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F.P.JOURNE INVENIT ET FECIT

F.P.JOURNE INVENIT ET FECIT De Marseille à Genève

Il fait le temps idéal à Genève. Grand soleil, ciel bleu, une douceur d’entre-saisons. Le soleil perce dans la rue de l’Arquebuse et un bâtiment se détache plus que les autres. Il est long, nous renvoie par son architecture à la toute fin du XIXe siècle. On peut y lire “Ceintures, Bretelles, SIMBA” dans une typographie qui a traversé plus d’un siècle sans disparaitre. Et c’est derrière ce bâtiment préservé que se cachent non pas le savoir-faire des bretelles, mais bien des montres F.P.Journe. Nous vous y emmenons aujourd’hui.

Si vous n’avez jamais pénétré le monde “physique” de F.P.Journe, je ne peux que vous recommander d’aller jeter un œil à l’entrée exceptionnelle de ce bâtiment. La première rencontre est violente. Une pièce maitresse se trouve alors devant vos yeux, une horloge spectaculaire signée en 1855 par Constantin-Louis Detouche pour l’Exposition universelle de Paris. On comprend alors l’amour du créateur pour l’horlogerie, l’entretien du patrimoine et le respect des plus grands. D’ailleurs, tout est là pour le rappeler à chaque instant de la visite, comme l’exceptionnel régulateur à résonance d’Antide Janvier “Horloger Mécanicien du Roy”, un peu plus loin dans une pièce de l’édifice.

Mais avant d’aller plus loin dans cette visite, deux mots sur le parcours de François-Paul Journe.

Le chemin de la marque F.P.Journe

Si nous vous parlons depuis la rue de l’Arquebuse, François-Paul Journe vient du sud de la France, Marseille plus précisément. Il n’a pas le temps d’y faire ses premières armes horlogères qu’on le renvoie de son école. Il arrive à Paris et sort diplômé de l’école d’horlogerie en 1976. Mais ce n’est pas l’école qui va le faire épouser l’horlogerie, mais bien son oncle Michel Journe, qui possède un bel atelier de restauration à Paris.

En 1978, à 21 ans donc, il commence sa première montre à tourbillon, sous forme d’une montre de poche. À 22 ans, une commande des ateliers PG Brun à Paris l’amène à concevoir le mécanisme d’une horloge à planétaire pour la maison Asprey à Londres. Mais comme le plus important est bien de terminer ce que l’on a entrepris, il finira 5 ans plus tard, en 1983, sa montre tourbillon. Comme si les grandes villes l’inspiraient, il s’installe rue de Verneuil en 1985 pour le plaisir de quelques heureux collectionneurs et y réalisera quelques très belles pièces comme la montre de poche planétaire, pour un collectionneur très scientifique. En 1989, il préparera ses affaires pour s’installer à Sainte-Croix en Suisse, où il ouvre une manufacture de mouvements avec d’autres grands noms de l’horlogerie : Denis Flageollet et Vianney Halter.

Une première date marquante est 1991. Moment où F.P.Journe conçoit et fabrique sa première montre-bracelet. Le fruit de plus d’une décennie de réflexion, depuis son système du remontoir d’égalité en 1982 jusqu’à ce premier jet du Tourbillon Souverain, incorporant pour la première fois un remontoir dans une montre-bracelet. Première signature des montres du créateur, le mouvement et les rouages ont entièrement été réalisés en or 18 ct.

Vient le temps de l’aventure TIM SA, où, d’abord accompagné d’un seul horloger, il propose le développement de mouvements exclusifs et compliqués pour certaines marques de montre.

La deuxième date cruciale n’est autre que 1999, au même moment de la présentation officielle du Tourbillon Souverain, pour lequel il avait réalisé le prototype de 1991. Le Tourbillon Souverain sera la première pierre angulaire de la collection de chronomètres F.P.Journe “Invenit et Fecit”. Le Chronomètre à Résonance, empreint des travaux d’Antide Janvier dont je mentionnais le régulateur en introduction, voit le jour en 2000, en même temps que l’arrivée rue de l’Arquebuse.

Troisième pilier de F.P.Journe : 2001 et la naissance du calibre Octa. Une base exceptionnelle pour toute la collection qui porte son nom chez F.P.Journe.

Parmi tous ces chemins de création, il va aussi sans dire qu’une pluie de Grands Prix s’est abattue sur l’homme et ses créations, allant de pair avec une véritable volonté de promouvoir les jeunes talents horlogers et soutenir des associations par la mise en vente de pièces uniques.

Voilà pour la (courte) présentation. J’aimerais aussi vous dire que même si les dates s’enchainent dans ma présentation, et les montres exceptionnelles aussi, la carrière d’horloger de François-Paul Journe n’a pas été un long fleuve tranquille mais au contraire plutôt tourmentée, ce qui permet aujourd’hui avec le recul de voir la force de la marque et son installation solide dans le monde et dans le cœur des amateurs d’horlogerie.

La MANUFACTURE F.P.Journe à Genève

F.P. Journe Genève

Après les quelques merveilleux objets horlogers que nous avons le plaisir de contempler, il est temps de monter et descendre le peu de marches qui compose le bâtiment pour voir où naissent les montres F.P.Journe. Au premier sous-sol, il sent bon l’huile et les machines qui usinent les mouvements, tous en or chez F.P.Journe. On y fabrique aussi une foule de composants, roues et rouages, qui viendront s’y insérer.

Il est bon de préciser d’entrée de jeu que la grande majorité des composants est réalisée ici. Les cadrans sont faits chez les Cadraniers de Genève, dont François-Paul a aujourd’hui la pleine jouissance, tout comme les boîtiers chez Boîtiers de Genève. Aiguilles, verres et spiraux sont les seuls éléments externes.

Au premier étage, changement de décor, bois et verre donnent de la chaleur à la lumière qui vient éclairer les horlogers. Ces derniers qui assemblent rigoureusement ce qui vient de plus bas, en y apposant tous leurs savoir-faire. Et juste avant d’arriver sous leurs tournevis et autres outils, les pièces ont reçu l’honneur de décorations fines, même du côté où on ne les voit pas. Contrairement aux grandes manufactures à la cadence plus industrielle, ici les horlogers sont répartis dans une foule de parties différentes, et rarement plus que 4 par espace. Nous avons même eu le privilège de rencontrer les horlogers travaillant sur les pièces Astronomic Souveraine. Un travail fou, comme celui du Chronomètre à Résonance dont le réglage peut parfois conduire à s’arracher les cheveux, un par un.

J’espère que vous aurez pu saisir l’essence d’une marque et d’un horloger hors du commun, dont les travaux le placent dans la sphère des grands noms de l’horlogerie, toutes périodes confondues. Il ne me reste plus qu’à vous laisser avec la devinette du jour, à savoir : quelles sont les personnes qui composent le tableau (offert par un collectionneur) qui suit ? Si vous avez bien suivi, vous trouverez.

F.P. Journe Genève

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