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Gay Frères : L’art & la manière de concevoir des bracelets acier

Gay Frères : L’art & la manière de concevoir des bracelets acier

Lorsqu’on commence à s’y intéresser un tout petit peu, ou simplement lorsqu’on souhaite porter sa montre vintage ou contemporaine sur autre chose que du cuir, du textile ou du caoutchouc, on se rend vite compte que les options sont limitées. Et pour cause. Concevoir un bracelet de montre en acier est selon moi l’un des domaines les plus complexes, un équilibre à trouver des plus précaires entre fonctions et finitions.

Revenons aujourd’hui sur les champions toutes catégories, ceux qui ont réalisé pas moins que les plus beaux bracelets de montre en acier du 20ème siècle : jai nommé “Gay Frères”.

Le fabricant des plus grands…

Leur nom en fera aujourd’hui encore peut-être sourire certains. Passons et remettons rapidement les choses au clair. Il sont les plus grands d’un art à tort encore sous-estimé, celui de la conception, du design et de la fabrication de bracelets de montre en acier. Le bracelets “Bonklip” qui équipaient les  Rolex Bubble Back ? GF Déjà. Le bracelet oyster et ces multiples évolutions, qu’il soit d’abord riveté et extensible, puis aux maillons pliés pour ensuite utiliser des maillons pleins ? GF encore. 

Il n’y a pourtant pas que Rolex qui officie en tant que référence en la matière, même s’il nous faut bel et bien avouer que depuis 70 ans, fans de la couronne ou pas, c’est bien ce bracelet oyster qui sert d’étalon à la mesure de la qualité de ses confrères.

Vous en voulez encore ? Fort bien. C’est encore Gay Frères qui est derrière les réalisations parfaites des incroyables bracelets intégrés imaginés par Gerald Genta pour la Royal Oak d’Audemars Piguet et Celui de la Patek Philippe Nautilus. Je sais, c’est admirable et énervant à la fois.

Audemars Piguet 5402 Serie A - Cadran Tropical

La marque genevoise à fabriqué pour tous les plus grands pendant les décennies qui représentent pour moi l’âge d’or de l’horlogerie helvétique. Vacheron Constantin, Patek Philippe, Rolex, Audemars Piguet, mais aussi Zenith, Universal Genève et j’en passe. Gay frères fabriquait pour ses illustres clients mais vendait également aux bijoutiers et détaillants des bracelets similaires signés du G, du F et du buste bélier.

Il s’agissait d’un temps ou les meilleurs artisans et industriels de chaque domaine de compétence travaillaient pour toutes les plus grandes Maisons. Chacun avait son métier, sa spécialité. On ne se battait pas encore à grands coups de communication pour se proclamer Manufacture, on ne voulait pas absolument tout faire soi-même. Un cadranier n’est pas un chainiste, un fabricant d’aiguilles n’est pas un fabricant de boîtes et encore moins de mouvements.

Pour faire écho au 7ème art, cette tendance est un peu comme celle d’un acteur qui se voudrait également réalisateur, ou d’un costumier qui voudrait faire ses cascades. Certains s’en sortiront peut-être honorablement, mais ce ne sont pas les mêmes métiers. En ce temps là, les meilleurs réalisateurs (de bracelets) s’appelaient tout simplement Gay Frères.


Pour la petite histoire et le détail historique, le célèbre fabricant de bracelets n’a été racheté par Rolex qu’en 1998 et fait aujourd’hui partie intégrante de la fondation genevoise créée par Hans Wilsdorf. Lorsqu’on produit 1 million de montres par an et que l’on dispose d’une trésorerie aussi abondante, on se demande même pourquoi ça n’a pas été fait plus tôt.

Une origine, un métier : Celui de chainiste

Pour comprendre un tel savoir-faire, une telle expertise, il faut revenir un instant aux origines de l’entreprise et a son métier, celui de chainiste. Gay Frères fut fondé en 1835 par Jean-Pierre Gay et Gaspard Tissot de l’atelier de fabrication de chaînes de Genève. Un travail d’orfèvre qui a longtemps connu son heure de gloire, associé aux montres de poche à gousset.

C’est à la déferlante “montres-bracelet” du début du siècle passé que Gay Frères a débuté la fabrication de bracelets en acier pour l’horlogerie. Une réactivité visionnaire pour une orientation qui peut paraître aujourd’hui évidente avec le recul que nous avons mais qui n’en était rien à l’époque. Cette évolution soudaine des habitudes horlogères était pourtant à la mesure de la crise du quartz qui allait arriver 60 ans plus tard.

Quand le détail fait véritablement la différence

Demandez à un sculpteur sur bois habitué aux découpes les plus précises, minutieuses et artistiques qui soient, de fabriquer une simple planche et il y a de grandes chances pour qu’elle soit d’une qualité irréprochable. Il y a également de grandes chances pour que sa créativité dépasse celle du menuisier.

Rolex Oyster Chronographe pré-Daytona

Ce qui s’est passé là est un peu comparable. Habitués à des designs d’une complexité rare au niveau de la conception et du travail des chaînes, Gay Frères a naturellement mis toutes ces compétences au service de sa nouvelle production et ne s’est pas trompé. Leur métier n’a jamais été celui de forgeron ou de simple métallurgiste mais davantage celui d’orfèvre et même de joailler qui avait déjà mis en place un très bel outil industriel. Répondre aux besoins de ses voisins genevois et à leurs standards de qualité et de créativité était donc tout naturel.

Des qualités de fabrication et des designs devenus bien trop onéreux aujourd’hui. C’est même parfois à se demander si l’on n’aurait pas perdu le savoir faire requis.

Des bracelets de montre en acier qui à l’époque pouvaient représenter jusqu’à la moitié du prix de la montre pour des métaux précieux… Ne l’oublions pas. La qualité à toujours un prix.

Un prix qui ne cesse d’ailleurs d’augmenter pour des exemplaires ayant survécu dignement les âges. Maintenant que vous savez, observez à deux fois l’intérieur de cette boucle déployante la prochaine fois que vous aurez un vieux bracelet entre les mains. Si vous y décelez encore les lettre G et F ou le nombre 32 gravé dans une clé, vous serez certainement en présence de quelques chose de spécial. Conseil d’ami, ne le laissez pas s’envoler…

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