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LANCIA DELTA INTEGRALE 16V

LANCIA DELTA INTEGRALE 16V Une latine au sang chaud

Porte drapeau des succès sportifs de Lancia au début des années 90, la Lancia Delta HF Intégrale 16v est née pour la course. Elle se révèle aujourd’hui parfaite pour faire les courses.

Déposer les enfants à l’école avec une voiture de rallye : voilà qui aurait du panache pour la rentrée des classes. Avec un peu d’imagination, ce ne sera pas si difficile. En se replongeant dans des souvenirs d’enfance. Lorsque sur les murs de la chambre des adolescents des punaises fixaient des posters de voitures sensationnelles. En 1989, la Lancia Delta Intégrale est l’une de celles-ci. Toute une époque.

Lancia Delta HF Integrale 16V

L’un des tubes de l’année 1989

En 1989, le Mur de Berlin tombe. Les cinéphiles s’enflamment pour le charme de Quand Harry rencontre Sally ou pour les duffle-coats du Cercle des poètes disparus, ne manquent pas le retour de James Bond dans Permis de Tuer, et celui d’Indiana Jones dans La dernière croisade, et s’enthousiasment pour le Batman de Tim Burton. L’été, impossible de ne pas danser la Lambada. A-Ha, Bananarama et Kylie Minogue se partagent le Top 50. Le clip Like a prayer de Madonna fait scandale. Et quand Cindy Lauper chante I drove all night, sans doute rêve-t-elle d’être au volant d’une Lancia Delta Intégrale. 

Lancia Delta HF Integrale 16V

Imbattable en rallyes 

Dans sa livrée tricolore Martini, et pilotée de main de maître par des champions comme Miki Biasion, Juha Kankkunen, Carlos Sainz ou Didier Auriol, elle était à l’époque une machine presque imbattable en rallye. Par chance, elle est aussi descendue dans la rue. En effet, la réglementation pour obtenir l’homologation en Groupe A du véhicule pour les épreuves du championnat du monde stipulaient alors que le modèle devait être produit à au moins cinq mille exemplaires.

Auréolée de la gloire de son prestigieux blason et de ses succès dans les épreuves de rallye depuis les victoires de la version 4WD à partir de 1987, la Delta HF Intégrale connaîtra un si grand succès que deux mille cinq cent autres exemplaires seront fabriqués. Quel destin pour la berline compacte haut de gamme à laquelle Lancia avait initialement donné des ambitions citadines et familiales. 

Des lignes fonctionnelles signées Giugiaro

Il faut avouer que cette auto était déjà fort bien née. Carte blanche avait été donnée par le constructeur à l’une des plus grandes signatures du design automobile : Giorgietto Giugiaro. Le maître italien compte succès à son actif. Des exemples ? La Golf pour Volkswagen, les Fiat Panda et Uno, la Maserati Ghibli, la Lotus Esprit, l’Alfetta GTV d’Alfa Romeo, ou encore la DMC-12 de De Lorean (mais si, voyons, la voiture de Retour vers le futur…), la Gordon Keeble GT, et même le Daily d’Iveco.

A la tête d’Ital design, son studio, Giugiaro réinterprète un concept car développé pour Audi en 1973, l’Asso di Picche. Un exercice de style dont l’influence s’étendra jusqu’à la Volkswagen Scirocco. Mais c’est avec la Lancia Delta que l’idée va prendre sa plus belle ampleur. Elle sera dévoilée au public en 1979. 

L’évolution de l’espèce

Avec ses formes anguleuses et fonctionnelles, ses boucliers anti-chocs aux couleurs de la carrosserie, et ses porte-à-faux réduits, la Delta séduit par ses qualités de confort et sa finition soignée, dans la tradition de la grande marque italienne.

Les professionnels de l’automobile lui décernent le titre envié de « Voiture de l’année 1980 » en dépit de ses motorisations sages aux performances honnêtes mais modestes. En effet, lors de son lancement commercial, la Delta n’était proposée qu’avec des moteurs 1300 cm3 de 75 ch et 1500 cm3 de 85 ch. Peu à peu, la proposition va s’étoffer pour composer une gamme assez complète, avec, en 1983, l’arrivée de la Delta 1600 GT, de 105 ch, puis de la Delta HF Turbo de 140 ch. En 1986, la Delta était proposée en version Turbo Diesel de 80 ch. La GT 1600 ie, dotée de l’injection, atteignait de 108 ch.

En France, Alain Delon en sera un ambassadeur zélé. Mais celle qui fait tourner les têtes, c’est bien la Delta HF Intégrale. La berline 5 portes et 5 places cache 165 ch sous son capot et dépasse les 220 km/h. Avec ses 4 roues motrices et son système ABS, elle est à la pointe de la technologie de son époque. Son 4 cylindres sera même poussé à 215 ch en fin de carrière, tandis que certains préparateurs en compétition en tirent même jusqu’à 400 ch. C’est notamment le cas de la Delta S4, version client de la voiture de compétition du groupe B, avec un moteur en position centrale arrière. Cette jolie bourgeoise peut devenir une petite effrontée. Elle osera même enlever le haut. Mais une fois seulement, avec la commande spéciale d’un spider réalisé sur mesure pour Gianni Agnelli. 

La plus recherchée : l’efficace version 16 soupapes

Au mois de mai 1989 la Delta connaît une nouvelle évolution : la Delta HF Integrale 16v. Le moteur est toujours le même, mais équipé cette fois-ci de quatre soupapes par cylindre. La puissance est maintenant de 200 ch à 5 500 tr/min. Un nouveau turbocompresseur et une nouvelle centrale électronique Magneti Marelli IAW garantissent un couple disponible bien plus tôt (31 m.kg à 3 000 tr/min). La transmission passe avec une répartition du couple de 47 % sur l’avant et 53 % sur l’arrière.

Lancia Delta HF Integrale 16V

Extérieurement, le capot est redessiné, avec un bosselage caractéristique permettant de coiffer la nouvelle culasse à seize soupapes. Les jantes sont élargies et les freins améliorés. Dans la version compétition, les voitures d’usine vont développer jusqu’à 370 ch pour moins de 1 200 kg. Une arme fatale comme son palmarès en témoigne puisqu’elle remporte trois fois de suite le championnat du monde entre 1989 et 1991. Du coup, Lancia la gardera au catalogue jusqu’en 1995. 

Pilotage affûté et plaisir de conduire

Prendre le volant d’une Lancia Delta HF Intégrale 16v n’a rien d’un plaisir purement nostalgique. La machine reste exigeante à mener, réclame de la concentration et un peu d’expérience, mais entraîne le conducteur appliqué et audacieux sur la route du plaisir plus vite qu’il n’y paraît. Le comportement routier et l’efficacité, avec sa transmission intégrale visionnaire, peuvent encore laisser songeurs bien des constructeurs aujourd’hui.

Dans la lumière dorée du ciel provençal, les virages des petites routes du massif des Alpilles deviennent immédiatement une tentation. Se dire que le tracé ferait une très bonne épreuve spéciale est une pensée qui vient immédiatement à l’esprit. Mais la belle sportive proposée par Asphalt Classics peut aussi se laisser apprécier paisiblement, glaces baissées et toit ouvert, grâce à son superbe et confortable intérieur rouge garni de tissus Missoni et d’Alcantara. La réputation de raffinement de Lancia n’est jamais prise en défauts. C’est d’ailleurs la combinaison la plus rare et aujourd’hui la plus prisée des collectionneurs.

Si cette enivrante Delta affiche 130 000 km, son importante documentation démontre le soin méticuleux consacré à son entretien, et retrace sa restauration importante et soignée, il y a 4 ans. Le voluptueux fonctionnement de son turbo, parfaitement réglé, est un indice supplémentaire de son très bon état général. Ce n’est, hélas, pas si souvent le cas. Car la Lancia Delta ne fait que sortir de l’ombre, après des années d’indifférence. Avec une cote aujourd’hui soutenue et nettement à la hausse, c’est manifestement une auto enfin comprise et estimée comme elle le doit. La fourchette des prix est encore assez large, mais la Delta HF Intégrale 16v est la version la plus désirée et la plus convoitée, avec des prix entre 30 et 40 000 euros. Si elle n’est pas la plus rare, en principe, en raison de ses chiffres de production élargis, il n’est pas du tout facile de trouver un exemplaire en bon état et la restauration peut vite devenir une entreprise longue et coûteuse.

Incarnant les derniers feux de la gloire de Lancia, l’une des plus grandes et des plus intéressantes marques italiennes, la Delta HF Intégrale 16v est en train de devenir une pièce maîtresse des collections automobiles. Il n’est pas encore trop tard, mais le temps passe vite et le désir augmente. Elle ferait presque mentir la recommandation bien connue de la haute société italienne selon laquelle « un homme élégant peut courir en Ferrari, séduire en Maserati mais roule en Lancia ». La Delta se joue des convenances et opte pour la formule intégrale. 

Merci à Asphalt Classics, à Calvin Courjon (photos de la Delta rouge) et à Roman Raetzke (Delta grise, collection privée Asphalt Classics) pour ces photos, une magnifique automobile disponible au garage.

Lancia Delta HF Integrale 16V

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