de jouer avec l’apparence des choses, mais accorde également une grande importance à fabriquer des montres de qualité, une combinaison que l’on ne voit pas souvent dans l’horlogerie indépendante et accessible.
La plongeuse
Les montres de plongée sont des classiques incontournables parmi les montres de sport. Leur design a été codifié au début des années 1950 avec l’apparition des premières montres de plongée professionnelles telles que la Blancpain Fifty Fathoms et la Rolex Submariner (dans aucun ordre particulier !). Pour faire court, j’oserais dire que depuis lors et jusqu’à aujourd’hui, 90 % des montres de plongée dans le monde se ressemblent plus ou moins. Mais comme Paulin ne fait pas les choses comme tout le monde, la marque a décidé d’envelopper les caractéristiques techniques professionnelles d’une montre de plongée typique dans un tout nouvel habit, un design, du boîtier à la lunette en passant par le cadran, offrant ainsi aux plongeurs amateurs et professionnels – ainsi qu’aux plongeurs du vendredi soir – la possibilité de porter quelque chose de différent à leur poignet. C’est là que Paulin excelle et que la Mara brille : elle est construite comme une montre-outil professionnelle, mais ne lui ressemble en rien.
D’un point de vue visuel, la Mara se distingue par son boîtier massif et musclé, avec des cornes à double chanfrein, une lunette bombée avec des moletages en forme de perle, un verre fortement dôme et, bien sûr, un cadran au design unique. Ce dernier se compose d’une aiguille des heures arrondie, d’une aiguille des minutes rectangulaire, d’une aiguille des secondes mince sans contrepoids, d’un cadran noir mat sur lequel sont imprimés des index numériques et de diverses formes géométriques. D’un point de vue technique, la Mara n’est pas moins impressionnante : le boîtier mesure 39,7 x 48 x 13,5 mm, est doté d’un verre saphir à double bombage, d’une étanchéité à 300 mètres, une double luminescence appliquée en quantités généreuses, un calibre La Joux-Perret G101 (4 Hz/68 heures de réserve de marche), une superbe finition et le choix entre un bracelet en nylon ou un bracelet en caoutchouc sur mesure. Mais lorsque nous parlons de singularité en horlogerie, cela a généralement un certain prix : 842,95 €* au moment de la publication de cet article.
*Lorsque Paulin a lancé la Mara l’été dernier, son prix était beaucoup plus élevé, à savoir 1 200£ ou 1 376€, donc tant mieux pour nous!
La montre de tous les jours
La Modul D Manual est tout autre chose. Je la considère comme une montre de sport de tous les jours, avec des dimensions raisonnables, un profil plat, un cadran lisible et, bien sûr, un vocabulaire visuel unique. J’ai mentionné précédemment que Paulin excelle dans la réinvention des styles horlogers classiques, et la Modul D Manual en est le parfait exemple. Elle comble le petit écart entre l’horlogerie élégante et l’horlogerie funky/avant-gardiste, ce qui fait de la Modul D une montre facile à porter au quotidien et lors d’événements plus chics. Comme pour la Mara, le boîtier de la Modul D Manual est doté de cornes à double chanfrein, mais d’un boîtier central beaucoup plus fin, de cornes qui ont en fait la forme de la proue d’un brise-glace et d’une intégration semi-visible unique du support du mouvement dans le boîtier. (Les parties plus sombres entre le verre et les bords extérieurs de la « lunette » et surtout les deux vis noires logées dans la partie centrale du boîtier, de chaque côté de celui-ci).
Tout comme la Mara, le cadran de la Modul D Manual ne ressemble en rien à ce que nous avons vu auparavant : une alternance de chiffres, de cercles et de rectangles pour les index des heures, associés à des tirets jaunes, et pratiquement rien d’autre pour indiquer l’heure, car ces éléments suffisent à eux seuls pour cette opération. Les aiguilles sont audacieuses et ont un petit côté caricatural, avec une aiguille des heures rectangulaire bleue, une longue aiguille des minutes peinte en blanc avec une extrémité évidée (qui encadre les traits jaunes) et une aiguille des secondes rouge arrondie située dans le petit cadran à six heures. Cette disposition unique du cadran est donc mise en valeur par le boîtier tonneau repensé et associée aux spécifications suivantes : un corps en acier mesurant 35 x 40 x 8,2 mm, un verre saphir bombé sur le dessus et un verre saphir plat sur le dessous, un calibre ETA 7001 à remontage manuel (3 Hz/42 heures de réserve de marche) et, là encore, un très bonne luminescence nocturne de deux types. Le Modul D Manual se vend au prix de 926,95 €.
Conclusion
Il existe aujourd’hui de nombreuses marques de montres dans le monde et il est parfois difficile de se tenir au courant. Je suis donc fier d’avoir pris pour mission de vous présenter les nouveautés du monde entier et, aujourd’hui, de vous avoir fait découvrir une petite marque en pleine expansion originaire de Glasgow. Comme nous l’avons vu en examinant les modèles Mara et Modul D Manual, toutes les deux avec cadrans noirs,Paulin fait presque tout différemment sans pour autant facturer son originalité au prix le plus élevé. Et quand on voit à quel point la marque est généreuse en informations sur son fonctionnement et sur les lieux de fabrication de ses produits, il est clair que Paulin est une marque différente et qu’elle conçoit donc des montres différentes. Il y a beaucoup d’autres modèles à découvrir sur le site internet de la marque, ainsi que plusieurs versions des modèles Mara et Modul D.
