fbpx
Montres & Précision : les certifications chronométriques

Montres & Précision : les certifications chronométriques

Parlons aujourd’hui de précision chronométrique, un sujet vaste qui déchaine parfois les passions. La précision et la fiabilité d’une montre mécanique dans le temps fut à une certaine époque vitale pour les navigateurs, les aviateurs et les grands explorateurs. En effet, de la précision de votre chronomètre dépendaient les calculs de coordonnées géographiques et donc la connaissance de votre position exacte. Je vous laisse mesurer l’importance de cette information à l’époque des Grandes Découvertes…

Aujourd’hui, la précision chronométrique de nos montres mécaniques n’est plus vitale, loin de là même. Oubliez de prendre votre pause déjeuner à l’heure parce que votre montre retarde et votre smartphone volera immédiatement à votre secours,  suivi de très près par le micro-ondes de la salle de pause. Mais là n’est pas la question. En aventuriers du quotidien, nous aimons nous mettre en danger et ne compter que sur ce petit coeur mécanique pour ne pas rater ce rendez-vous Tinder qui changera peut-être votre vie, tel Christophe Colomb découvrant le nouveau monde.

Certification METAS - Montre Omega

Trêve de plaisanteries. Où en sommes-nous aujourd’hui ? Quels moyens avons-nous de nous assurer de la précision de nos garde-temps et quelles sont les certifications existantes ? Autant de questions auxquelles nous allons essayer d’apporter des éléments de réponse.

La précision chronométrique :

La précision chronométrique d’une montre mécanique se mesure à l’aide de différents instruments, et peut être exprimée par différents indicateurs. La manière la plus explicite et la plus fréquemment utilisée pour exprimer un niveau de précision est en fait son imprécision en mesurant la perte ou le gain de temps. On l’exprime en secondes/jour.

Aujourd’hui, certains instruments de mesure portatif professionnels, très pratiques, pourront vous donner cette information en quelques dizaines de secondes à peine, avec une fiabilité redoutable. Nous en avons testé un il y a quelques semaines, le ONEOF Acurracy, qui a révélé des surprises de taille au sein de nos boîtes à montres.


Petite précision tant que nous y sommes : 
“Les normes chronométriques mesurent la précision et la fiabilité d’un mouvement dans différentes conditions : Oui. D’un mouvement dans une boîte : Aussi.
Mais aussi et surtout la capacité d’une marque horlogère à affiner son contrôle qualité et sa capacité à délivrer des mouvements bien réglés”


Si l’on pousse le raisonnement jusqu’au bout, il ne serait pas faux de dire qu’un bon horloger peut régler n’importe quel mouvement pour qu’il soit dans les normes chronométriques les plus hautes, à un instant “t”, dans une position donnée. D’où l’importance de connaître les certifications, le nombre et les conditions des mesures que chacune d’elle implique.

Quelques Certifications Chronométriques à connaître :

Contrôle Officiel Suisse des Chronomètres COSC ( Suisse)

Certification COSC - Montre Rolex

Fondé en 1973 dans ses structures actuelles, le Contrôle Officiel Suisse des Chronomètres, en abrégé COSC, a été créé par cinq cantons horlogers (Berne, Genève, Neuchâtel, Soleure et Vaud) ainsi que par la Fédération de l’Industrie Horlogère Suisse. Il regroupe des laboratoires qui avaient été établis indépendamment les uns des autres dès la fin du 19ème siècle. Cette certification n’est cependant ouverte qu’aux montres suisses, l’horlogerie étant l’un des fers de lance de l’industrie helvétique. De nombreuses marques suisses font certifier leurs mouvements “chronomètre” par le COSC. Les marques faisant certifier le plus de mouvements par an sont Rolex et Breitling qui y envoient la quasi-totalité de leur production  mais aussi certaines références de chez Tag Heuer, Zenith et bien d’autres…

Vous noterez que cette certification ne concerne que le mouvement et non la montre terminée, après emboitage… nous y reviendrons dans un instant.

  • Ecart de marche toléré : entre -4 et +6 s/j
  • Nombre de mesures : durant 15 jours, la montre sera évaluée sur 5 positions différentes à 3 températures.
  • Conditions : pour recevoir le certificat de chronomètre COSC, un mouvement doit remplir 7 critères parmi lesquels la marche diurne moyenne, la différence de marche entre positions horizontales et verticales, ou encore la précision face aux variations thermiques.

Certification chronométrique de l’observatoire de Besançon (France)

Très similaire en terme de tolérances au COSC, le poinçon de “la vipère” est l’une des certifications chronométriques les plus poussées. Pour obtenir le bulletin de marche selon la norme ISO 3159, les tests à passer se déroulent de la façon suivante :

La précision de la montre est évaluée durant 15 jours dans 5 positions différentes à 3 températures. Fondé en 1885, l’observatoire de Besançon, berceau de l’horlogerie française, regroupait alors 3 services : astrologique, météorologique et chronométrique. Une vraie référence non-helvétique en terme de certification chronométrique. Moins connue du grand public, mais les connaisseurs ne s’y trompent pas. La marque française de chronographes d’aviation Dodane y fait certifier ses mouvements mais pas uniquement, certains illustres horlogers suisses indépendants y passent également. Parmi eux : Kari Voutilainen par exemple…

Certification Observatoire de besancon - Montre Kari Voutilainen

  • Ecart de marche toléré : entre -4 et +6s/j
  • Nombre de mesures : durant 15 jours, la montre sera évaluée sur 5 positions différentes à 3 températures.
  • Conditions : le mouvement évalué le sera sur 7 critères, classés en trois catégories : l’écart moyen de la marche diurne, l’écart moyen de période à période et l’erreur de compensation pour un degré centrigrade. Les sept critères sont donc la marche diurne moyenne, la variation moyenne des marches, la plus grande variation des marches, la différence entre horizontal et vertical, la plus grande différence des marches, la variation thermique et la reprise de marche.

Norme Grand Seiko (Japon)

Dans sa quête perpétuelle de précision et de prouesses horlogères, la manufacture japonaise a décidé de fonctionner selon ses propres standards de précision : la norme Grand Seiko. Cette norme, qu’impose Grand Seiko à l’ensemble de sa production mécanique, est l’une des plus pointues et sévères qui soit. Les variations de marche tolérées sont encore plus réduites que pour les deux certifications précédentes… l’exigence du soleil levant.

Certification Grand Seiko

  • Ecart de marche toléré : entre -3 et +5s/j
  • Nombre de mesures : durant 17 jours, la montre sera évaluée sur 6 positions différentes dans 3 températures.
  • Conditions : 2 jours de tests en plus pour une 6ème position supplémentaire. Le mouvement évalué le sera également sur 7 critères, classés en trois catégories, tout comme pour le COSC et l’Observatoire de Besançon.

Les Certifications complémentaires :

Après avoir passé avec succès les tests du  COSC, les chronomètres suisses peuvent être soumis à des certifications complémentaires, évaluant leur résistance anti-magnétique ou leur esthétique ainsi que les degrés de qualité et de finition de la montre assemblée.

Certification Chronométrique Metas (Contrôle poussé de l’anti-magnétisme)

Certification METAS - Montre Omega

Créée en 2015, la certification indépendante METAS est la petite dernière des certifications de garde-temps. Cette certification ajoute aux tests habituels un test vérifiant le fonctionnement de la montre lorsque celle-ci est exposée à d’intenses champs magnétiques allant jusqu’à 15 000 gauss. A l’issu de ces tests, si la montre les réussit, elle se verra alors titrée de Master Chronometer. Titre attribué à la première montre ayant passé la certification, la Globemaster Co-Axial Master Chronometer de chez Omega.

La certification est ouverte à toute montre suisse ayant obtenu au préalable la certification COSC. Vous noterez ci-après que ces tests portent sur le mouvement mais aussi si la montre assemblée, en conditions réelles…

  • L’obtention de la certification Metas se base sur 8 critères : la précision journalière moyenne de la montre, le fonctionnement du mouvement certifié COSC pendant l’exposition à un champ magnétique de 15 000 gauss, le fonctionnement de la montre (entièrement montée) pendant l’exposition à un champ magnétique de 15 000 gauss, l’écart de précision journalière après exposition à un champ magnétique de 15 000 gauss, l’étanchéité de la montre en conditions réelles, la fiabilité de la réserve de marche, l’écart de marche entre 100 % et 33 % de réserve de marche et enfin l’écart de marche de la montre dans 6 positions différentes à 23 et 33°C.

Certification Fondation Qualité Fleurier (Évaluation de montres terminées)

Créée le 5 juin 2001 et inaugurée le 27 septembre 2004, cette certification est née du projet commun des marques horlogères indépendantes Chopard, Parmigiani Fleurier, Bovet Fleurier ainsi que de Vaucher manufacture Fleurier, toutes installées dans la région du Val-de-Travers dans le canton de Neuchâtel en Suisse.

Il s’agit de la première certification horlogère portant sur la montre terminée, dans son habillage définitif, telle qu’elle va être mise sur le marché. Elle vise évidemment davantage le segment haut de gamme de la production horlogère suisse. Un gage de qualité certain…


Nous espérons avoir éclairci un peu ce monde parfois obscur des certifications chronométriques et permis de relativiser leur importance. Ce qui est certain c’est que si ces normes et certifications se développent, il serait intéressant qu’elles portent davantage sur les montres finies. Il peut s’en passer des choses entre le contrôle du mouvement et l’emboîtage… Les certifications Metas et Qualité Fleurier sont sans aucun doute un premier grand pas en avant si ce n’est qu’elles ne sont accessibles qu’aux montres suisses. Messieurs, ne voulez-vous pas jouer avec nos amis Allemands et Japonais ? 

DIRECTEMENT CHEZ VOUS

TOUTES LES SEMAINES

expand_less